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Larache à l’heure du soixantenaire de l’Union Socialiste des Forces Populaires

Driss Lachguar : L’USFP est pionnier en matière d’élaboration de modèles de développement




Il n'y a pas de développement sans bonne gouvernance, ni de bonne gouvernance sans véritable démocratie

«Avec votre présence dans la ville de Larache, vous annoncez aux amis que l’USFP est de retour, et vous dites aux adversaires que leur travail de sape et leur désinformation  sont des tentatives vaines. Avec votre présence massive, vous leur dites aujourd’hui que nous existons et que toutes les manœuvres sont tombées aujourd'hui à l’eau à Larache  grâce à la commémoration du 60ème anniversaire de la création de l’USFP». C’est ainsi que le Premier secrétaire du parti de la Rose, Driss Lachguar, s’est exprimé vendredi dernier lors d’un grand meeting organisé à Larache en présence de Habib El Malki, président du Conseil national du parti et président de la Chambre des représentants, de Mohamed Benabdelkader, ministre de la Justice, des membres du Bureau politique Abdelhamid Jmahri et Mehdi Mezouari, des membres du secrétariat régional du Nord, des membres du Conseil national de l’USFP, ainsi que des membres des sections et des provinces de cette région, en plus de Micaela Navarro, présidente du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie.
Le dirigeant ittihadi a souligné en l’occasion que "si la création du parti a été initiée dans la région du Souss avant de s’étendre à Casablanca, alors je peux dire qu'aujourd'hui que nous sommes à Larache qui n'est qu'à quelques kilomètres de Tanger, ville qui a abrité la conférence de 1958 au cours de laquelle les représentants des mouvements de libération nationale de Tunisie, d'Algérie et du Maroc ont proclamé solennellement leur foi en l'unité du Maghreb... Nous nous souvenons tous de l'étape qui a suivi l’indépendance du Maroc et de l'appel lancé par nos dirigeants et ceux de nos frères au Parti de l’Istiqlal pour la tenue d’un sommet maghrébin des partis qui se sont battus pour la liberté». Il a, à ce propos,  affirmé que l’USFP a poursuivi «la lutte pour la démocratie et l'unité du Maghreb pendant soixante ans».
La situation chaotique dans la région a été évoquée par le Premier secrétaire de l’USFP. «Vous voyez avec un pincement au cœur ce qui se passe à l'Est, et c'est une occasion dont nous profitons pour dire en toute responsabilité à nos frères algériens  de mettre fin à leur  aberration! Nous nous devons ensemble de regarder vers l'avenir afin que nous puissions être le modèle à suivre».
Pour étayer sa thèse, le Premier secrétaire de l’USFP  a fait la comparaison de la situation entre les deux rives de la Méditerranée. Dans ce sens, il a déclaré : «Nous aurions pu décoller dès 1959 alors que l'Espagne et le Portugal n’ont pu le faire qu’au milieu des années 70 et 80, mais  malheureusement, notre pays a dû faire face à plusieurs obstacles. Notamment à la question de son intégrité territoriale et les souffrances qu’il a dû endurer dans certaines étapes historiques. Sans cela, il aurait donc été possible de parler positivement de l'indicateur de la démocratie au Maghreb de la manière dont tout le monde parle aujourd'hui à propos de l’Espagne». Et d’ajouter : «Chaque évaluation objective nous fait dire que nos voisins algériens dressent toujours les mêmes obstacles devant nous, mais cela ne nous a pas empêchés d’arriver à un consensus presqu’international sur nos droits légitimes et de bénéficier de soutiens indéfectibles à notre cause nationale et, en particulier,  au projet d’autonomie concernant nos provinces sahariennes. Nous sommes donc fort aise en voyant le nombre des pays qui ont retiré leur reconnaissance de la république  fantasmagorique».
Driss Lachguar a, par ailleurs, noté que l’USFP est pionnier en matière d’élaboration de modèles de développement. Le premier, par Abderrahim Bouabid et le deuxième, par Abderrahmane El Youssoufi.
Il a déclaré  à cet égard: «Nous, à l'USFP, nous avons le droit d'être fiers de l’effort que nous avons consenti afin que notre pays puisse être au sommet. Et c’est l’USFP qui a été le premier à lancer, après l'indépendance, un projet de développement via le gouvernement Abdellah Ibrahim, dans lequel notre frère Abderrahim Bouabid dirigeait le département de l'Economie et des Finances».
Ce projet de développement a été lancé par le gouvernement d’Abdellah Ibrahim à travers la nationalisation des ressources hydriques, la réforme de l'éducation, le lancement des travaux d’édification des infrastructures et l'indépendance de la monnaie marocaine. Des institutions qui constituent le  levier du développement ont été mises en place. Notamment la CDG, la BNDE, et d’autres institutions similaires. Un projet sidérurgique, qui aurait été une base industrielle pour le développement du  Maroc, a été initié durant cette période. Mais malheureusement, ce modèle de développement initié par le Parti des Forces populaires n’a pas abouti. Plus, il a été combattu surtout durant les années de plomb et de fraudes électorales.
Selon Driss Lachguar, cette situation a conduit notre pays à une crise cardiaque et, une fois de plus, l’USFP a été amené à lancer un nouveau projet de développement sous le gouvernement présidé par Abderrahmane El Youssoufi.
«L'opinion publique se souvient, comme vous vous en souvenez tous, des réalisations du gouvernement de l’Alternance. De grands chantiers ont été lancés : des autoroutes s'étendent aujourd'hui d’Oujda à Souss et des réalisations majeures ont été initiées en matière de centres hospitaliers universitaires, de généralisation de la scolarité et de lutte contre l'analphabétisme… », a-t-il mis en exergue.
Concernant le nouveau modèle de développement, Driss Lachguar a souligné que «anotre pays est en train de préparer un nouveau projet de développement, et nous devons tous nous rappeler que chaque fois que nous progressons, notre pays se doit de se doter  d'un nouveau projet de développement parce que tous les objectifs que nous nous étions fixés dans les projets de développement antérieurs n’ont pas été menés à bon port car leur gouvernance n'était pas au diapason. Il n'y a pas de développement sans bonne gouvernance, ni de bonne gouvernance sans véritable démocratie. La situation de notre pays ne s'est pas redressée, ceci n'autant plus que les parasites électoraux sont toujours en vie».
Driss Lachguar s’est, par la suite, adressé à tous les acteurs politiques pour leur demander d’ouvrir, dès aujourd’hui et non à la veille du scrutin, un débat sérieux et responsable sur les prochaines échéances électorales.
«Nous n'accepterons pas qu’on nous invite, à la veille des élections, à réaliser un consensus qui ne corrige pas les dysfonctionnements du processus électoral», a martelé le Premier secrétaire de l’USFP qui a, par ailleurs, félicité le Parti socialiste ouvrier espagnol qui dirige actuellement le gouvernement espagnol.
A la fin de ce meeting, des figures historiques de l’USFP ont été honorées avec, à leur tête, l’ancien membre du Bureau politique et dernier président de l’UNEM, Mohamed Boubekri, l'historien de Larache et fondateur de la section de l’USFP à Ksar el-Kébir, Mohamed ben Ahmed Akhrif et le défunt Abdul Hamid Aqqa, l'un des symboles syndicaux et militants du parti qui fait également partie des fondateurs de l'Union nationale de l'agriculture.
L'Union socialiste des femmes ittihadies de Larache a également été honorée lors de ce grand rendez-vous.



Mourad Tabet
Mardi 28 Janvier 2020

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