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Le Maroc s'en sort plutôt bien

Défis et opportunités de la région MENA dans un contexte si exceptionnel


Il y aurait mieux à faire grâce aux énergies renouvelables, au numérique et à l'industrie de transformation

«L’économie marocaine s’en sort bien malgré la crise liée à la Covid-19», c’est ce qui ressort de l’étude établie par l'Arab Petroleum Investments Company (APICORP) intitulée "Le secteur de l'énergie et les économies du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord après 2021" et consacrée aux opportunités et aux défis économiques dans la région résultant de l'apparition de la pandémie de coronavirus. Selon cette étude, le Maroc a réussi à maintenir sa note d'investissement avancée par «Standard & Poor's» alors que les efforts de relance économique dans d'autres pays restent lourdement empreints de risques, en particulier pour ceux qui mettent en œuvre des projets de reconstruction ou connaissent une instabilité prolongée. Le Maroc a réussi également, selon la même source, à émettre des obligations d'une valeur d'un milliard d'euros, pour être les premières obligations souveraines libellées en euros à être proposées dans la région du MoyenOrient et de l’Afrique du Nord en 2020 à ce jour, et avec le plus bas rendement des obligations souveraines émises par un pays africain de l'histoire alors que d'autres pays de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord se sont confrontés à de grandes difficultés en raison de l'augmentation des rendements obligataires, en particulier à la lumière de la détérioration des conditions financières mondiales en raison de la pandémie, du ralentissement économique et de la baisse des prix du pétrole et du gaz. Après une augmentation du risque de crédit d'au moins 80 à 100 points de base au cours du premier trimestre 2020, même dans les pays notés AA, les marchés se sont progressivement stabilisés au cours des deuxième et troisième trimestres de l'année. Par ailleurs, ladite étude constate que si la pandémie a perturbé la production mondiale, qu’elle a affecté certaines activités commerciales mondiales et qu’elle a conduit à l'émergence de politiques visant à protéger les industries et les entreprises locales, il n’en demeure pas moins que la crise liée à la Covid-19 pourrait profiter à certains pays de la région qui peuvent se saisir des nouvelles opportunités résultant des changements dans les chaînes de valeur mondiale pour construire un nouveau modèle de production. «Les entreprises multinationales telles que les fabricants de voitures, de textiles, de vêtements ou d'électronique et de machines, cherchent à améliorer la flexibilité, la sécurité et l'efficacité de leurs opérations au milieu du chaos laissé par la pandémie de la Covid-19 grâce à de nouveaux sites de production qui leur offrent ces avantages», précise le document avant de souligner que le Maroc et les autres pays de la région MENA doivent, grâce à leur situation géographique particulière à proximité d'immenses marchés de consommation - en particulier le marché de l'Union européenne - être les partenaires idéaux de ces entreprises qui souhaitent réduire leurs chaînes d'approvisionnement. «Les circonstances extraordinaires causées par cette pandémie sans précédent pourraient donner aux stratégies de diversification économique poursuivies par les pays exportateurs de pétrole et de gaz une forte impulsion et pourraient donner à la région dans son ensemble la possibilité d'accroître sa contribution relativement limitée aux chaînes de valeur mondiale», note l’étude. A ce propos, le document en question donne l’exemple de l'Egypte et du Maroc qui tentent de suivre des voies similaires en se concentrant sur l'industrie automobile, alors que les grandes entreprises internationales étudient la possibilité de transférer leur production de Chine vers d'autres marchés. Notre pays en particulier, indiquent les rédacteurs de l’étude, a l'opportunité de gravir les échelons de la chaîne de valeur de la production automobile. On pourrait voir des cas similaires dans d'autres secteurs industriels à moindre valeur ajoutée, comme l'industrie du textile et de l'habillement, et en particulier dans des pays caractérisés par une abondance de main-d'œuvre bon marché, comme l'Egypte. La Tunisie cherche elle aussi à profiter des opportunités offertes à travers sa stratégie de promotion des investissements 2021, qui vise à encourager les entreprises européennes à transférer leurs opérations de la Chine vers la Tunisie, en particulier dans les secteurs où la Tunisie a un avantage concurrentiel comme l'agro-industrie, le textile et l'industrie manufacturière. Les opportunités économiques se présentent également au niveau du numérique. En effet, la pandémie a contribué à accélérer les efforts de transformation numérique dans un certain nombre de pays de la région, en particulier à la lumière des progrès considérables enregistrés par les technologies de la téléphonie mobile en tant qu'outil efficace pour soutenir les secteurs économiques informels. L’étude en question soutient que la crise actuelle offre une opportunité aux pays relativement en retard dans le domaine de la transformation. «Concernant le numérique - par rapport aux pays du Golfe plus avancés dans ce domaine - pour profiter du boom technique en vue d’attirer les investissements directs étrangers dans divers domaines de la connaissance, la Tunisie, le Maroc et la Jordanie ont activé un large éventail de nouveaux outils tels que les mécanismes de paiement numérique et les services électroniques. Mais ces pays doivent d'abord entreprendre des réformes à grande échelle de leurs réseaux de communication», explique l’étude. Et d’ajouter : «L'accent doit être mis sur le renforcement des capacités locales, en plus de la nécessité de concevoir des stratégies appropriées pour le processus de transformation numérique afin de garantir que les secteurs ciblés disposent de la flexibilité nécessaire pour surmonter les fluctuations futures». Les énergies renouvelables peuvent aussi bien profiter au Maroc comme c'est le cas pour les autres pays de la région MENA qui ont des avantages importants qui leur permettent de prospérer dans l'ère post-Covid-19. «La région est caractérisée par un grand nombre de producteurs d'énergie à faible coût et à faible émission de carbone, y compris le pétrole et le gaz. Certains pays, comme l'Arabie saoudite et le Maroc, ont réussi à consolider leur position d'exportateurs à bas prix d'hydrogène vert et bleu, d'ammoniac à faible teneur en carbone et d'autres produits également à faible teneur en carbone», conclut l’étude. 

Hassan Bentaleb
Mercredi 18 Novembre 2020

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