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La reconversion des auto-entrepreneurs, une alternative face à la crise

Changer de cap et de domaine d’activité dans un contexte de crise





Difficile d’imaginer qu’il y a quelques mois, cette parapharmacie située dans un quartier très prisé à Rabat, était une crêperie, qui portait tous les espoirs de sa propriétaire Chaimae, une jeune auto-entrepreneuse. Asphyxiée par les charges, Chaimae a confié dans une déclaration à la MAP, qu’elle a fini par renoncer à son projet de crêperie, 3 ans après son lancement, et l’a transformé en une parapharmacie, malgré avoir mis tout son cœur et ses économies dans son commerce qu’elle projetait d’accroître et de développer dans d’autres villes. “A défaut de sombrer dans plus de dettes, j’ai dû revoir mon business model, me séparer de mon personnel et réfléchir à une autre alternative pour sauver mon business”, a-t-elle affirmé, en se disant, quoique le cœur lourd, satisfaite de ce choix et de sa nouvelle vocation, qui est plus florissante, grâce à la vente en ligne.

A l’image de Chaimae, ce sont de nombreux auto-entrepreneurs qui, laminés par la crise, ont décidé de changer de cap et de domaine d’activité dans un contexte de crise où l’économie était quasiment à l’arrêt pendant plusieurs mois, et où de nombreuses entreprises et emplois se trouvent aujourd’hui menacés. “Les opérateurs économiques, moins nantis, tels que les auto-entrepreneurs ont dû faire face à des confinements successifs, des couvre-feux et autres restrictions de déplacement, résultant dans des activités florissantes qui ont été stoppées d’un coup ou grandement atténuées”, a expliqué dans une déclaration à la MAP, le président de l’Union des auto-entrepreneurs, Zakaria Fahim, notant que pour s’en sortir et survivre, un nombre conséquent d’auto-entrepreneurs ont dû se reconvertir. En parallèle, la pandémie de Covid-19 a donné un coup de fouet à l’innovation frugale, a-t-il fait observer, ajoutant que certaines entités ont profité du télétravail, du e-commerce pour se développer, alors que d’autres ont créé de nouvelles solutions pour satisfaire les nouvelles demandes du marché, notamment dans le domaine de la confection de masques et autres instruments utiles au respect des mesures barrières.

Il a toutefois souligné la nécessité pour les auto-entrepreneurs de percevoir un minimum d’accompagnement, “vu que leurs réserves se sont vite épuisées durant la crise”, relevant que l’Etat a su prendre le taureau par les cornes en distribuant de l’aide directe non seulement aux ménages, mais également aux entreprises dont des TPE, à hauteur de 72% du total des aides, au profit des auto-entrepreneurs. Ce soutien a permis de compenser 77% des pertes dans le secteur primaire, a-t-il noté, tout en mettant en avant les diverses mesures prises par le gouvernement, notamment les mesures en faveur du chômage partiel, la suspension du remboursement des crédits, outre les mesures concernant le report des déclarations fiscales et dédiées aux aides directes. Parmi les voies d’accompagnement qui s’offrent aux auto-entrepreneurs qui décident de franchir le pas et de changer de domaine d’activité en pleine crise, M. Fahim a mis l’accent sur le programme Intelaka, ainsi que sur le programme de financement StartTPE, à travers lequel la Caisse centrale de garantie (CCG) met à la disposition de l’auto-entrepreneur un prêt d’honneur, destiné à financer des besoins en fonds de roulement liés à des crédits bancaires à moyen et long termes, sous des conditions.

A cela s’ajoute le mécanisme de garantie pour les crédits bancaires en faveur des auto-entrepreneurs, lancé également par la CCG et baptisé Garantie auto-entrepreneurs Covid-19, et qui permet de couvrir 85% du crédit en principal, a fait savoir le président de l’Union des auto-entrepreneurs. A l’échelle de l’Union, M. Fahim a annoncé le lancement prochain d’une plateforme digitale dédiée aux auto-entrepreneurs, qui leur permet d’accélérer leur transformation digitale tout en leur fournissant des éléments digitaux essentiels à leur développement. Cette plateforme permet également à ses adhérents de capter des appels d’offres ainsi que leur donner accès à des formations, at-il précisé, soulignant à cet égard l’importance du financement pour les auto-entrepreneurs, particulièrement du financement alternatif, à l’exemple du crowdfunding, qui permet de libérer les énergies et d’accompagner des projets de différentes envergures.

Libé
Vendredi 5 Février 2021

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