La création d’emplois durables passe par une accélération des réformes du marché du travail

Le FMI réitère ses recommandations


Alain Bouithy
Jeudi 26 Mars 2026

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« La création d’emplois durables reste une priorité urgente » au Maroc, a de nouveau insisté le Fonds monétaire international (FMI) qui appelle à accélérer les réformes du marché du travail pour stimuler l’emploi durable.

Cet objectif « requiert un secteur privé plus dynamique, des conditions de concurrence plus équitables entre entités publiques et privées ainsi que des réformes supplémentaires du marché du travail », a estimé l’institution financière internationale, à l’issue des consultations de 2026 au titre de l’article IV et de l’examen à mi-parcours de l’accord relatif à la ligne de crédit modulable accordée au Maroc.

L’institution de Bretton Woods réitère ainsi des recommandations qu’elle avait déjà adressées au terme de la mission conduite par Laura Jaramillo, du 29 janvier au 11 février au Maroc. Au terme de son séjour, l’équipe du FMI avait alors appelé à davantage de réformes liées au marché du travail, expliquant que les réformes, la gouvernance, le soutien ciblé et la modernisation des politiques de l’emploi sont les leviers clés pour stimuler l’emploi durable.

« Face à l’intensification des tensions géopolitiques et à l’incertitude mondiale, il est essentiel de maintenir des politiques macroéconomiques prudentes, de gérer avec rigueur les risques budgétaires et économiques, d’investir davantage dans le capital humain et de veiller à la mise en œuvre résolue des réformes structurelles pour stimuler une croissance inclusive et la création d’emplois », a réitéré, cette fois-ci,  Kenji Okamura, directeur général adjoint et président du conseil d’administration, à la suite des récentes délibérations du conseil d’administration.

Rappelons que le taux de chômage a atteint 13% au niveau national en 2025 et qu’il est resté plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%), selon le Haut-Commissariat au plan (HCP).

Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2025, l’organisme public ajoute que « le volume du sous-emploi est, de son côté, passé, durant la même période, de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural ».

D’après le HCP, le taux de sous-emploi a ainsi augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural.

Par ailleurs, l’institution avait également fait état de la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée au cours de cette période. « La part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s'est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8% », avait-elle souligné ajoutant que la durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois.

Dans un communiqué publié mardi 24 mars, le FMI a toutefois jugé « très favorables » les perspectives de croissance du Maroc compte tenu des « leviers intérieurs solides » sur lesquels elle repose.

A ce propos, sous réserve d’un retour à la normale de la production agricole et d’une poursuite des investissements dans les infrastructures avec une participation accrue du secteur privé, l’institution prévoit que « la croissance du PIB réel devrait s’établir à 4,4% pour 2026, 4,5% pour 2027 et 4% à moyen terme ».

S’agissant des perspectives de croissance à court terme, l’organisme international affirme qu’elles sont modérées par le conflit en cours au Moyen-Orient, indiquant toutefois que le Maroc subit les effets par le bouleversement des marchés mondiaux des produits de base et la baisse de la demande mondiale dans un contexte général plus incertain.

Bien qu’aujourd’hui peu élevée, le FMI s’attend à ce que l’inflation augmente temporairement en cours d’année, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie, avant de s’établir à 2% environ à moyen terme.

Aussi, compte tenu de la forte teneur en importations des investissements infrastructurels et du renchérissement des importations de produits de base, le déficit courant devrait se creuser modérément.

A noter que le niveau des réserves internationales devrait rester adéquat, assure l’organisme, précisant que «les déficits budgétaires globaux pour 2026 et à moyen terme sont compatibles avec une réduction progressive du ratio dette/PIB à 60,5 % d’ici 2031».

Alain Bouithy

Alain Bouithy
Jeudi 26 Mars 2026
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