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Le Maroc droit dans ses bottes

Saâd Eddine El Othmani Le Royaume ne tolérera aucune atteinte à ses constantes nationales




 Le Maroc, qui a pris une position ferme et décidé de rompre ses relations avec l'Iran en raison du soutien militaire apporté au Polisario, ne tolérera aucune atteinte à ses constantes nationales, a affirmé, jeudi à Rabat, le chef du gouvernement Saâd Eddine El Othmani.
Cette décision de rupture est un message clair que le Maroc ne peut tolérer l'atteinte à ses constantes nationales ou à sa souveraineté, a-t-il souligné lors de la réunion hebdomadaire du Conseil de gouvernement.
Ce genre de questions nécessite la fermeté totale et la position de S.M le Roi Mohammed VI à ce sujet était ferme, forte et rigoureuse, a indiqué le chef du gouvernement en mettant l'accent sur la position du peuple marocain quant à la question de l'intégrité territoriale qui fait l'objet d'un consensus national.
Une position qui n’a jamais dévié d’un iota nonobstant les conditions et la qualité des pays concernés.
Dans leur ouvrage «Le Maroc au présent : D'une époque à l'autre, une société en mutation », Baudouin Dupret, Zakaria Rhani, Assia Boutaleb et Jean-Noël Ferrié rappellent cette constance sous son éclairage maghrébin.
Ainsi les relations du Maroc avec la Mauritanie, pays qui a reconnu la pseudo-RASD en février 1984,  ont été marquées, depuis 2011, par une certaine fragilité. Le rapprochement du régime d’Ould Abdel Aziz avec l’Iran, en 2011, fut perçu comme une menace par le Royaume, qui avait rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en 2009, l’accusant de vouloir propager l’idéologie chiite au Maroc.
Depuis, on a dénombré plusieurs incidents successifs comme le différend qui a éclaté en juillet 2013 suite à l’annulation de deux vols réguliers de la Royal Air Maroc (RAM) par les autorités de l’aviation civile mauritanienne. Cette réduction des parts de la RAM constituait une riposte à l’interdiction faite par les autorités marocaines à une quarantaine de camions en provenance de Mauritanie de franchir le poste frontalier de Guergarate.
Concernant l’Algérie, les auteurs rappellent que la frontière séparant les deux pays demeure fermée depuis fort longtemps et que leurs relations sont marquées par la question du Sahara. Les conséquences de cette configuration sont doubles. Tout d’abord, cela empêche toute forme d’intégration régionale. Les chefs des différents Etats de l’UMA, créée en 1989, ne se sont, en effet, nullement réunis depuis 1994, date de la fermeture de cette frontière.
Ainsi, sur une quarantaine de conventions multilatérales élaborées dans le cadre de cette instance régionale, seulement trois ou quatre sont réellement entrées en vigueur. Malgré la rencontre entre les chefs d’Etat marocain et algérien, en 2005, et la situation sécuritaire dans la région qui nécessitait une coopération forte, les deux pays n’ont pas réussi à concilier leurs points de vue.
La deuxième conséquence de cette situation réside dans une constante course aux armements. Depuis son adhésion au dialogue méditerranéen de l’OTAN, en 2002, l’Algérie a ainsi montré sa volonté de réaffirmer son leadership régional face à la Libye et au Maroc en signant deux contrats avec Moscou, en 2006 et 2007, pour un montant de près de 8 milliards de dollars. Le Maroc, lui, a naturellement emboîté le pas et  a commandé, en 2009, 24 chasseurs F-16 aux Américains, puis trois frégates aux Pays-Bas l’année suivante.
Deux ans après, le ministère de la Défense algérien a obtenu une rallonge de son budget lui permettant de signer un autre contrat d’armement de 16 milliards de dollars, dont 13 avec la Russie. Le Maroc a donc décidé de faire de même, en 2013, en augmentant son budget de défense pour le hisser au même pourcentage que son voisin.
Mais si pour Alger, cette course aux armements traduit en fait une réelle volonté de leadership mâtinée d’une inimitié patente à l’endroit du pays, dans le cas du Maroc, il s’agit ni plus ni moins que de se défendre et de défendre son intégrité territoriale. Le concernant, il faut distinguer entre l’intérêt vital et l’intérêt majeur.
Le premier concerne la résolution de ses problèmes territoriaux, notamment au Sahara. Le second consiste plutôt à conforter son poids régional en tant que pays promoteur d’une politique africaine basée sur le co-développement et le bien-être social. Ce qui le conduit inéluctablement à mener une politique d’ouverture et de défense d’une stabilité régionale axée sur la non-immixtion dans les affaires intérieures des Etats tiers et le respect de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale
Ce qui est aux antipodes de l’Iran, dont la politique étrangère se fonde sur une volonté patente de propager la discorde, les troubles et le chaos ou de l’Algérie qui cherche par tous les moyens à déstabiliser le Maroc par Polisario interposé.

H.T
Samedi 5 Mai 2018

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