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Le Britannique Martin Griffiths nouvel émissaire de l'ONU au Yémen

85.000 déplacés en 10 semaines




Le Conseil de sécurité a entériné jeudi la nomination du Britannique Martin Griffiths comme émissaire spécial des Nations unies pour le Yémen, troisième médiateur chargé de ce conflit en sept ans.
L'actuel émissaire spécial, le Mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, avait indiqué qu'il ne souhaitait pas conserver son poste après l'expiration de son contrat à la fin du mois.
Rejeté par les rebelles Houthis, il n'est parvenu à aucun résultat concluant dans les efforts onusiens pour mettre fin au conflit opposant ces derniers aux autorités légitimes réfugiées dans le sud du pays et appuyées par une coalition sous la conduite de l'Arabie saoudite.
Son prédécesseur Jamal Benomar avait démissionné en avril 2015 après l'échec de quatre ans d'efforts pour établir une transition politique.
Martin Griffiths, qui dirige la fondation European Institute of Peace basée à Bruxelles, "apporte une vaste expérience dans la résolution de conflit, la négociation, la médiation et les affaires humanitaires", avait fait valoir le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, en proposant au Conseil de sécurité sa candidature.
Il va devoir gérer ce que l'ONU a qualifié de "pire crise humanitaire au monde".
D'après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), 22,2 millions de Yéménites (76% de la population) ont besoin d'aide et 8,4 millions de personnes sont confrontées à la faim. Plus de 2.200 personnes sont également mortes en raison d'une épidémie de choléra qui a frappé le pays depuis avril 2017, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Par ailleurs, les Nations unies ont annoncé vendredi 9 février  que le regain de violences au Yémen avait poussé quelque 85.000 personnes à fuir leur foyer en dix semaines, depuis le 1er décembre.
Un peu plus de 70% ont fui les violences qui ont redoublé d'intensité dans les provinces de Hodeida et de Taëz, sur la côte ouest, selon les statistiques publiées par le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
L'agence onusienne est particulièrement préoccupée par le sort des personnes déplacées qui se trouvent près des combats encore en cours dans ces deux gouvernorats stratégiques. "La plupart des personnes déplacées dans les provinces de Hodeida et de Taëz sont hébergés par des proches ou des amis, pris au piège dans leur foyer ou dans des caves alors que les affrontements terrestres, les bombardements aériens et les tirs des snipers font rage tout autour d'eux", a déclaré une porte-parole du HCR, Cécile Pouilly, au cours d'un point de presse à Genève.
L'organisation a, par ailleurs, observé une hausse des déplacements sur d'autres lignes de front au Yémen, y compris dans les provinces de Jawf, Hajjah et de Shabwa.
"Les personnes qui se déplacent, mais aussi toutes les autres personnes qui sont affectées par le conflit, continuent surtout d'avoir besoin d'abris, de nourriture et d'eau", mais les "besoins augmentent", a expliqué Mme Pouilly.
Le Yémen, pays le plus pauvre du Moyen-Orient, est le théâtre depuis près de trois ans d'un violent conflit qui a fait plus de 9.200 morts et près de 53.000 blessés. L'ONU parle de "la pire crise humanitaire du monde". En janvier, elle a demandé 2,45 milliards d'euros pour apporter une aide d'urgence à 11,3 millions de personnes cette année.
Les rebelles Houthis, originaires du nord du Yémen et soutenus par l'Iran, se sont emparés de la capitale Sanaa en septembre 2014, chassant le président Abd Rabbo Mansour Hadi qui s'est réfugié en Arabie saoudite.
En mars 2015, le royaume saoudien a pris la tête d'une coalition arabe qui est intervenue au Yémen pour aider les forces loyales au gouvernement et au président Hadi. La guerre a connu un nouveau rebondissement en décembre quand les rebelles Houthis ont tué leur allié, l'ex-président Ali Abdallah Saleh, qui avait fait une ouverture en direction de l'Arabie saoudite.

Samedi 17 Février 2018

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