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La loi du marché fait la loi

Pour le vaccin Covid-19, priorité aux plus offrants



Au Maroc, on est toujours dans l'expectative

La campagne de vaccination contre la Covid-19 ne débutera pas cette semaine au Maroc comme cela a été annoncé récemment. En effet, l’opération de livraison du vaccin AstraZeneca, qui devait être acheminé au Maroc la fin de la semaine dernière depuis l’Inde, a été reportée sine die. Aucune explication officielle n’a été fournie jusqu’à présent par le ministère de la Santé, sachant que les responsables marocains ont déjà annoncé, à maintes reprises, des dates pour le commencement de la campagne de vaccination, mais elles n’ont pas été respectées. Certains observateurs lient le report de la livraison de vendredi dernier à la grande campagne lancée par ce pays asiatique pour vacciner 300 millions de personnes. D’autres considèrent que la raison principale réside dans la forte pression mondiale sur les vaccins due au décalage entre l'offre et la capacité de fabrication très limitée. Ceux qui ont payé le prix fort ont été servis en premier, le meilleur exemple à ce propos est Israël sans oublier les pays du Golfe. Le contre-exemple vient, paradoxalement, de l’Union européenne qui a négocié non pas par pays, mais en tant qu’EU allant même jusqu’à user d’une certaine pression pour être servie au meilleur tarif. Le résultat est aujourd’hui à l’opposé de ses desseins, avec des retards dans la livraison et des quantités qui ne répondent nullement à ses besoins. Dans la course qui fait rage au niveau mondial pour s’assurer des doses de vaccins, il semble que l’Afrique soit le parent pauvre. En effet, une carte réalisée par CNN, redessinée par nos confrères de Média 24, montre clairement les disparités entre le Nord et le Sud. « De nombreux pays sont laissés pour compte. Et ces pays sont quasiment tous du Sud : le continent africain, l'Amérique latine, le Moyen-Orient, l'Asie centrale et du Sud-Est... Avec des exceptions évidemment, comme les riches pays du Golfe », a précisé Média24. En décembre dernier, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine (UA), a plaidé pour que l’Afrique figure parmi les premiers bénéficiaires des vaccins contre la pandémie. « Il ne faut pas que ceux qui ont les moyens monopolisent les vaccins. Il faut que l’Afrique soit également comprise parmi ceux qui vont bénéficier dès les premiers instants de ces vaccins », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « Il faut d’abord que des moyens soient disponibles pour acheter ces vaccins car ils ne sont pas gratuits ». L’OMS, qui devrait garantir l’accès équitable aux vaccins entre les pays du monde entier par le biais du mécanisme Covax, semble incapable de freiner cette course effrénée aux vaccins. D’où le cri d’alarme lancé hier par le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l'ouverture d'une réunion du conseil exécutif de l'organisation onusienne à Genève dont la teneur a été relayée par l’AFP. Il a, en effet, mis en garde contre le fait que le monde ferait face à un «échec moral catastrophique» si les pays riches accaparaient les vaccins contre la Covid-19 au détriment des pays pauvres. « Je dois être franc. Le monde est au bord d'un échec moral catastrophique, et le prix de cet échec sera payé par les vies et les moyens de subsistance dans les pays les plus pauvres du monde", a-t-il affirmé, en fustigeant l'attitude «égoïste» des pays riches et des fabricants de vaccins qui recherchent l'approbation réglementaire dans les Etats riches plutôt que de soumettre leurs données à l'OMS en vue d’obtenir le feu vert à l'échelle mondiale pour l'utilisation du vaccin. Estimant que la promesse d'un accès équitable à travers le monde aux vaccins contre le coronavirus était maintenant compromise, le chef de l'OMS a souligné que 39 millions de doses du vaccin contre le coronavirus avaient déjà été administrées dans au moins 49 pays riches. Dans le même temps, « seulement 25 doses ont été administrées dans un des pays au revenu le plus bas. Pas 25 millions, pas 25.000, juste 25 », a-t-il déploré. M. Tedros a estimé que même si certains pays se voulaient rassurants quant à un accès équitable aux vaccins, ils donnaient la priorité à leurs propres accords avec les fabricants, faisant grimper les prix et essayant de contourner les files d'attente. Il a indiqué que 44 accords avaient été conclus en 2020 entre ces pays et les fabricants, et au moins 12 ont été signés depuis le début de l'année. «La situation est aggravée par le fait que la plupart des fabricants ont donné la priorité à l'approbation réglementaire dans les pays riches où les bénéfices sont les plus élevés, plutôt que de soumettre des dossiers complets à l'OMS», a-t-il souligné. «Non seulement cette approche égoïste met en danger les plus pauvres et les plus vulnérables dans le monde, mais elle est également vouée à l'échec», a-t-il prévenu. «En fin de compte, ces actions ne feront que perdurer la pandémie et nos souffrances, les restrictions nécessaires pour la contenir, et les souffrances humaines et économiques », a regretté le directeur de l’OMS. 

T.M
Lundi 18 Janvier 2021

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