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Le Maroc au Sommet d’Addis-Abeba pour reprendre sa place à l’UA




Le Sommet de l’Union africaine qui se tiendra aujourd’hui et demain dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba tranchera-t-il la question de la demande déposée par le Maroc pour rejoindre sa famille africaine ? 
Théoriquement, le Royaume devrait retrouver sa place au sein de cette famille qu’il a quittée à contrecœur en 1984. Toutes les conditions exigées par la Charte constitutive de l’UA ont été remplies. L’article 29 stipule à cet effet que « Tout Etat africain peut, à tout moment après l'entrée en vigueur du présent Acte, notifier au Président de la Commission son intention d'adhérer au présent Acte et d'être admis comme membre de l'Union ». Il exige également que « Le président de la Commission, des réceptions d'une telle notification, en communique copies à tous les Etats membres », que « L'admission est décidée à la majorité simple des Etats membres » et que « La décision de chaque Etat membre est transmise au président de la Commission qui communique la décision d'admission à l'Etat intéressé, après réception du nombre de voix requis ».
Malgré les atermoiements et les manœuvres dilatoires des pays hostiles au Maroc tels l’Algérie et l’Afrique du Sud, et ceux de  la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, la demande marocaine a largement obtenu le quorum requis par la Charte de l’UA (plus de 39 pays ont appuyé la demande du Maroc), ce qui a mis les ennemis de notre intégrité territoriale au pied du mur. 
Cependant, face à ce succès diplomatique marocain, ces derniers ne semblent pas vouloir  se résigner et certains experts et spécialistes comme Moussaoui El Ajlaoui restent sceptiques à ce propos, étant donné que ces ennemis feront des mains et des pieds  pour entraver le retour triomphal du Maroc à l’UA. Selon ce chercheur à l’Institut de recherches africaines à l’Université Mohammed V Agdal, « il y a de fortes luttes que la diplomatie marocaine mènera à Addis-Abeba pour éluder toute lecture politique de la demande marocaine. Ce qui conduira inévitablement à mettre les bâtons dans les roues devant le Maroc en lui imposant des déclarations d’intentions à l’égard du soi-disant «peuple sahraoui». Ce sont des manœuvres visant à imposer des entraves politiques dans le cas de l’acceptation de la demande marocaine. Est-ce que cela aboutira ? Personne de part et d’autre ne peut trancher à propos de ce qu’il adviendra ».
Les pays qui soutiennent la décision légitime du Maroc de réintégrer sa famille africaine ont, pour leur part, affirmé que sa demande ne doit pas faire l’objet de débat ou de discussion lors du Sommet d’Addis-Abeba et s’opposent à l’inclusion de toute condition politique qui ne figurerait pas dans la Charte constitutive de l’UA. 
C’est ce que le Président sénégalais, Macky Sall, a affirmé samedi dernier dans la capitale éthiopienne  en déclarant à l’agence de presse de son pays : « Oui, ça devrait être le Sommet du retour du Maroc. Nous avons une Charte au sein de l’Union africaine (UA) qui indique que tout pays africain qui s’engage à respecter la charte et reconnu par la majorité des pays est admis dans le concert de l’UA. Le Maroc devrait être le 55ème pays membre de l’Union africaine. Cela ne devrait pas poser de débat ». Et d’enchaîner  : « L’adhésion d’un pays à l’UA ne devrait pas faire de débat. Les débats, nous les aurons toujours. Le fait qu’un pays veuille venir et ratifier par son parlement la charte est reconnu par la majorité des membres. Ça devrait passer ».
De toute évidence, la bataille diplomatique entre le Maroc et ses ennemis au sein de  l’UA, qui constituent, faut-il le rappeler, une infime minorité, sera âpre. A preuve, le tout dernier communiqué de la présidente de la Commission de l’UA sur cette question  n’est  rien d’autre qu’une nouvelle manœuvre visant à retarder le retour du Royaume au sein de sa famille africaine. Elle y a, en effet, péremptoirement affirmé que la demande marocaine avait obtenu le minimum requis, tout en précisant que la décision concernant celle-ci lui sera notifiée à l’issue du Sommet d’Addis-Abeba ; ce qui signifie qu’il ne pourra siéger au  prochain Sommet prévu dans six mois. 

​Quelques dates clés

17 juillet 2016 : S.M le Roi Mohammed VI adresse un message historique au 27ème Sommet de l’Union africaine, tenu dans la capitale rwandaise, Kigali. Dans son message, le Souverain a exprimé le souhait du Royaume de rejoindre sa famille africaine. « Par ce retour, le Maroc entend poursuivre son engagement au service de l’Afrique et renforcer son implication dans toutes les questions qui lui tiennent à cœur », a déclaré en substance S.M le Roi.

18 juillet 2016 : 28 pays membres de l’UA adressent à Driss Déby Itno, Président de la République du Tchad et président en exercice de l’Union africaine (UA), une motion portant sur la suspension prochaine de la fantomatique «république arabe sahraouie démocratique» des activités de l’UA, et de tous ses organes, afin de permettre à l’organisation panafricaine de jouer un rôle constructif et de contribuer positivement, aux efforts de l’ONU visant un dénouement définitif du différend régional sur le Sahara.

30 novembre 2016 : Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération accuse la Sud-Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, de « tenter de contrarier la décision du Maroc de regagner sa place naturelle et légitime au sein de sa famille institutionnelle panafricaine ». 
Il rappelle que Zuma « poursuit son élan d'obstruction, en improvisant une nouvelle exigence procédurale, inédite et sans fondement (...) par laquelle elle rejetterait arbitrairement les lettres de soutien (au Maroc) des Etats membres de l'UA ».

10 janvier 2017 : Le Conseil des ministres tenu sous la présidence de S.M le Roi Mohammed VI, adopte le projet de loi n°01.17 17 portant approbation de l'acte constitutif de l'Union africaine (UA), signé le 11 juillet 2000 à Lomé (Togo) tel qu'amendé par le protocole adopté le 3 février 2003 à Addis-Abeba (Ethiopie) et le 11 juillet 2003 à Maputo (Mozambique).
18 janvier 2017 : La Chambre des représentants adopte, à l'unanimité, lors d'une séance plénière, le projet de loi N° 01.17 portant approbation de l'acte constitutif de l'Union africaine. La Chambre des conseillers a fait de même deux jours après.

 

T. Mourad
Lundi 30 Janvier 2017

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