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La proclamation de l'état d'alerte, une situation inédite dans l'histoire du pays




La crise économique a continué de peser de tout son poids sur l'Espagne en 2010, mais le bras de fer entre l'Etat et les contrôleurs aériens a constitué, sans nul doute, une actualité marquante de l'année surtout qu'il a eu comme conséquence la proclamation en décembre de «l'état d'alerte», une situation inédite dans l'histoire de la jeune démocratie espagnole.
La grève sans préavis observée début décembre par les aiguilleurs du ciel espagnols qui a poussé l'exécutif socialiste à décréter «l'état d'alerte» a créé ainsi un antécédent, dans la mesure où le gouvernement a eu recours à une mesure extrême: confier le contrôle de l'espace aérien du pays aux militaires pour faire face au chaos provoqué par ce mouvement de protestation.
La proclamation de «l'état d'alerte», pour la première fois dans l'histoire récente de l'Espagne avait pour objectif, selon le gouvernement, d'assurer le bon fonctionnement du transport aérien notamment en perspective des fêtes de fin d'année.
Mais il n'en demeure pas moins que cette décision a été fortement critiquée par des milieux politiques et juridiques en Espagne, pour être considérée comme «injustifiée et infondée juridiquement», surtout que «l'état d'alerte» a été prolongé jusqu'au 15 janvier prochain.
Le principal parti de l'opposition, le Parti Populaire (PP-Droite) a estimé que «l'état d'alerte» ne doit pas être considéré par le gouvernement socialiste comme «l'unique solution» à la crise provoquée par les aiguilleurs du ciel, alors que des juristes ont remis en question la légalité même de cette mesure.
La dernière grève en date des contrôleurs aériens n'a été que la goute d'eau qui a fait déborder le vase, puisque les protestations de ces contrôleurs ont été fréquentes depuis fin 2009 avec l'arrivée à la tête du ministère de l'Equipement de José Blanco, le ministre qui a voulu finir avec «les privilèges et avantages» de ces professionnels de l'aviation civile dont le salaire annuel pouvait dépasser plusieurs centaines de milliers d'euros.
Les contrôleurs aériens gagnaient en moyenne 334.000 euros par an en 2009, «plus du double du salaire des contrôleurs allemands et presque le triple des britanniques», avait souligné Blanco, rappelant que ce salaire moyen était passé à 200.000 euros par an en 2010 sous l'effet des mesures prises par le gouvernement. La situation a été débloquée du point de vue technique, l'espace aérien espagnol étant rouvert et les contrôleurs aériens de nouveau dans leurs postes de travail. Ceci dit, le volet social n'a pas encore été résolu.
AENA, l'Agence chargée de la gestion des aéroports espagnols, et l'Union syndicale de contrôleurs aériens (USCA) ont décidé cette semaine d'intensifier leurs négociations pour parvenir à une solution pour ce conflit, mais rien n'est garanti surtout que les deux parties ne se sont pas encore mises d'accord sur la base de la reprise des négociations.
Outre la crise économique qui frappe de plein fouet l'Espagne depuis 2008, le gouvernement s'est retrouvé confronté en 2010 à une crise d'un autre genre dont les conséquences ne font qu'empirer la situation du point de vue économique : la dernière grève observée par les contrôleurs au début de décembre pourrait coûter 400 millions d'euros au secteur touristique.
Le prolongement jusqu'au 15 janvier prochain de «l'état d'alerte» est un signe fort du fait que le gouvernement espagnol n'est pas encore rassuré quant à la possibilité d'une autre grève qui risquerait de paralyser encore une fois le pays.
La crise des contrôleurs aériens en Espagne ressemble ainsi à un feuilleton dont le dernier épisode n'a pas encore été écrit.

MAP
Mardi 28 Décembre 2010

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