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Le Groupe socialiste-Opposition ittihadie à la Chambre des conseillers met à nu les failles du bilan d’étape du gouvernement


Rachid Meftah
Dimanche 12 Mai 2024

Youssef Aïdi : L’Exécutif brille par un manque de communication on ne peut plus patent

« Je suis heureux de prendre la parole, au nom du Groupe socialiste-Opposition ittihadie pour évaluer le bilan d’étape gouvernemental à partir de la réalité que nous vivons, tous ensemble, sur le terrain et non à partir des illusions de statistiques mystificatrices, mais en vertu  d’une vision nationale progressiste qui interpelle le gouvernement quant à ses orientations politiques et ses options économiques et sociales mais aussi au niveau de l’effectivité de ses promesses et de ses engagements exprimés dans son programme gouvernemental ou à travers les déclarations de certains responsables appartenant à la majorité », c’est ainsi que Youssef Aïdi, président du Groupe socialiste-Opposition ittihadie à la Chambre des conseillers, a introduit son intervention dans le débat autour du bilan d’étape de l’action du gouvernement conformément aux dispositions de l’article 101 de la Constitution.

Evoquant, de prime abord, le dossier du Sahara marocain, le conseiller parlementaire ittihadi a mis en avant que la question de la cause nationale a toujours été placée à la tête des priorités de tout un chacun motivant la poursuite plurielle de la mobilisation nationale pour la défense, tous azimuts de la cause de l’intégrité territoriale et le soutien de l’initiative d’autonomie afin de mettre fin au conflit artificiel autour du Sahara marocain.

« Les grandes mutations que connaît notre pays, a ajouté Youssef Aïdi, ont permis de consolider la position et la crédibilité de notre pays auprès de la communauté internationale », a relevé le président  du Groupe d’opposition usfpéiste à la Chambre des conseillers en soulignant l’impératif pour l’Excécutif d’adopter une approche participative qui puisse cibler l’implication réelle et efficiente de l’Institution parlementaire mais aussi de l’ensemble des instances de la société civile dans la défense de la cause nationale.

D’autre part, Youssef Aïdi a observé que le bilan du gouvernement s’est caractérisé par une hausse inédite des prix des denrées de première nécessité… mettant l’accent particulièrement sur les prix exorbitants des carburants qui ont connu un rythme de croissance soutenu depuis plus de deux années sans aucune justification objective, générant par ailleurs des marges de profit excessives pour les vendeurs (sociétés et détaillants) au détriment du pouvoir d’achat des citoyens en chute vertigineuse.

« La transparence en matière de définition des tarifs des carburants n’est pas seulement une  problématique économique mais  également une question morale se rapportant à la construction de la confiance et au renforcement des principes et des outils de la gouvernance en matière de gestion des affaires publiques et de l’ancrage de l’Etat de droit », a mis en exergue l’intervenant usfpéiste.

Abordant l’évaluation des politiques publiques dans le domaine social, Youssef Aïdi a relevé une incapacité patente à favoriser l’emploi et à contenir la masse grandissante du chômage de même qu’à assurer la santé,  l’enseignement et l’habitat pour tout le monde (…)
Evoquant à  ce propos le Discours prononcé par Sa Majesté le Roi à l’occasion de l’ouverture de la session d’automne d’octobre 2022,  dans lequel le Souverain a fixé pour le gouvernement un plafond de création 500 mille postes de travail en mobilisant 550 milliards de dirhams de l’investissement privé à l’horizon 2026, il a interpellé le chef du gouvernement quant à la réalisation de cet engagement avant de rappeler que Sa Majesté le Roi avait appelé dans ce même Discours à « l’investissement productif en tant que levier fondamental pour la promotion de l’économie nationale » en fustigeant l’absence de tout indicateur d’investissements producteurs d’emploi mais seulement des investissements tendant vers le taux maximum de profit…

« Nous avons besoin d’une « charte nationale » qui définisse les finalités générales et les orientations stratégiques dans le domaine du développement humain et de la protection sociale… » a-t-il scandé.

Là-dessus, le président du Groupe socialiste-Opposition ittihadie a énuméré un certain nombre de catégories sociales qu’il estime abandonnées et délaissées par l’Exécutif, à savoir les retraités dont la situation matérielle reste figée en dépit des affres de l’inflation, les personnes âgées pour lesquelles il réclame l’instauration d’un statut particulier en conformité avec les critères internationaux, notamment les principes onusiens relatifs aux personnes âgées de l’An 1991, et les personnes en situation de handicap qui pâtissent de l’inaccessibilité du marché de l’emploi et de toute sorte de marginalisation économique et sociale. (Pour cette dernière catégorie, il a réclamé l’activation des dispositions de la loi-cadre n°13-97 relative à la protection des droits des personnes en situation de handicap).

Par ailleurs, le conseiller parlementaire ittihadi a souligné que la protection sociale est l’un des droits humains qui n’admet pas de tergiversations (…), en indiquant que le Maroc a réalisé de grandes avancées en la matière grâce à la politique clairvoyante de Sa Majesté le Roi, « Créateur du chantier historique de la protection sociale », et en affirmant que « nous demeurerons mobilisés derrière Sa Majesté pour réussir ce chantier crucial ».

A cet égard, Youssef Aïdi a adressé au chef de l’Exécutif les interpellations suivantes :
- Qu’en est-il de l’opérationnalisation du principe de l’équité dans le système sanitaire (…) ?
- Quel programme pour mettre un terme à l’absence d’égalité quant à l’accès aux prestations sanitaires ?
- Quel bilan en matière de réduction des disparités spatiales et régionales ?
- Quelles mesures prises pour venir à bout des insuffisances aiguës des ressources humaines ?
- Quel programme quant à l’investissement en matière de sollicitude sanitaire primaire à travers la préparation de médecins généralistes et le développement de la médecine de famille ?
- Quelles dispositions préconisées pour baisser la part familiale des dépenses sanitaires ?
- Quelles mesures prises pour garantir l’accès aux médicaments d’excellente qualité et à coût abordable ?

En outre, reprenant la problématique de l’emploi, le parlementaire Aïdi s’est référé aux données émises par le Haut-Commissariat au plan relatives au marché de l’emploi de la première  saison de l’année 2024, dont l’augmentation du nombre de chômeurs de 96.000 personnes, soit de 1.549.000 à 1.645.000 chômeurs, ce qui équivaut à 6%, proportion enregistrée dans la catégorie des jeunes de 15 à 24 ans (…). A ce sujet, il a qualifié cet état de faits de corrélation entre la fragilité du marché de l’emploi avec le secteur non structuré en interpellant le gouvernement sur l’importance cruciale de l’intégration de ce secteur dans le système économique réglementaire : « Est-ce que vous avez conçu un programme d’accompagnement et d’incitation de cette catégorie à l’intégration dans le tissu économique structuré de manière à bénéficier des atouts juridiques, sociaux et fiscaux et d’accéder aux financements opportuns ? «  (…)

A ce propos, le président du Groupe socialiste-Opposition ittihadie s’est demandé si l’Exécutif peut avoir l’audace de réviser les proportions dans les finances publiques des recettes perçues des différents secteurs industriel, commercial et bancaire ou « si l’économie de rente et les profits illicites de recettes indues resteront un gros titre de notre économie ».
Et d’aborder, d’autre part, les missions de l’organisme d’inspection du travail en interpellant sur une éventuelle augmentation des effectifs qui en ont la charge.

Ayant déploré cette situation anachronique, Youssef Aïdi a appelé le chef du gouvernement à œuvrer de concert avec toutes les parties concernées, dans l’esprit de sérieux et de créativité requis, à adapter les lois du travail locales avec le droit international du travail (…) et également au respect des libertés syndicales et à la préservation du droit de la grève (…) par le biais notamment de l’abrogation de l’article 288 du code pénal et de l’article 5 du décret du 5 février 1958 relatif au droit syndical pour les fonctionnaires de même que toutes les dispositions législatives et organiques contraires au droit constitutionnel de la grève et des libertés syndicales…

Et de dénoncer, par ailleurs, le discours politique du gouvernement « emballé par l’optimisme excessif et caché derrière les Hautes initiatives Royales (la gestion de la crise du  Covid, la gestion de la sècheresse, la gestion diplomatique, la gestion des répercussions du séisme d’Al Haouz …). Ce discours, pour le conseiller parlementaire usfpéiste, dénote d’une indigence de communication, « une vérité soulevée par le citoyen marocain depuis l’avènement de votre gouvernement, ayant engendré des crises sociales avec des incidences déplorables telles que celles de l’enseignement ou encore du suivi et de l’accompagnement des sinistrés d’Al Haouz … ».

« Aujourd’hui, à partir de notre position au sein du Groupe socialiste-Opposition ittihadie, nous considérons que ce bilan d’étape est l’occasion pour vous de réviser votre approche hégémoniste et affirmons que les enjeux circonstanciels et futurs nécessitent la contribution de toutes les potentialités physiques et intellectuelles de la patrie par ailleurs dépassant les capacités de votre respectable gouvernement », a conclu le conseiller parlementaire président du Groupe d’opposition de l’USFP.

Rachid Meftah


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