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Le CNDH, avec de petits moyens du bord, peut-il réussir là où d’autres ont échoué ?

La tension à Al Hoceima comme dans toute la région a trop duré




Le Conseil national des droits de l’Homme se prépare à élaborer un rapport sur le Hirak du Rif. Ce document présentera les observations et les investigations menées par les instances  régionales du CNDH et il sera soumis aux autorités compétentes accompagné de recommandations idoines.
« Le CNDH a été impliqué, dès le début, dans les événements d’Al Hoceima en tant qu’instance chargée de veiller à l’observation, à la surveillance et au suivi de la situation des droits de l’Homme. Il y a un travail sérieux qui se fait dans ce sens à travers les commissions régionales de Casablanca et d’Al Hoceima et à partir du siège du CNDH à Rabat », nous a indiqué une source dudit conseil. Et de poursuivre : « Le CNDH a même envoyé des groupes de travail à Al Hoceima pour renforcer celui de sa commission locale dans cette ville. Ils ont pour mission de suivre quotidiennement le déroulement de la contestation, d’écouter les familles, de coordonner avec les avocats de la défense, de récolter les témoignages, de rencontrer les personnes qui sont en détention provisoire. Il y a également des groupes qui ont assisté aux audiences et observé le déroulement du procès. Au niveau de Casablanca, la commission régionale du CNDH est entrée  en contact direct avec les familles des détenus et la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) afin d’assister les familles dans leurs démarches administratives pour visiter les leurs  et  prendre connaissance de leurs conditions d’interpellation, du déroulement des enquêtes les concernant ainsi que de leur détention et de leurs doléances ».
La section locale du CNDH à Al Hoceima est même allée jusqu’à proposer son intermédiation entre les autorités et le mouvement de contestation. Et le CNDH s’est dit prêt à « ouvrir ses portes pour l’organisation de rencontres dans son siège à Al Hoceima ou dans tout autre lieu choisi par les deux parties » et ce afin « d’éviter le recours à la force et à maintenir le calme ».
« Nous estimons que nous avons assumé nos responsabilités comme il se doit», nous a affirmé notre source.
Des propos que ne partage pas Mohamed Nouhi, président de l’Instance marocaine des droits de l’Homme (IMDH) qui estime que le travail du CNDH demeure en deçà des attentes des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc. « La commission régionale des droits de l’Homme à Al Hoceima  affirme  qu’elle est bloquée dans son action faute de moyens matériels et humains et du fait des contraintes juridiques découlant de la fin du mandat du CNDH», nous a-t-il expliqué. Et d’ajouter que  ce dernier   « a été créé afin de concrétiser l’engagement de l’Etat en matière de protection et de promotion des droits de l’Homme et en tant que réponse à apporter à certaines questions relatives aux droits de l’Homme défendues par le Mouvement du 20 Février. Nous nous  attendions à ce qu’il joue un rôle important en matière de protection, et ce  via le mécanisme des plaintes et au niveau de l’intervention préventive mais rien n’a été fait dans ces domaines comme en attestent les événements d’Al Hoceima sans parler de ceux des autres villes comme Taza et Khouribga qui remontent à 2011 »
Notre source estime que le CNDH joue faiblement son rôle. « Il est vrai que des rapports ont été élaborés et que des efforts de plaidoyer  ont été menés mais l’objectif prioritaire  et essentiel, qui consiste à  mettre un terme aux violations des droits de l’Homme n’a pas été assumé. Pis,  le Conseil se positionne souvent comme un organe officiel et non pas comme une instance qui représente également la société », nous a-t-elle indiqué.
Le président de l’IMDH pense que ce rôle est actuellement assumé par la société civile via les ONG oeuvrant dans le domaine des droits de l’Homme. « Il y a eu une rapide implication des associations dans les événements d’Al Hoceima via des missions de suivi et d’enquête. Un travail commun a été aussi effectué par plusieurs associations dont celles qui sont regroupées au sein de l’Alliance droits de l’Homme  qui sont, elles aussi, en train de préparer un rapport sur les événements », a-t-il conclu.

18 mois de prison pour 25 manifestants

Vingt-cinq manifestants et militants présumés du mouvement de contestation qui secoue le Rif, ont été condamnés à 18 mois de prison ferme, à l'issue de leur procès mercredi à Al-Hoceima, a annoncé l’AFP en citant un avocat de la défense.
Ce sont 32 jeunes, âgés de 18 à 25 ans, qui ont comparu jusqu'à l'aube mercredi.
"Le verdict est tombé cette fin d'après-midi, vingt-cinq d'entre eux ont été condamnés à 18 mois de prison ferme", a-t-il annoncé en précisant que les sept autres, qui comparaissaient libres, ont été condamnés à des sursis et à des amendes.

Hassan Bentaleb
Vendredi 16 Juin 2017

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