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Le déferlement agressif de la répression en Algérie atteste du désarroi du pouvoir face au hirak



Le déferlement agressif de la répression en Algérie atteste du désarroi et de l'exaspération du pouvoir face à la détermination du peuple, ont dénoncé plusieurs collectifs. "Le déferlement agressif de cette toute puissance répressive atteste du désarroi et de l’exaspération du pouvoir face à la détermination du peuple", liton dans une déclaration signée par une vingtaine de collectifs. Elle a souligné que c’est là une provocation manifeste visant à pousser les populations vers la violence, terrain où excelle le système autoritaire, ajoutant que ce brutal déploiement de force nue préfigure déjà le sort lamentable que ne manqueront pas de réserver les citoyens à la mascarade électorale du 12 juin prochain. Selon la déclaration, ces faits prouvent encore l’absence de toute volonté politique responsable et sérieuse chez le pouvoir quant à un changement démocratique et signent l’impasse d’un agenda officiel, fondé sur une approche répressive à l’égard d’une revendication légitime de démocratie portée, depuis plus de deux années, par l’écrasante majorité du peuple algérien. La montée des contestations socioéconomiques dans tous les secteurs, l’irresponsabilité avec laquelle est gérée la pandémie de Covid-19 à l’intérieur du pays et envers la communauté émigrée et l’insouciance cyniquement arborée au sujet du rapatriement des milliards de dollars détournés sont d’autres indicateurs de l’échec d’un personnel dirigeant inamovible et d’un exercice gouvernemental sans envergure, ni vision, déplorent les signataires de ce document, pour qui, l’impasse faite sur les affaires de torture révélées par les détenus d’opinion en est une autre preuve. Les Collectifs, qui condamnent la "stratégie du pire" mise en œuvre par le pouvoir, exigent la libération inconditionnelle des détenus politiques et d’opinion, l’arrêt immédiat de la répression et le rétablissement effectif des libertés fondamentales reconnues par le droit algérien aux citoyens. Déterminés à œuvrer pacifiquement pour l’aboutissement des objectifs démocratiques proclamés par le Hirak de février 2019, ces Collectifs se sont dits "révoltés par le mépris et la violence affichés par le pouvoir contre des manifestants pacifiques et touchés dans leur chair par la dérive violente et autoritaire du régime". Ils soulignent que devant la détermination du peuple à reconquérir sa souveraineté et à édifier un Etat de droit et des libertés, la stratégie multiforme et séquencée du pouvoir algérien visant à faire avorter le processus révolutionnaire démocratique de février 2019, aborde, désormais, sa phase ultime, celle du "tout-répressif". Ils rappellent que depuis quatre semaines, un déploiement massif et injustifié de la force publique a donné lieu à un déferlement aveugle de violences qui n'ont épargné ni femmes, ni hommes, ni vieillards, ni jeunes, ajoutent-ils, relevant que l’objectif irresponsable férocement affiché est d’étouffer la voix du peuple en lui interdisant -par la force et au mépris des lois que le pouvoir a lui-même édictéesle droit de débattre, de manifester et de s’organiser. La déclaration rappelle qu'à nouveau, le nombre des détenus politiques et d’opinion connus avoisine les deux cent otages sur fond de milliers d’interpellations, de dizaines d’arrestations et condamnations judiciaires inconsidérément commises. Des journalistes, des universitaires, des avocats et des citoyens de toutes catégories socioprofessionnelles et tous âges qui exercent pacifiquement leurs droits fondamentaux sont victimes d’une instrumentalisation illégale et éhontée des appareils sécuritaires et judiciaires. Le harcèlement juridico-administratif des partis démocrates semble être le sort que réserve le pouvoir de fait à tout acteur politique favorable à l’émancipation du peuple et militant pacifiquement pour une période de transition autonome. Selon la Déclaration, une procédure de dissolution judiciaire est dirigée contre les partis légaux comme l’Union pour le changement et le progrès et le Parti socialiste des travailleurs par une administration qui refuse même de réceptionner des documents d’huissiers. Cet état d’urgence, -qui ne dit pas son nom-, imposé aux citoyens, aux partis politiques et organisations de la société civile qui refusent l’allégeance à l’agenda de la contre révolution est assumé avec arrogance par les différents tenants du pouvoir et leurs anciennes et nouvelles clientèles, regrette-t-elle. Une fois de plus, on déverse une campagne de propagande mensongère à longueur de colonnes et d’antennes par des médias et de pseudo-intellectuels complices du déni de souveraineté fait au peuple, fait-il observer, estimant que la normalisation autoritaire vire au totalitarisme. "Une énième fois, on tente – suprême incurie- de diviser le peuple algérien pour discréditer le Hirak qui ne serait plus que le fait d’extrémistes de tous bords", s'étonnent les signataires de la déclaration.

Libé
Mercredi 2 Juin 2021

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