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Le chef de l'ONU appelle le monde à participer à la reconstruction de l'Irak

La communauté internationale promet des milliards de dollars pour Baghdad




 Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé mercredi la communauté internationale à "soutenir les efforts" de reconstruction de l'Irak après sa guerre contre le groupe Etat islamique (EI), au moment où Bagdad attend d'importantes contributions financières.
"Le monde entier vous est redevable pour votre lutte contre la menace mondiale que représente Daech", un acronyme en arabe de l'EI, a affirmé M. Guterres au dernier jour de la conférence internationale sur la reconstruction de l'Irak à Koweït.
"Il est temps d'exprimer notre gratitude et notre solidarité avec le peuple irakien", a-t-il ajouté, alors que la communauté internationale devait annoncer plus tard dans la journée le montant de sa contribution au vaste chantier de reconstruction de l'Irak, dont le coût est évalué à 88 milliards de dollars (71 milliards d'euros).
Bagdad a proclamé en décembre la "victoire" des forces irakiennes, soutenues par la coalition internationale sous commandement américain, contre les jihadistes de l'EI, qui s'étaient emparé en 2014 de larges pans du pays, menaçant son existence même.
Mais après trois ans de combats acharnés, les dégâts sont considérables et Bagdad attend beaucoup de la communauté internationale pour aider à la reconstruction.
M. Guterres a appelé la communauté internationale à "soutenir les efforts de l'Irak pour reconstruire ce qui a été détruit par la guerre", assurant que l'ONU serait "à ses côtés à chaque étape".
Le chef des Nations unies a annoncé à cette occasion un programme d'assistance de deux ans de l'ONU visant à aider le gouvernement irakien à mettre en œuvre les aspects sociaux du projet de reconstruction.
Le Koweït, premier pays à dévoiler le montant de sa contribution, a annoncé une aide de 2 milliards de dollars, dont un milliard sous forme de prêts.
Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a réaffirmé la participation de la France dans ce vaste chantier de reconstruction.
Outre un prêt de 430 millions d'euros accordé à Bagdad en 2017, Paris va financer des projets dans le secteur de l'eau, de l'énergie et de la restauration des filières agricoles via l'Agence française de développement (AFD). Ces projets pourraient porter sur 25 à 50 millions d'euros, a-t-on précisé de source diplomatique française.
Mardi, la conférence a vu les responsables irakiens présenter des garanties juridiques aux donateurs et investisseurs, sollicités pour rebâtir les dizaines de milliers d'habitations, écoles, infrastructures ou hôpitaux détruits par des années de combats.
"L'Irak est ouvert aux investisseurs", a assuré Sami al-Araji, président de la Commission irakienne de l'investissement, devant près de 2.000 représentants d'entreprises internationales auxquels il a promis un haut degré de protection.
Des responsables irakiens ont présenté plus de 200 projets visant à reconstruire le pays. Ils comprennent la construction de raffineries de pétrole et de centrales électriques, la réhabilitation d'aéroports, ou encore de chemins de fer et de routes.
Pour sa part, la Turquie va allouer 5 milliards de dollars à la reconstruction de l'Irak, meurtri par trois ans de guerre contre le groupe Etat islamique, a annoncé mercredi le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu.
Cette aide prendra la forme de prêts et d'investissements, a précisé M. Cavusoglu au troisième et dernier jour d'une conférence internationale pour la reconstruction de l'Irak à Koweït.
Pour y contribuer, les Etats-Unis ont annoncé mardi, eux aussi,  par la voix du secrétaire d'Etat Rex Tillerson qu'ils allaient ouvrir pour le gouvernement de Bagdad une ligne de crédit de trois milliards de dollars (2,43 milliards d''euros).
L'Arabie Saoudite a, quant à elle, annoncé qu'elle allouerait un milliard de dollars à des projets d'investissement en Irak et 500 millions de dollars pour soutenir les exportations irakiennes. Le Qatar a pour sa part promis un milliard de dollars en prêts et investissements.
Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, a souligné lors de la conférence que son pays, après trois années de guerre contre le groupe Etat islamique, ne pourrait se reconstruire sans l'aide étrangère.
"Les Irakiens voient bien que le monde est avec eux. Comme ils ont été victorieux face à Daech, ils seront, avec votre aide, victorieux dans la bataille de la reconstruction", a-t-il dit.
Mais la reconstruction de l'Irak, où quelque 138.000 maisons sont endommagées ou entièrement détruites, et 2,5 millions de personnes déplacées, nécessitera plus que de l'argent: le pays devra aussi surmonter la corruption endémique qui le gangrène et les divisions internes.
"Nous devons la combattre mais il n'y a pas de formule magique. Cela va prendre un peu de temps", reconnaît le président de la Commission nationale de l'investissement, Sami al-Araji.

Jeudi 15 Février 2018

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