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Le chef du Polisario exfiltré d’Espagne



Le chef des milices du Polisario, Brahim Ghali, dont la présence en Espagne a provoqué une crise majeure entre Madrid et Rabat, a quitté l’Espagne dans la nuit à destination de l’Algérie, indique l’agence AFP en citant une source gouvernementale espagnole. “Il est en Algérie”, a indiqué cette source. Le ministère espagnol des Affaire étrangères avait annoncé mardi soir que Brahim Ghali allait quitter l’Espagne depuis l’aéroport de Pampelune, dans le Nord du pays, mais sans préciser la destination de l’appareil. Plus tôt dans la journée, Enaire, gestionnaire national de la navigation aérienne espagnole, avait indiqué à l’AFP qu’un avion “civil” appartenant à l’”Etat” algérien, provenant d’Alger et avec Logroño pour destination, était entré mardi dans l’espace aérien espagnol et avait fait demi-tour sur “ordre des contrôleurs aériens militaires”. Selon le média en ligne El Confidencial, il comptait récupérer le leader sahraoui pour le ramener en Algérie. Les contrôleurs civils d’Enaire, précise l’agence Europa Presse, ont reçu des instructions de leurs collègues militaires pour informer l’avion en provenance d’Alger à destination de Logroño qu’il ne pouvait pas survoler l’espace aérien espagnol. Enaire a exécuté les instructions reçues et l’avion est revenu, selon les mêmes sources du gestionnaire de la navigation aérienne de l’Espagne. La porte-parole de l’exécutif, María Jesús Montero, avait déclaré auparavant qu’elle n’était pas au courant qu’un avion reliant Alger à Logroño survolait l’espace aérien espagnol. Toutefois, elle a admis que lorsqu’il s’acquitterait de ses obligations pour répondre à la demande du magistrat de l’Audience nationale, le dénommé Brahim Ghali pourrait quitter l’Espagne. Le départ de Brahim Ghali est intervenu après la décision d’un juge espagnol - qui l’a entendu mardi dans le cadre de deux plaintes le visant pour “tortures” et “génocide” - de ne prendre aucune mesure coercitive à son encontre alors que les plaignants réclamaient la confiscation de son passeport et sa détention provisoire

Voici les premières déclarations des victimes suite à la comparution, mardi devant l’Audience nationale espagnole, de Brahim Ghali :

Fadel Breica (enlevé et torturé par le Polisario entre le 18 juin et le 10 novembre 2019):
“La comparution devant la justice de ce criminel de guerre qui a torturé et assassiné des centaines de personnes est une victoire pour ses victimes qui réclament que justice soit rendue. Le fait que le dénommé Brahim Ghali, responsable de graves crimes pendant 50 ans, soit sur le banc des accusés constitue un pas en avant vers le rétablissement de la justice. Cette comparution n’est que le début d’un procès qui atteindra également les autres dirigeants de la bande séparatiste du Polisario. Nous avons confiance en l’indépendance de la justice espagnole qui prendra les mesures adéquates pour que ce criminel réponde de ses actes abjects”.

Pedro Ignacio Altamirano (victime de menaces de mort proférées par le Polisario) :
“La comparution du tortionnaire dénommé Brahim Ghali n’est que le début pour rendre justice aux victimes d’un groupe terroriste impliqué dans des actes de génocide et de torture. Cette affaire doit ouvrir la voie au jugement des autres criminels de la direction du Polisario qui sont les responsables des crimes commis contre les dissidents, mais aussi contre la population installée dans les camps de Tindouf dans des conditions infrahumaines”.

Dahi Aguai (ancien détenu du Polisario) :
“La comparution du chef des milices du Polisario pour la première fois devant la justice espagnole est une bonne nouvelle pour les victimes de ce tortionnaire. Elle est le résultat de plusieurs années d’efforts acharnés pour rendre justice aux victimes et jeter lumière sur les graves crimes commis par ce repris de justice. Il s’agit d’une évolution importante dans ce processus visant à faire connaître devant l’opinion publique et la justice espagnoles le vrai visage de ce criminel. Nous avons confiance en l’indépendance de la justice espagnole pour que le dénommé Brahim Ghali soit jugé”.

Pablo Casado: L’ accueil de Brahim Ghali, une grande maladresse du gouvernement espagnol

Le président du Parti populaire espagnol (PP), principale formation de l’opposition, Pablo Casado, a qualifié, mardi, de “grande maladresse” la décision du gouvernement espagnol d’autoriser l’entrée sous une “fausse identité” du chef des milices du Polisario, le dénommé Brahim Ghali. “A l’heure actuelle, ce qu’il faut faire, c’est essayer d’intensifier les relations avec le Maroc et de résoudre cette crise”, a souligné M. Casado, qui était l’invité d’une rencontre organisée par l’agence «Europa Press». “Ces questions doivent être traitées avec une grande rigueur et nous ne pouvons pas mentir”, a-t-il averti. Suite au déclenchement de la crise avec le Maroc, le leader du PP a indiqué avoir demandé au chef du gouvernement, Pedro Sanchez, de “faire tout son possible pour redresser” la situation sur la base d’une “position pragmatique”. Avec son attitude, le gouvernement espagnol met en danger la politique migratoire, la coopération contre le terrorisme djihadiste, le trafic de drogue et en matière de pêche et d’agriculture, a-t-il ajouté.

Le PP réclame la démission immédiate de la ministre espagnole des AE pour sa gestion calamiteuse de la crise avec le Maroc

Le Parti populaire (PP), principale formation de l’opposition en Espagne, a réclamé, mercredi, la «démission immédiate» de la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, pour sa gestion «calamiteuse» de la crise avec le Maroc et pour l’”aveuglement” dont elle a fait preuve qui ont provoqué une crise diplomatique inédite. Le chef des milices du Polisario est entré en Espagne il y a un mois et demi avec un «faux» passeport, a déploré le secrétaire général du PP Teodoro García Egea, précisant que son départ a été géré “à nouveau de la même manière”. La ministre “doit démissionner pour la gestion calamiteuse de cette affaire”, a insisté M. Egea, assurant que le gouvernement de Pedro Sanchez «a agi de manière lamentable» parce qu’il «n’a pas géré avec transparence » l’entrée et la sortie du dénommé Brahim Ghali. Le président du PP, Pablo Casado, a qualifié, mardi, de “grande maladresse” la décision du gouvernement espagnol d’autoriser l’entrée sous une “fausse identité” du dénommé Brahim Ghali. « A l’heure actuelle, ce qu’il faut faire, c’est essayer d’intensifier les relations avec le Maroc et de résoudre cette crise», avait souligné M. Casado lors d’une rencontre organisée par l’agence «Europa Press». “Ces questions doivent être traitées avec une grande rigueur et nous ne pouvons pas mentir”, a-t-il averti.

Libé
Mercredi 2 Juin 2021

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