La promotion du rôle civilisationnel de la langue arabe en Afrique en débat à Rabat

Samedi 2 Mai 2026

La promotion du rôle civilisationnel et de développement de la langue arabe en Afrique a été au centre du 8e Congrès national de la langue arabe, dont les travaux ont débuté mercredi à Rabat.

Organisé par le Collectif national pour la langue arabe sur deux jours sous le thème "La langue arabe en Afrique : réalités et enjeux", ce Congrès planche sur les moyens de renforcer la présence de l’arabe dans la vie sociale et publique au sein de l’espace africain ainsi que de promouvoir son rôle en tant que vecteur de communication civilisationnelle entre le continent et le monde arabo-islamique.

Le Congrès met à l’honneur l’expérience du Tchad, invité d’honneur représenté par une délégation officielle, en matière de consolidation de l’usage de la langue arabe dans l’administration, l’éducation et d’autres secteurs, en reconnaissance de l’intérêt officiel et populaire porté à la langue arabe dans ce pays.

A cette occasion, le président du Collectif national pour la langue arabe, Fouad Bouali, a indiqué que le choix de l’Afrique comme espace de réflexion et de dialogue autour de la question linguistique découle du fait que l’arabe constitue une langue d’appartenance spirituelle et culturelle profondément enracinée, ayant contribué à préserver la mémoire collective et le patrimoine commun africain.

La langue est indissociable de l’identité et du positionnement civilisationnel, d'où la nécessité de la promotion comme levier pour consacrer les valeurs du progrès, a-t-il ajouté, notant que cet événement est l'occasion de plaider en faveur de la langue arabe et de renforcer sa présence, fédérant des acteurs aux référentiels divers.
M. Bouali a, par ailleurs, salué la large diffusion de la langue arabe sur le continent africain, appelant à conjuguer les efforts pour relever des défis complexes liés au système éducatif, à la présence dans les médias et à l’adaptation aux évolutions technologiques.

De son côté, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a mis en avant la forte présence de la langue arabe dans les programmes de coopération bilatérale du Maroc ainsi que dans le cadre plus global de sa vision de la coopération Sud-Sud, évoquant à cet égard le rôle de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains en tant qu’initiative singulière érigeant cette langue en outil de transmission du savoir religieux et d’unification des références scientifiques.

M. Baraka a également précisé que la promotion de l’arabe est au cœur de l’expérience marocaine en matière de formation du capital humain africain, notamment à travers les échanges de visites de délégations scientifiques et d’expertises, contribuant à renforcer la place de la langue arabe dans l’espace universitaire africain.

Le ministre a, en outre, souligné la nécessité d’accompagner les évolutions technologiques, qui interrogent la vitalité des langues et intensifient la concurrence linguistique à l’échelle mondiale, à travers le développement de contenus culturels produits en arabe.
Pour sa part, le ministre délégué chargé de la Décentralisation au Tchad, Ahmed Omar Ahmed, a salué les relations de coopération maroco-tchadiennes, notamment dans le domaine de la formation des magistrats, ce qui a renforcé la présence de l’arabe dans ce secteur, à l’instar de l’éducation et des médias.

Il a aussi affirmé que cette coopération s’inscrit dans la continuité des relations scientifiques séculaires qui remontent à l’époque des Almohades, passant en revue les étapes franchies par son pays pour constitutionnaliser la langue arabe et rendre son enseignement obligatoire, en cohérence avec son enracinement historique depuis les anciens royaumes tchadiens.

La séance d’ouverture du Congrès a également été marquée par un hommage à plusieurs personnalités pour leur contribution remarquable au rayonnement de la langue arabe dans divers domaines, notamment la République du Tchad dans la catégorie "initiatives pionnières", l’écrivain et universitaire Khalil Nahwi, président du Conseil de la langue arabe en Mauritanie (personnalité de l’année), ainsi que les journalistes Ahmed Fall Eddine (Mauritanie) et Majdouline Benchrif (Maroc).

Le Congrès est organisé en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication (Département de la Culture), l’Académie du Royaume du Maroc, l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO), l’Université africaine internationale au Soudan, le Conseil supérieur de la langue arabe en Afrique (Tchad) et la Fondation Allal El Fassi.
 

Libé

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