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Plus précisément, le nombre de chômeurs est ainsi passé de 1.107.000 à 1.429.000 chômeurs entre 2019 et 2020, soit une hausse de 29% (224.000 chômeurs en milieu urbain et 98.000 en milieu rural). Le taux de chômage a augmenté de 2,9 points à 10,7% pour les hommes et de 2,7 points à 16,2% pour les femmes, a indiqué le HCP dans sa note sur la situation du marché du travail en 2020. Ce taux est plus prononcé chez les diplômés avec une hausse de 2,8 points à 18,5% et de 6,2 points à 31,2% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans. La population active occupée en situation de sous-emploi a atteint 1.127.000 personnes contre 1.001.000 une année auparavant, alors que le taux de sous-emploi est passé de 9,2% à 10,7%, au niveau national, de 8,3% à 10,1% en milieu urbain et de 10,4% à 11,6% en milieu rural.
«Il s’agit de chiffres bien calculés pour une période de crise», c’est ainsi que Hicham Attouch, professeur d’économie à l’Université Mohammed V d’AgdalRabat, a commenté les dernières statistiques du HCP. Pour lui, ces chiffres ne reflètent que partiellement la réalité et il s’interroge sur les modalités de leur calcul. «Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération comme le chômage déguisé, l’emploi partiel, les aides et subventions accordées de mars à juin 2020 et prolongées pour le tourisme à mars 2021 par l’Etat et l’emploi précaire, indépendant et informel», nous a-t-il expliqué. Et de poursuivre : «Ceci d’autant plus que ces chiffres ne révèlent pas les écarts au niveau des régions et des secteurs. En effet, il y a aujourd’hui des régions sinistrées économiquement comme le cas pour la ville de Marrakech qui vit du secteur du tourisme. Un secteur qui a été gravement touché et certaines de ses branches sont à l’arrêt total ou fonctionne avec un sous-effectif».
Comment peut-on expliquer la hausse du taux de chômage ? Faut-il l’imputer à la crise liée à la pandémie de Covid-19 ? «Pas uniquement puisque le chômage au Maroc a des facettes structurelles», nous a répondu notre source. Et d’expliquer: «Les effets réels de cette crise ne sont pas aujourd’hui calculables. Il faut attendre au moins deux années pour recenser l’impact réel de cette crise sur notre économie et précisément sur le marché de l’emploi. Les chiffres du HCP sont conjecturals et il faut les placer dans leur contexte». Pour elle, cette hausse trouve plutôt son explication dans les restructurations ou les remodelages effectués par les entreprises envers leurs effectifs. Pour notre interlocuteur, les statistiques sur le chômage inondent les médias nationaux, mais il s’agit, selon lui, de données purement techniques qui considèrent les chômeurs comme de simples chiffres. Pis, le chômage est traité dans ces médias comme un phénomène banal alors qu’il s’agit d’un fléau endémique et structurel qui interroge la dynamique de notre économie nationale et la participation du secteur privé à créer de l’emploi.
Un récent rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) a révélé que l’Afrique du Nord a le taux de chômage le plus élevé de toutes les sous-régions du monde (12,1% en 2019) et le ratio emploi-population le plus faible (40,1%). « Ces chiffres remettent sur l’espace public le débat sur le rôle et la place de notre économie dans la création d’emploi. En effet, la création d’emploi a été du ressort de l’Etat et grâce à son appui. En d’autres termes, c’est l’Etat qui crée de l’emploi directement ou indirectement avec ses subventions, ses programmes ou ses stratégies et ce n’est pas l’économie. Et cela dure depuis les années 90 notamment en ce qui concerne l’emploi pour les diplômés. Il y a une inadaptation tant au niveau du rythme que du type de croissance économique dans notre pays» , a conclu Hicham Attouch. Une situation qui risque de devenir des plus pesantes dans les années à venir vu la forte augmentation de la population en âge de travailler.
Hassan Bentaleb










