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La stratégie anti-corruption prend forme : Un vaste chantier en seize axes




La Commission nationale de lutte contre la corruption a entamé mercredi ses travaux sous la présidence du chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, et en présence du ministre délégué chargé de la Réforme de l'administration et de la Fonction publique, Mohammed Benabdelkader.
Lors de cette réunion, ce dernier a présenté un exposé sur les étapes de mise en œuvre des programmes de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption ainsi que les différents efforts déployés au niveau de la coopération internationale à travers la mobilisation des partenaires internationaux et la mise en place de nombre de programmes visant le renforcement des valeurs de transparence et de moralisation du service public. Il a aussi présenté un avant-projet du rapport sur l’état d'avancement de réalisation des 10 programmes de ladite stratégie, élaboré par le secrétariat permanent de la commission, ainsi que des propositions visant à accélérer la mise en œuvre effective de la stratégie.
Préalablement, Saâd Eddine El Othmani a appelé, dans l’allocution par laquelle il a ouvert les travaux, les membres de cette commission à une adhésion collective en vue de garantir un fort démarrage de celle-ci qui a pour mission essentielle d'assurer le suivi de la mise sur pied de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption et l'élaboration du programme de la phase suivante dans le but d'obtenir des résultats concrets sur le terrain au service des intérêts de la nation et du citoyen, selon un communiqué du département du chef du gouvernement relayé par MAP.
Cette réunion constitue un lancement effectif du travail de la commission, a-t-il dit, soulignant que l'action du gouvernement en la matière s'appuie sur les efforts déployés dans ce domaine depuis des années et œuvre à la consécration de ces acquis en vue d’aller de l’avant dans la lutte contre ce fléau.
Le gouvernement a veillé, en créant la Commission nationale de lutte contre la corruption, à garantir la représentation d’un nombre de départements gouvernementaux et d’institutions constitutionnelles ainsi que des établissements concernés outre les représentants de la société civile et du secteur privé, a expliqué Saâd Eddine El Othmani.
Abordant les axes de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, ce dernier a souligné que la Constitution de 2011 a réservé un chapitre entier à la gouvernance et consacré les principes de transparence et de reddition de comptes, rappelant la ferme volonté Royale en la matière à travers les discours et les messages du Souverain dans lesquels S.M le Roi insiste sur la nécessité d'accorder un intérêt particulier au chantier de lutte contre la corruption.
Il a également mis en avant le programme gouvernemental plaçant la lutte contre la corruption parmi les priorités de l’action de l'Exécutif, vu le caractère stratégique de ce chantier.  
Abdessamad Saddouq, ancien secrétaire général de Transparency Maroc et représentant de celle-ci à  la Commission nationale de lutte contre la corruption nous a affirmé dans ce sens que son ONG «n’a cessé depuis des années de demander de mettre en place une stratégie nationale de lutte contre la corruption, c’est-à-dire un ensemble d’actions cohérentes pour lutte contre ce fléau», tout en soutenant que «lorsque le gouvernement Benkirane a décidé la mise en place d’une stratégie nationale anti-corruption, Transparency Maroc y a participé à son élaboration entre 2013 à 2015».
Il a souligné que la fonction principale de cette commission est de piloter la mise en œuvre de la stratégie nationale en décembre 2015. «Nous sommes partenaires dans l’élaboration de cette stratégie nationale et il est tout à fait normal que nous soyons membres dans cette commission, même si, à un certain moment, le gouvernement nous en a exclus (le décret de création de cette instance qui a été publié en juillet excluait la société civile), et un autre décret en novembre 2017 qui annule le précédent et a permis à Transparency Maroc et la CGEM à faire partie de cette instance», a-t-il précisé. Et d’ajouter : «Ce qu’on attend de cette instance, c’est voir de près la mise en ouvre des mesures qui sont prises pour l’implémentation des projets qui ont été décidés dans le cadre de la Stratégie nationale et observer et mettre en alerte si l’on constate quelques anomalies».
Il convient de rappeler que deux grands objectifs ont été retenus pour la Stratégie nationale de lutte contre la corruption. Il s’agit notamment de renforcer l’intégrité et réduire de façon significative la corruption à l’horizon 2025 en établissant une gouvernance reconnue par son intégrité et son intransigeance par rapport à tout écart d’éthique, en promouvant un cadre de prévention visant à résorber les activités de corruption, en appliquant de façon ferme des lois et recouvrant les actifs en lien avec les actes de corruption, en menant des campagnes de communication et de sensibilisation et enfin en œuvrant à influencer les mentalités de la population par le biais de la formation et de l’éducation.
Le deuxième objectif de cette stratégie vise à contribuer à l’amélioration de l’intégrité des affaires et le positionnement du Maroc à l’international.
La Stratégie nationale de lutte contre la corruption comprend 10 programmes. Ils concernent en l’occurrence l’amélioration du service au citoyen (coordonné par le ministère de l’Intérieur), de l’administration électronique (coordonné par le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique), de la transparence et accès à l’information et de l’éthique et déontologie (deux programmes coordonnés par ministère de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration), de contrôle et reddition des comptes et de la commande publique (deux projets coordonnés par le ministère de l’Economie et des Finances), le renforcement des poursuites et de la répression (coordonné par le ministère de la Justice et des Libertés), de la communication et sensibilisation (coordonné par le ministère la Communication), de l’éducation et la formation (coordonné par le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle) et de l’intégrité du monde des affaires (coordonné par la CGEM).
L’ensemble du portefeuille de projets en comprend 239 avec un budget estimé à 1,796 milliard de dirhams, selon un document du ministère de la Réforme de l'administration et de la Fonction publique.


T. Mourad
Vendredi 6 Avril 2018

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