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La majorité des entrepreneurs utilisent des technologies datant de moins d’un an

10,8% de la population adulte a créé une affaire en 2016 dans la région MENA, selon le rapport GEM




 Une large majorité des entrepreneurs marocains utiliseraient une technologie datant de moins d’un an, a révélé une nouvelle étude de Global Entrepreneurship Monitor (GEM), une joint-venture créée en 1999 par le Babson College et la London Business School.
En effet, s’il a été constaté un usage intensif des nouvelles technologies, l’étude a aussi montré que pratiquement 75% des entrepreneurs utilisaient une technologie datant de moins d’un an.
L’autre enseignement de ce rapport, publié avec le concours du Smith College, de la Korea Entreprenership Foundation, du Technologico de Monterrey, de l’Univeritad Del Desarrollo et de l’Universiti Tun Abdul Razak, c’est que le Maroc détient le taux de créateurs d’entreprise (TEA) le plus bas de la région, soit 5,6%, avec celui des Emirats arabes unis ( 5,7%).
Un taux bien inférieur à la moitié de la moyenne de la région et loin des 21,2% relevés au Liban (3 fois la moyenne régionale) où l’on dénombre trois créateurs d’entreprise pour une défaillance, d’après le rapport qui se base sur des données couvrant la période 2015-2016.
Ou encore de celui de l’Arabie Saoudite qui est cinq fois plus élevé que le niveau des entreprises établies. Ce qui, a toutefois précisé le rapport, laisse supposer un taux élevé de défaillances des jeunes entreprises.
A ce propos, le rapport de GEM a montré qu’il existe un écart significatif entre les intentions et le passage à l’acte en matière de création d’entreprise, indiquant que le TEA est inférieur de près de 70% au taux des intentions de création d’entreprise.
A en croire les auteurs dudit rapport, seulement 10,8% de la population d’âge adulte aurait créé une affaire en 2016.
Pour Ayman Ismail, responsable de l’étude et en charge de la chaire d’entrepreneuriat à la Business school de l’Université américaine du Caire, « l’écart très important entre le désir de création d’entreprise et la matérialisation de ce désir constitue un vrai sujet de préoccupation ».
Il a soutenu que « le taux de défaillance anormalement élevé dans les 3 premières années est le marqueur des carences de l’aide apportée aux créateurs dans la région et du besoin urgent de mesures appropriées ».
L’enquête a également révélé que les trois quarts des personnes interrogées dans la région MENA sont « favorables à la création d’entreprise en tant que choix de carrière et 38% des individus émettent le souhait de créer leur propre business, ce qui est supérieur à ce que l’on observe dans les autres régions du monde ».
Comme cela a été relevé dans le rapport, notons aussi que « la région MENA présente la proportion la plus faible de chefs d’entreprise (6,8%) et le plus fort taux de défaillances d’entreprises (6,2%) par comparaison avec les autres régions du monde. Pour chaque échec, on compte seulement 1,7 création d’entreprise alors que la moyenne mondiale affiche un ratio de
1pour 3 ».
Parmi les problèmes identifiés par l’étude, il a été constaté que les pays de la région rencontrent pratiquement tous les mêmes problèmes en matière de création d’emplois, de niveau de formation et de difficultés d’accès à la technologie (en particulier chez les femmes) et que le taux de défaillances d’entreprises reste alarmant.
Soulignons que l’étude, qui a porté sur les moyens de booster l’entrepreneuriat dans les pays de la région MENA, apporte un éclairage sur la situation actuelle de l’entrepreneuriat et ses évolutions dans huit pays de cette partie du monde. A savoir : le Maroc, l’Egypte, l’Iran, la Jordanie, le Liban, le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis.
Bien que la Tunisie n’ait pas participé à l’enquête réalisée en 2016,  les auteurs dudit rapport ont indiqué avoir pris en compte les données statistiques disponibles pour 2015.
Par ailleurs, le rapport GEM sur la région MENA « analyse les besoins et les difficultés rencontrées par les entrepreneurs de façon à éclairer les dirigeants politiques sur les mesures à prendre sur des bases objectives », ont souligné les auteurs.
Le Global Entrepreneurship Monitor s’est progressivement imposé comme l’observatoire global de l’entrepreneuriat dans le monde grâce à la collaboration d’un consortium d’équipes nationales de chercheurs universitaires dans différents pays.

Alain Bouithy
Mercredi 29 Novembre 2017

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