Facebook
Rss
Twitter







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La troisième vague à nos portes

Et si le climat devait nous servir d’adjuvant ?



Depuis son apparition, la Covid-19 entretient de nombreux mystères. L’un des plus déroutants étant la différence de propagation du coronavirus entre les pays de l'hémisphère Nord et ceux du Sud, et notamment entre l’Afrique et le Vieux Continent. A la date du 8 avril, 44.933.850 cas ont été recensés en Europe (514,7 millions d’habitants en UE) pour 975.886 décès, contre 4.321.001 cas enregistrés en Afrique (1,3 milliard d’habitants) et 114.970 victimes du virus. En se basant sur des estimations d’après lesquelles un adolescent a plus de 500 fois moins de chances de mourir en étant infecté par le virus qu’une personne âgée de 70 ans, les scientifiques ont avancé l’argument de la pyramide des âges pour expliquer cet écart conséquent, puisqu’en Afrique, plus de la moitié de la population a moins de 20 ans, contre seulement 22% dans les pays européens. Le Maroc ne déroge pas à la règle. Même si les experts nationaux craignent une troisième vague, et même si la situation sanitaire a pu se dégrader par le passé, elle n’a jamais atteint des extrémités comme ce fut le cas pour certains pays sud-américains. Outre sa pyramide des âges, il se pourrait que le climat du pays ne soit pas étranger à cet état de fait.

Des variations de températures fatales au virus
Une récente étude réalisée par des scientifiques français explore l’hypothèse suivante : Et si la météo et le climat des deux continents justifient l’écart de propagation entre les deux continents ? L’étude en question, parue dans la revue médicale BJM Open, montre que des variations du climat d’une région à l’autre influencent la circulation du virus. En effet, les travaux des trois chercheurs du Centre hospitalier de Valenciennes montrent que «l’indice de rigueur climatique» de Météo-France, qui définit cinq zones dans l’Hexagone, notamment le Nord, l’Est, la côte Atlantique, le centre du pays et les Alpes, ainsi que le pourtour méditerranéen, constituent un facteur prédictif correct de gravité de l’épidémie. “Nous avons pris en compte la densité de population et le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans dans chaque département, et nous voyons que le facteur climatique influence l’évolution de l’épidémie de manière indépendante”, a expliqué le premier auteur de l’étude, Mehdi Mejdoubi, professeur de médecine au Centre hospitalier de Valenciennes. En complément, des chercheurs de l’Université d’Aix-Marseille et de l’Institut Pasteur à Paris ont prouvé que lorsque la température moyenne était inférieure à 10 °C, le paramètre R, correspondant à la vitesse de propagation du virus, était plus élevé. Il augmentait en moyenne de 0,16 pour chaque degré perdu.

Des écarts de propagation entre les régions du Maroc
En partant de ce principe, et au-delà des écarts de propagation du Sars-Cov-2 entre les continents européen et africain, les écarts des cas Covid+ enregistrés entre les régions du Sud du Maroc, et celles du centre et du Nord ne sont finalement pas si étonnants. Certes, la densité démographique est un facteur à prendre en compte, mais on constate également que les régions du Sud, où le climat est bien évidemment désertique et aride, avec des températures plus élevées, représentent seulement 3,84% des contaminations recensées sur l’ensemble du territoire national. Un chiffre qui tranche par exemple avec les régions côtières. Casablanca-Settat, Rabat Salé-Kénitra, et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, trustent le podium des cas recensés depuis le début de l’épidémie dans le Royaume, avec respectivement 40,32%, 14,57% et 9,38%.

Les aérosols s’évaporent avec la chaleur
En plus des changements de températures, un autre élément important tend à expliquer ces différences de propagation, à savoir les aérosols. A priori, ces gouttelettes microscopiques se maintiennent plus ou moins bien en suspension en fonction des conditions. En clair, s’il fait trop chaud ou trop sec, elles s’évaporent. En somme, l’équilibre entre température et hygrométrie serait une des clés pour percer le mystère des écarts de propagation entre les régions du monde et les régions d’un même pays, qui plus est le Maroc, connu pour ses multiples climats. Un pays où la propagation du Sars-Cov-2 est plus que jamais d’actualité, puisque la situation sanitaire se détériore quelque peu. Mais comme le printemps n’est plus ce qu’il était à cause du changement climatique et quelques degrés en plus, il se pourrait que la mauvaise passe actuelle ne soit que passagère.

Le virus gagne actuellement du terrain
En tout cas, samedi dernier, sur les 13.298 tests effectués, 625 nouveaux cas de contamination au coronavirus ont été identifiés, soit un total de 500.948 cas depuis le 1er mars 2020, date du début de l’épidémie, alors que 21 nouveaux décès ont été enregistrés pendant le week-end. A la lumière de ces éléments, la décision prise par l'Exécutif d'instaurer un couvre-feu à partir de 20h pendant tout le mois sacré de Ramadan apparaît pertinente, surtout avec une campagne de vaccination nationale qui prend du retard sur le planning initial. Il est loin le temps où le Maroc était classé parmi les 10 pays les plus avancés en termes de vaccination. Avec désormais plus de 8 millions d'injections, dont 4,075 millions de seconde dose, le Royaume est à la traîne, contrairement au Chili par exemple, qui a administré plus de 80 millions de doses, ou encore l’Indonésie, avec 13,45 millions de doses. 

Chady Chaabi
Mercredi 14 Avril 2021

Lu 297 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.



Flux RSS