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La trêve ne tient pas dans la Ghouta orientale

Le corridor humanitaire pris pour cible par les rebelles




Des raids aériens du régime sur la Ghouta orientale ainsi que des tirs de roquettes en provenance de l'enclave rebelle ont eu lieu mardi malgré l'entrée en vigueur d'une trêve humanitaire quotidienne décrétée par Moscou, ont rapporté une ONG et l'agence syrienne Sana.
"C'est une question de vie ou de mort, il nous faut une cessation des hostilités de 30 jours en Syrie, ainsi que le réclame le Conseil de sécurité", a déclaré Jens Laerke, porte-parole du bureau de la coordination de l'aide humanitaire de l'Onu.
D'après l'armée russe, les rebelles ont pilonné le "corridor humanitaire" qui devait permettre aux civils de quitter le réduit, où une offensive des forces pro-gouvernementales a fait des centaines de morts depuis la mi-février.
Moscou fait également état de bombardements sur des quartiers résidentiels de la capitale syrienne depuis des zones de tirs situés dans la Ghouta orientale.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) indique pour sa part que des frappes aériennes ont visé deux localités de la Ghouta orientale, affirmation démentie par une source militaire syrienne.
Cette "pause humanitaire" quotidienne devait tenir de 09h00 à 14h00 heure locale (de 07h00 GMT à 12h00 GMT) pour permettre aux populations civiles de quitter la zone via un "couloir humanitaire".
Mais d'après l'armée russe, ce corridor humanitaire a été pris pour cible mardi matin par les rebelles, qui l'ont pilonné au mortier, empêchant les civils de sortir de l'enclave, rapportent des agences de presse russe.
"A 09h00 ce matin, un corridor humanitaire a été ouvert pour que les civils quittent cette zone de désescalade", a déclaré le général russe Viktor Pankov. "A cette heure, il y a des tirs intensifs de la partie rebelle et pas un civil n'est parti".
D'après les agences de presse russes, les forces gouvernementales syriennes aidées par l'armée russe ont mis en place des structures d'accueil pour les civils à Vafidine et des cars se tiennent prêts à des évacuations.
Pour Moscou, les rebelles retiennent les civils en otages dans l'enclave.
"Nous n'avons stoppé personne et les civils prennent leurs propres décisions", a démenti Yasser Delwan, qui dirige le bureau politique local des rebelles du Jaish al-Islam.
Un porte-parole du Failaq al-Rahman, une des autres factions rebelles opérant dans l'enclave, a lui aussi démenti que les civils soient retenus contre leur gré. Personne n'ose s'approcher du corridor humanitaire, a expliqué Wael Olwan à Reuters, parce que c'était une zone militaire et que les gens redoutent d'être arrêtés ou enrôlés de force s'ils passent du côté gouvernemental.
L'OSDH, qui suit le conflit syrien en s'appuyant sur un réseau de sources, avait indiqué plus tôt dans la matinée qu'une accalmie prévalait depuis minuit dans l'enclave.
Un habitant de la ville de Hammourieh a témoigné de l'accalmie dans son secteur. "Aujourd'hui, c'est très calme. C'est comme s'ils respectaient la trêve dont ils ont parlé", a-t-il dit.
A Douma, un témoin note que les habitants sont sortis de leurs abris pour se ravitailler ou inspecter leurs habitations.
Le ministère russe de la Défense a précisé lundi que ces trêves quotidiennes de même que le "corridor humanitaire", décidés en accord avec les forces syriennes, devaient permettre le départ des civils et l'évacuation des blessés et des malades.
Mais le porte-parole du Failaq al-Rahman a accusé la Russie de placer les populations face à une alternative: accepter un déplacement forcé ou mourir sous les bombes.
La Ghouta orientale est le dernier bastion majeur tenu par la rébellion à la proximité immédiate de Damas.
Les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont adopté samedi à l'unanimité une résolution demandant "sans délai" une trêve humanitaire de 30 jours en Syrie afin de permettre la fourniture d'aide aux populations civiles et des évacuations médicales.

Mercredi 28 Février 2018

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