-
La 26e édition du Forum Mines-Rabat Entreprises placée sous le signe de la coopération Sud-Sud et des nouvelles dynamiques africaines
-
Le Moroccan Robotics Challenge revient pour sa 9ᵉ édition à Rabat
-
Une soirée artistique à Marrakech pour célébrer la tradition ancestrale de la distillation de la fleur d’oranger
-
Forum EHTP-Entreprises 2026 L’ingénieur marocain au cœur du développement territorial
Ce conclave s'inscrit dans le sillage de la dynamique nationale vouée à la sauvegarde de l'héritage patrimonial, et accompagne de près le chantier stratégique inhérent à la déclinaison de la loi n° 33.22 relative à la protection du patrimoine.
Dans une allocution d'ouverture prononcée par visioconférence, la directrice des Archives Royales et présidente de la "Fondation Voix de la montagne pour le développement durable", Bahija Simou, a indiqué que l'intérêt porté à la mémoire et au patrimoine d'une Nation constitue un véritable baromètre de son progrès. Le patrimoine, dans ses multiples expressions, est une incarnation vivante de l'identité et de la mémoire collective des peuples, a-t-elle fait valoir.
Mme Simou a ainsi plaidé pour le dépassement de la perception traditionnelle du patrimoine, l'appréhendant plutôt comme une ressource socio-économique précieuse à investir. Elle a, à cet égard, exhorté à accorder une attention minutieuse au patrimoine architectural montagnard, en particulier les "Tabias" qui illustrent une symbiose parfaite avec l'environnement local, tout en appelant à capitaliser sur le riche héritage soufi de la région.
Pour concrétiser cette vision, elle a préconisé la mise en place d'un laboratoire géologique et d'un centre de recherche dédié au patrimoine matériel et immatériel. Elle a également recommandé la restauration des Zaouïas historiques, la numérisation de leurs manuscrits, ainsi que la refonte scénographique du musée géologique d'Azilal en tirant profit des prouesses de l'intelligence artificielle.
Abordant la portée du nouveau cadre légal dans une déclaration à la MAP, le président de l'Association "Géoparc M'Goun", Driss Achbal, a expliqué que la promulgation de la loi 33.22 vient combler un vide juridique ayant longtemps favorisé l'épuisement des fossiles géologiques. Ce texte, a-t-il affirmé, balisera le chemin vers le déploiement d'un système numérique national d'inventaire, mettant ainsi le patrimoine naturel et culturel au service du tourisme durable et des dynamiques territoriales.
S'inscrivant dans la même lignée, le Secrétaire général par intérim de la Commission nationale pour l'éducation, les sciences et la culture, Karim Hamidouch, a relevé que le choix d'Ouzoud pour abriter ces travaux revêt une forte charge symbolique. Ce site représente le cœur battant de l'Atlas et une pièce maîtresse du "Géoparc M'Goun" labellisé par l'UNESCO, a-t-il dit, mettant en exergue le rôle de ce parc en tant que catalyseur de création d'emplois et d'intégration socioéconomique de la population locale.
Elargissant la réflexion, le directeur du Bureau de coordination de l'arabisation relevant de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (ALECSO), Mourad Er-Rifi, a estimé que les parcs géologiques transcendent la simple dimension paysagère pour s'ériger en véritables pépinières de pratiques culturelles et patrimoniales authentiques. D'où l'impératif, selon lui, d'élaborer des décrets d'application qui épousent fidèlement les spécificités locales et régionales.
Faisant écho à ces propos, le président du comité scientifique du "Géoparc M'Goun" et professeur à l'Université Mohammed V, Mohamed Boutakiout, a mis en relief la valeur inestimable de la nouvelle loi pour sanctuariser une richesse géologique et rocheuse vieille de deux milliards d'années. Une avancée majeure qui mettra un terme à l'exploitation anarchique et générera un impact positif renforçant l'attachement des communautés à leur ancrage territorial.
Il convient de noter que ce carrefour scientifique, marqué par la participation active de représentants institutionnels, d'experts et d'acteurs de la société civile, a offert une plateforme de choix pour explorer les voies d'une meilleure protection du patrimoine. L'ambition ultime étant de faire fructifier les atouts exceptionnels du Maroc pour promouvoir le tourisme culturel et scientifique, et conforter par là même le rayonnement international du Royaume.










