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«Le gouvernement doit s’occuper de l’action des associations. Nous sommes au gouvernement pour remettre de l’ordre dans la société civile. Il existe près de 100.000 ONG dans le pays et seules 103 d’entre elles bénéficient du statut d’utilité. Les choses vont changer avec le dialogue national sur la société civile que nous avons lancé». Le ministre islamiste en charge du Parlement et de la société civile jubile devant son auditoire. Ce vendredi soir, les membres d’une association qui s’occupe de veuves et d’orphelins sont réunis dans le cadre de son bilan annuel. Il faut faire le point sur les réalisations –couffins remplis, micro-projets pour l’autonomisation des femmes, scolarisation et cours de soutien pour les enfants, prise en charge médicale…- et se projeter dans l’avenir avec tout ce qui reste à faire. L’association est organisée en réseau. Médecins, pharmaciens, professeurs, assistantes sociales sont autant de bénévoles qui viennent prêter main forte. Une aubaine pour le ministre PJD Choubani qui n’est pas venu seul ce soir-là. Le ministre délégué au Budget, Driss Azami El Idrissi, était aussi là, en renfort. Le tout nouveau directeur de l’entraide nationale qui dépend du ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, un portefeuille qu’occupe une autre islamiste, figure du PJD, Bassima Haqqaoui, était là aussi pour annoncer une promesse de local plus grand aux promoteurs de l’association.
Les deux ministres entrent en scène, prennent la parole, l’un après l’autre. Le discours est d’abord religieux. Ce ne sont pas des responsables gouvernementaux qui parlent devant un public composé majoritairement de femmes mais des théologiens, des fqihs qui font de la dawa’a et du prosélytisme et prêchent en utilisant outrageusement leurs responsabilités gouvernementales, Les références sont d’abord religieuses. Les deux dirigeants du PJD évoquent les portes du paradis, le statut de l’orphelin dans le Coran et la tradition du Prophète, la solidarité en Islam. Les deux ministres citent des versets du Livre saint pour renforcer leurs propos, un peu comme s’ils tenaient leur légitimité de l’Islam et non pas des urnes, de la méthodologie démocratique, des dispositions de la nouvelle Constitution.
Les deux ministres promettent en plus du paradis à ces femmes et hommes de bien, bénévoles de cette association dédiée au social, les prochains fruits de l’action du gouvernement Benkirane. « Nous sommes là pour régler les problèmes, redistribuer de manière plus juste, lutter contre la pauvreté, rendre justice aux Marocains ! Nous sommes là pour soutenir une association comme la vôtre», affirme un Choubani en campagne. « Nous sommes là pour aider les orphelins qui sont proches du Prophète », renchérit le ministre délégué au Budget, décidément loin, très loin des contraintes et du déficit budgétaire, des lignes de crédit, des inquiétudes du FMI. La machine de la récupération politique était soudain en marche. Plus rien ne pouvait l’arrêter, sinon l’appel à la prière d’Al Maghrib que les deux hommes se sont empressés d’aller accomplir sitôt leurs discours terminés. Ce vendredi soir, ces deux figures du parti des islamistes au pouvoir ont donné à voir l’étendue de leur savoir-faire en matière d’entrisme, de phagocytage, d’instrumentalisation de la religion. La présentation du bilan des actions de l’association dont les deux ministres étaient les convives a été reléguée loin derrière. L’événement, c’était eux, leur présence, leurs discours truffés de références religieuses. Modestes, ils resteront jusqu’au dîner pour goûter aux plats préparés par ces veuves sorties de la détresse. L’on en saura un peu plus, ce soir-là, sur les méthodes du PJD et de ses ouailles qui a fait du réseautage sa spécialité. A l’évidence, ils avaient réussi à se faire des adeptes dans le réseau de cette association. A cette rencontre organisée par cette association qui a pignon sur rue à Rabat, MM. Choubani et Azami El Idrissi ne se sont pas comportés en responsables gouvernementaux et encore moins en hommes politiques. Ils se sont faits aussi et surtout prêcheurs. Dans leur quête du paradis, ils étaient à l’évidence à la pêche aux voix. Et il faut sérieusement s’en inquiéter.
Les deux ministres entrent en scène, prennent la parole, l’un après l’autre. Le discours est d’abord religieux. Ce ne sont pas des responsables gouvernementaux qui parlent devant un public composé majoritairement de femmes mais des théologiens, des fqihs qui font de la dawa’a et du prosélytisme et prêchent en utilisant outrageusement leurs responsabilités gouvernementales, Les références sont d’abord religieuses. Les deux dirigeants du PJD évoquent les portes du paradis, le statut de l’orphelin dans le Coran et la tradition du Prophète, la solidarité en Islam. Les deux ministres citent des versets du Livre saint pour renforcer leurs propos, un peu comme s’ils tenaient leur légitimité de l’Islam et non pas des urnes, de la méthodologie démocratique, des dispositions de la nouvelle Constitution.
Les deux ministres promettent en plus du paradis à ces femmes et hommes de bien, bénévoles de cette association dédiée au social, les prochains fruits de l’action du gouvernement Benkirane. « Nous sommes là pour régler les problèmes, redistribuer de manière plus juste, lutter contre la pauvreté, rendre justice aux Marocains ! Nous sommes là pour soutenir une association comme la vôtre», affirme un Choubani en campagne. « Nous sommes là pour aider les orphelins qui sont proches du Prophète », renchérit le ministre délégué au Budget, décidément loin, très loin des contraintes et du déficit budgétaire, des lignes de crédit, des inquiétudes du FMI. La machine de la récupération politique était soudain en marche. Plus rien ne pouvait l’arrêter, sinon l’appel à la prière d’Al Maghrib que les deux hommes se sont empressés d’aller accomplir sitôt leurs discours terminés. Ce vendredi soir, ces deux figures du parti des islamistes au pouvoir ont donné à voir l’étendue de leur savoir-faire en matière d’entrisme, de phagocytage, d’instrumentalisation de la religion. La présentation du bilan des actions de l’association dont les deux ministres étaient les convives a été reléguée loin derrière. L’événement, c’était eux, leur présence, leurs discours truffés de références religieuses. Modestes, ils resteront jusqu’au dîner pour goûter aux plats préparés par ces veuves sorties de la détresse. L’on en saura un peu plus, ce soir-là, sur les méthodes du PJD et de ses ouailles qui a fait du réseautage sa spécialité. A l’évidence, ils avaient réussi à se faire des adeptes dans le réseau de cette association. A cette rencontre organisée par cette association qui a pignon sur rue à Rabat, MM. Choubani et Azami El Idrissi ne se sont pas comportés en responsables gouvernementaux et encore moins en hommes politiques. Ils se sont faits aussi et surtout prêcheurs. Dans leur quête du paradis, ils étaient à l’évidence à la pêche aux voix. Et il faut sérieusement s’en inquiéter.