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Le CNDH réitère sa position pour l'abolition de la peine de mort

Amina Bouayach : La peine capitale constitue l' une des atteintes les plus graves au droit à la vie, un droit originel, suprême et absolu sans lequel aucun droit, aucune liberté, aucune justice ne peuvent exister





Le CNDH réitère sa position pour l'abolition de la peine de mort
La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a réitéré la position "claire et constante" du Conseil pour l’abolition de la peine de mort, considérée comme "l'une des atteintes les plus graves au droit à la vie, ce droit originel, suprême et absolu sans lequel aucun droit, aucune liberté, aucune justice ne peuvent exister".

Amina Bouayach s'exprimait lors d'un débat de haut niveau sur la question de la peine de mort organisé mardi en visioconférence, dans le cadre de la participation du CNDH aux travaux de la 46ème session du Conseil des droits de l'Homme à Genève, au cours duquel les participants ont débattu "des violations des droits de l'Homme liées à l'application de la peine de mort" et examiné "si l'application de cette peine a un effet dissuasif sur le taux de criminalité".

Lors de ce panel, tenu sous le thème "Violations des droits de l'Homme liées à l'application de la peine de mort, en particulier en ce qui concerne le point de savoir si l'application de la peine de mort a un effet dissuasif sur le taux de criminalité", la présidente du CNDH a salué "le combat de longue date des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc, contre la peine de mort, qui ne tient ni à une certaine idéologie ou culture, ni au dogmatisme d’un esprit quelconque".

Après avoir noté que "l’article 20 de la Constitution ne prévoit aucune exception au droit à la vie", et qu'"en sus, le législateur a l’obligation constitutionnelle de le protéger de toute atteinte ou infraction", elle a indiqué que le CNDH "plaide, ainsi, contre l’argument souvent utilisé par certains responsables politiques pour ne pas abroger la peine de mort en se justifiant par l’hostilité de l’opinion publique à une telle mesure". Selon le CNDH, "il n’y a pas de facteurs socioculturels propres à la société marocaine qui justifieraient la prise en compte d’une quelconque spécificité concernant l’abolition de la peine capitale". Amina Bouayach a rappelé que "le CNDH a adopté de manière constante une position claire et affirmée pour l’abolition de la peine de mort, telle sa recommandation au Parlement relative au projet du Code pénal".

Le CNDH a également appelé en décembre dernier le gouvernement marocain à voter la résolution de l’Assemblée générale relative au moratoire universel, a-t-elle soutenu. Le CNDH, selon sa présidente, assure le suivi et la protection des droits des condamnés à mort, en effectuant des visites régulières, ajoutant que le Conseil mène une action dynamique également au sein des réseaux des INDH pour l'abrogation universelle de la peine capitale. Le Conseil anime le dialogue national, apporte également un soutien constant aux ONG, aux réseaux d’avocats, aux journalistes, aux enseignants et aux parlementaires contre la peine de mort, a souligné Amina Bouayach. "Le CNDH et les abolitionnistes, a-t-elle affirmé, sont convaincus que la peine de mort n’a aucune efficacité de réduction de crimes.

A l’inverse, l’application de celle-ci ne fera que provoquer le sentiment d’injustice le plus profond et une soif, jamais inassouvie, pour la brutalité et la violence". Et de poursuivre: "Bien qu’elle soit non-dissuasive et inefficace, la peine de mort ne règlera en rien les problématiques du crime". Le CNDH, a-t-elle dit, considère que l’élimination de la personne ne rendra pas justice aux familles des victimes d’homicide et ne confortera pas la société dans son combat contre la violence. "Pour le CNDH, abolir la peine de mort, c’est protéger le premier droit des droits humains", a-t-elle ajouté.

Libé
Jeudi 25 Février 2021

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