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La musique live ressuscite à Londres, sous une forme immersive




Arborant de longs becs noirs évoquant l’époque de la peste, quatre hommes portent un cercueil surmonté de l’inscription “Musique” le long de la Tamise. La pandémie a-t-elle sonné le glas de la vie nocturne à Londres? Un spectacle veut prouver l’inverse. Le silence entourant cet enterrement symbolique, qui laisse les passants interloqués, est bientôt interrompu par une joyeuse fanfare: direction “Lockdown town” (“ville confinée”), du nom d’un spectacle immersif organisé dans des tunnels proches de la gare Waterloo. Tandis que la plupart des salles de spectacle du West end, le quartier des théâtres londonien, sont fermées depuis mars en raison de la situation sanitaire, menuisiers, musiciens et ingénieurs du son s’activent dans les énormes salles voutées qui ont jadis servi de parking, pour achever les derniers préparatifs. Débutant le 2 octobre, “Lockdown town” se veut une promenade musicale dans l’Amérique des années 1950 à 1920. Par groupes de quatre personnes, les spectateurs, masqués et dont la température aura été prise à l’entrée, remonteront le temps, passant d’un concert à un autre au gré de leur déambulation. Intégré au spectacle, un personnage muni d’une canne a pour tâche de veiller au respect des consignes. Le nombre de spectateurs a aussi été réduit drastiquement à 360 maximum par soirée, contre 500 à 700 initialement envisagé. Le gouvernement a limité à six personnes les rassemblements, à l’extérieur comme à l’intérieur, afin de limiter la propagation de la pandémie de nouveau coronavirus, qui a fait plus de 41.600 morts au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe. Pour les organisateurs, l’enjeu est de “s’assurer que les gens suivent les règles mais aussi que le public se sente en sécurité et puisse s’amuser”, explique à l’AFP Joanna Penso, responsable de production. Pour le moment, le public a été réceptif et plusieurs dates du spectacle, organisé jusque fin décembre, affichent complet. “Je pense que le public a vraiment envie de voir quelque chose en ce moment. Moi même je brûle d’envie de voir un spectacle, d’aller danser, d’entendre de la musique live, c’est quelque chose qui nous a tous manqués”, relève Joanna Penso. Le spectacle emploiera plus de 300 musiciens pendant les trois mois de spectacle. “Nous ne sommes qu’un petit morceau d’un énorme puzzle”, reconnaît Kerri McLean, directrice de “Lockdown town”. “Mais on a le sentiment de donner une opportunité et un encouragement à toutes ces personnes talentueuses qui n’ont pas eu un seul concert en sept mois et n’en ont aucun prévu à part celui-là”. 

Libé
Lundi 21 Septembre 2020

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