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Une soirée artistique à Marrakech pour célébrer la tradition ancestrale de la distillation de la fleur d’oranger


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Mardi 7 Avril 2026

Une soirée artistique à Marrakech pour célébrer la tradition ancestrale de la distillation de la fleur d’oranger
Une soirée artistique célébrant la tradition ancestrale de la distillation de la fleur d’oranger (Taqtar Zhar) a été organisée samedi, dans le cadre de la 14ème édition de "la Zahria de Marrakech" (moussem de la fleur d’oranger), qui se poursuit jusqu’au 12 avril courant.

Lors de cet événement culturel et artistique, initié par l’association Al Muniya de Marrakech pour la revivification et la préservation du patrimoine du Maroc, l’artiste Mohamed Bajedoub, qui était accompagné de l’orchestre "Al-Muniya de Marrakech pour la musique Al-Ala", a séduit le public en interprétant des chansons tirées du répertoire riche de la musique andalouse et Tarab Al Ala.

L’un des moments phares de la soirée a été l’arrivée solennelle du cortège consacré à la distillation de l’eau de fleur d’oranger. Chargée de symbolique, cette séquence a vivement séduit un public issu d’horizons divers.

Organisée dans un riad, cette soirée vise à faire revivre une tradition ancestrale profondément enracinée dans le patrimoine marocain et s’inscrit dans une démarche de sensibilisation des jeunes générations à l’importance de la préservation des traditions.
En redonnant vie à cette tradition dans un cadre intimiste et authentique, loin des formats institutionnels, le riad devient un véritable espace de transmission culturelle et d’apprentissage direct.

Cette initiative contribue non seulement à la pérennisation d’un héritage précieux, mais lui confère également une dimension contemporaine, conviviale et profondément humaine.
Avec son architecture traditionnelle, son patio arboré, ses fontaines et ses zelliges finement travaillés, le riad offre un cadre propice à la recréation d’une atmosphère authentique, rappelant les maisons d’antan où ces pratiques faisaient partie du quotidien.

Intervenant à cette occasion, le directeur de la Zahria, Jaafar Kansoussi, a souligné que la distillation de la fleur d’oranger revêt une forte symbolique pour les habitants de cette ville millénaire, évoquant les valeurs de transmission et de solidarité profondément ancrées dans la culture marocaine, qui sont mises en lumière à travers ce rituel ancestral.

De son côté, le directeur artistique de cette manifestation culturelle, Karim Ait Brik, a mis en relief les efforts déployés par l’association Al Muniya, qui ne cesse de militer en faveur de la préservation de ce patrimoine immatériel, tout en œuvrant à sa transmission aux générations montantes, dans une parfaite harmonie entre le respect de l’authenticité et l’ouverture à la créativité.

"Grâce à ces initiatives, cette tradition continue de vivre, non pas comme un simple héritage du passé, mais comme une pratique vivante et en constante évolution", a-t-il affirmé.
La soirée a également été ponctuée d’hommages rendus à des figures ayant marqué leurs domaines respectifs, notamment l’architecte Rachid Al Houda et Idriss Souabni, un pionnier de l'art du madih, en reconnaissance de leurs contributions à la préservation et à la promotion du patrimoine culturel national.

Organisée en partenariat notamment avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le Conseil communal de Marrakech et le Conseil de la région Marrakech-Safi, la 14ème édition de la Zahria de Marrakech propose un programme d’activités culturelles riche et itinérant, qui comprend des ateliers de démonstration du cérémonial de distillation dans des établissements scolaires et des lieux emblématiques de la ville, tels que Dar Cherifa, les Jardins de la Médina, la place Jamaa El Fna et le Musée Farid Belkahia, ainsi que des rencontres littéraires, une conférence sur la mise en œuvre de la nouvelle loi relative à la protection du patrimoine au Maroc et des concerts artistiques.

A noter que la "Zahria de Marrakech" est inscrite, depuis 2022, sur les listes de l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO) en tant que patrimoine culturel du monde islamique.


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