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Le “Matrouz ” dans tous ses états au 17èmeFestival des Andalousies Atlantiques





Les amoureux de la bonne musique, au Maroc et ailleurs, ont été gratifiés, lundi soir, dans le cadre du 17ème Festival des Andalousies Atlantiques, qui se déroule cette année en mode virtuel, Covid-19 oblige, d’un concert mémorable ayant célébré les plus belles pages du riche répertoire du “Matrouz”, avec à la clé de purs moments de plaisir partagés et de jolies retrouvailles pour l’écoute de cette musique “brodée”. En effet, en Andalousie, au Maroc et à Essaouira-Mogador, Juifs et Musulmans ont toujours chanté et dansé ensemble et continuent de cultiver cette tradition de symbiose et de vivre-ensemble comme en témoigne ce fameux répertoire musical judéo-marocain, qui a conquis les esprits et les coeurs, lors de ce Festival, qui ne cesse de confirmer, au fil des éditions, l’exceptionnelle richesse et la profondeur de la diversité culturelle et artistique et de l’histoire millénaire du Royaume. Ainsi, les festivaliers ont été invités à savourer, le temps de ce concert éclectique, un florilège de morceaux musicaux et chants tirés de ce patrimoine authentique et profondément enraciné dans les mémoires mêlées et partagées des Musulmans et Juifs depuis plusieurs siècles. Transcendant les distances, cet héritage andalou du Maroc a été mis à l’honneur, à travers l’interprétation de chansons si connues de cet art singulier et authentique, par des artistes musulmans et juifssousla direction des maîtres Hamza Jorti et David Edri, qui ont convié les mélomanes férus aux retrouvailles de l’âge d’or andalou, en leur offrant un concert “raffiné” et “brodé”. Du “Matrouz” mêlant l’arabe et l’hébreu et célébrant les pièces les plus emblématiques et rayonnantes de leur patrimoine commun : “Al Ala al Andalousia”. Grâce à cette performance artistique réalisée et enregistrée sans public à l’espace “Bayt Dakira” à Essaouira et à la Synagogue Magen Avraham, les deux maîtres Jorti et Edri ont permis aux festivaliers de revivre des moments inoubliables et de donner toute sa beauté à ce genre musical. Il s’agit donc d’un concert amplement réussi qui a laissé résonner au grand bonheur des passionnés de musique andalouse, malgré des circonstances inédites, les notes de ce “Matrouz”, un art musical sublime auquel la ville d’Essaouira a choisi de s’identifier depuis longtemps en se dressant à jamais comme un havre de paix, de fraternité, d’ouverture sur l’autre et d’éloge de la diversité dans le cadre de la convivialité et de l’entente. Cette soirée musicale a été, en outre, agrémentée d’une belle compilation d’extraits de concerts captés lors des précédentes éditions du Festival des Andalousies Atlantiques, en proposant une sélection exaltante des moments qui ont porté, au-delà des océans, la diversité culturelle, spirituelle et artistique qui est au cœur de la modernité qu’Essaouira a choisi d’incarner. Une plongée dans l’essence même de ce rendez-vous qui se veut un hymne au partage, à l’écoute et à la fête. Ainsi, lesfestivaliersse sont remémorés les belles prestations des artistes Saïd Belcadi et Curro Pinana, de l’orchestre Rawafid sous la direction du maître Omar Metioui, de la chanteuse Asmaa Lazreq en compagnie de l’orchestre Al Assala dirigé par Rachid Lahkim, des grands Haïm Louk etAbderrahim Souiri, ainsi que du groupe Andalucious. Cette soirée virtuelle a été ponctuée de témoignages de l’ensemble “Hapiyout” qui a déjà participé au Festival des Andalousies Atlantiques en 2018. A travers leurs témoignages, les membres du groupe ont tenu à exprimer l’amour et la grande estime qu’ils vouent au Maroc et à Essaouira, une cité magnifique et une source infinie d’inspiration. Mettant en évidence la singularité de ce Festival qui célèbre la musique et les nobles valeurs d’amour, de paix, d’entente et de tolérance entre Musulmans, Juifs et Chrétiens dans le cadre du partage et de la joie de vivre, ils ont émis le souhait de se retrouver très prochainement dans cette cité universelle pour prendre part de nouveau à cette manifestation musicale hors normes. A cette occasion, a été diffusée une séquence vidéo relatant quelques moments inoubliables de la visite de l’ensemble “Hapiyout” dans le Royaume et à Essaouira et de leur participation aux “Andalousies Atlantiques”. La soirée a été enrichie par d’autres témoignages aussi saisissants les uns que les autres, livrés, cette fois-ci, par des résidants et hôtes de la Cité desAlizés, dont des Juifs et des Musulmans, qui ont souligné à l’unisson l’importance de cet événement artistique à nul autre pareil, qui veille à promouvoir et à consacrer les nobles valeurs humaines et ce riche patrimoine universel, ajoutant que ce Festival incarne l’exemple éloquent de la coexistence entre les différentesreligions et cultures. Si certains ontsalué cette résilience souirie qui a pris le dessus face à ces moments incertains en veillant à l’organisation de ce rendez-vous musical automnal malgré le contexte exceptionnel lié à la Covid-19, pour vivre et revivre des moments musicaux d’exception, d’autres ont saisi l’occasion pour affirmer que cette manifestation, chère à tous les Souiris d’origine et de cœur, reste une source d’énergie, d’inspiration et de création qui œuvre à favoriser le partage des valeurs d’ouverture et de pluralité. Relevant que c’est un festival qui tisse des liens, lutte contre l’amnésie et se bat pour consacrer ce Maroc pluriel, ils ont indiqué que c’est un rendez-vous unique au monde qui a réussi à reconstituer l’ambiance fraternelle et chaleureuse que Musulmans et Juifs ont connue et qui n’ont jamais cessé de raconter de génération en génération, estimant que la musique représente ce langage universel qui permet d’abolir lesfrontières, abstraction faite de toute les croyances et convictions. Cette 2ème soirée du Festival a pris fin avec la diffusion du vidéo-clip intitulé “Mogador Mon Amour”, interprétée par une brochette d’artistes en l’occurrence Abderrahim Souiri, Raymonde Bidaouia, Sanae Marahati, Marouane Hajji, Abir Elabed et Zainab Afailal. Une performance artistique collective qui a tenté de célébrer cette ville plurielle où toutesles cultures et religions cohabitent en toute harmonie et symbiose, tout en faisant vibrer ses résidants et ses hôtes grâce à ses célèbres et divers rythmes musicaux comme en témoignent ces “Andaloussiates souiries”.

Libé
Mercredi 16 Décembre 2020

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