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La corruption, cette grosse tare qui colle à notre pays

Transparency Maroc déplore une tendance à l’aggravation



La corruption, cette grosse tare qui colle à notre pays
La position du Maroc dans le classement de l’indice de perception de la corruption de Transparency international (IPC) inquiète les dirigeants de Transparency-Maroc. Dans un nouveau rapport de l’ONG, publié et présenté jeudi dernier lors d’une conférence de presse à Rabat, le classement du Royaume a chuté de six places avec un point en moins en 2020 par rapport à l’année 2019, enregistrant un score de 40 sur 100 et passant à la 86e place sur 180 pays.

Il convient de rappeler que l’IPC est basé sur différentes enquêtes effectuées par des agences internationales pour établir un score et un classement des pays sur une échelle de corruption et de déficit de la transparence. Les enquêtes annuelles de l’IPC sont centrées sur la situation de la corruption dans le secteur public. En 2020, il s’est appuyé sur 13 enquêtes et évaluations d’experts pour mesurer la corruption dans 180 pays en attribuant à chacun un score allant de 0 (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu).

D’après les données présentées lors de cette conférence de presse, «l’examen des scores du Maroc sur 9 années, depuis les changements méthodologiques intervenus en 2012, donne un score moyen de 38,9. Le maximum de 43 points a été enregistré en 2018 et le minimum de 36 points en 2015. Ces deux repères mis à part, les scores du Maroc fluctuent entre 37 et 40 sur 100. Cette situation se reflète dans le classement du Maroc qui varie entre la 73ème et la 90ème places durant cette période. Il a eu le même classement en 2012 qu’en 2020 et il a perdu 6 places en 1 an».

Selon Transparency Maroc, le suivi de la situation de l’IPC sur une période relativement longue montre que «le Maroc persiste à occuper une place qui peut être considérée comme une zone de corruption chronique et que sur les 4 dernières années, on est dans une tendance à l’aggravation ce qui est corroboré par les résultats d’autres enquêtes (comme le baromètre mondial de la corruption)», ajoutant que cela serait dû à « l’absence de la part de l’Etat de signes et d’une volonté de lutter sérieusement contre la corruption». En ce sens, l’ONG a considéré qu’il faut saisir l’occasion de l’élaboration d’un nouveau modèle de développement pour se pencher «sérieusement sur la lutte contre la corruption et l’éradication des fondements de l’économie de la rente qui gangrènent l’économie marocaine».

Et pour sortir de cette «corruption endémique», Transparency Maroc a appelé à mettre en œuvre de manière effective la stratégie nationale de lutte contre la corruption, à faire aboutir la loi de l’instance nationale de probité et de lutte contre la corruption -bloquée depuis un certain temps- en lui assurant l’indépendance, les moyens et les possibilités d’investigation, à adopter une loi sur le conflit d’intérêts et à la mettre en œuvre pour stopper la manifestation des conflits d’intérêts notamment au niveau des marchés publics, à réviser la loi et à assurer une protection effective des témoins et des dénonciateurs de la corruption ainsi qu’à réformer les lois sur la déclaration du patrimoine (ciblage, déclaration publique des hauts responsables) et à les mettre en œuvre. Concernant la position du Maroc dans cet indice par rapport aux autres pays arabes, le rapport a souligné que les EAU sont le pays arabe le mieux placé avec un score de 71 et la 21ème place. Le moins bien classé était la Syrie (178ème) avec un score de 13 sur 100, ajoutant que le Maroc a fait moins bien que la Tunisie (43), la Jordanie (48) et l’Arabie Saoudite, mais il est bien classé par rapport à d’autres pays comme l’Algérie (104ème place) ou l’Irak (160ème place). A propos du continent africain, l'Afrique du Sud se situe toujours parmi les pays les plus corrompus au monde et peine à améliorer son classement en matière de corruption.

Ce pays est resté en dessous de la barre des 50 points de l'IPC en réalisant un score de 44 sur 100 et occupe la 69ème place parmi les 180 pays recensés dans le monde. Réagissant à ces résultats, le directeur exécutif de Corruption Watch, David Lewis, a déclaré que l'incapacité de l'Afrique du Sud à dépasser la barre des 50 points de l'indice pendant près de 10 ans constitue une situation accablante qui montre l'étendue de la corruption et des dommages qu'elle a causés au pays. «La confiance du public dans le gouvernement s'est encore érodée pendant la pandémie de Covid-19, car un mépris flagrant des processus d’appels d'offres avait caractérisé l'achat d’équipements de protection individuelle, à un moment où toute la société devait travailler avec honnêteté», a-t-il déploré. Selon le même indice, les autres pays africains classés parmi les moins corrompus sont le Rwanda (49ème), Maurice (52ème), et la Namibie (57ème). Il convient de préciser que le Danemark et la Nouvelle-Zélande sont en tête de l’indice, avec 88 points. Par ailleurs, Transparency international a souligné dans son rapport que la pandémie de Covid-19 n'est pas seulement une crise sanitaire et économique, mais aussi une crise de corruption, avec d'innombrables vies perdues en raison de l'effet insidieux de ce fléau qui a sapé les efforts visant à mener une réponse mondiale juste et équitable.

le, la corruption représente une menace pour la vie et les moyens de subsistance des citoyens, surtout lorsqu’elle est associée à une urgence de santé publique. Une corrélation existe entre le niveau de corruption du secteur public et celui des investissements dans les soins de santé. A titre d’exemple, l’Uruguay, pays le mieux classé en Amérique latine (71 points), investit massivement dans les soins de santé et dispose d’un solide système de surveillance épidémiologique, qui a facilité sa lutte contre la Covid-19. Par contre, le Bangladesh, avec 26 points, investit peu dans les soins de santé tandis que la corruption s’est aggravée pendant la crise du Covid-19.

T.M

Libé
Dimanche 31 Janvier 2021

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