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La Tunisie marque les 7 ans de sa révolution sur fond de revendications sociales


La loi de Finances à l’origine des troubles



La Tunisie marque le septième anniversaire de la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali sur fond de manifestations réclamant le retrait d'une loi de Finances controversée qui a instauré des hausses des prix.
Depuis le début de l’année, la capitale à l’instar d’autres régions du pays, comme Sidi Bouzid, berceau du mouvement de contestation ayant chassé Ben Ali du pouvoir, a été le théâtre de violences éclatées suite à des mouvements de protestation contre la cherté de la vie.
Ces troubles surviennent sur fond de contestation de la cherté de la vie, en raison de répercussions de cette loi de Finances qui a engendré des hausses des prix de plusieurs produits, dans un contexte social difficile marqué notamment par un rebond de l'inflation (6,4% en glissement annuel) et une crise économique aiguë avec ses effets délétères sur les équilibres financiers.
Sept ans après la révolution, tous les gouvernorats connaissent de nouveaux troubles sociaux et la contestation semble s'étendre pour réclamer "travail, liberté, dignité, patrie", un slogan phare de la révolution.
Ces troubles ont fait un mort et une centaine de blessés parmi les forces de l’ordre qui ont procédé à l’interpellation de près de 800 personnes impliquées dans des actes de pillage et de saccages ayant émaillé ce mouvement.
Samedi, le président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) Massoud Romdhani a mis en garde contre la multiplication des mouvements sociaux et la montée des tensions en 2018, en raison de la crise sociale et la stagnation des indicateurs relatifs à l'emploi et au développement. 
Tout en soulignant l'urgence de traiter les dossiers sociaux en suspens pour faire avancer le processus démocratique, Romdhani a appelé le gouvernement actuel à être plus à l'écoute de la société civile qui est une force de proposition. 
Par ailleurs, Romdhani a indiqué que la hausse des prix et des taxes inscrites dans la loi de Finances de 2018 renforcera la colère des citoyens et attaquera directement leur pouvoir d'achat, alors que sept ans après la révolution, l'emploi des jeunes et le développement dans les régions intérieures défavorisées n'ont pas été réalisés à ce jour. 
D’autres personnalités et leaders des partis de gauche ont réclamé, la suspension de certains articles de la loi de Finances 2018 liés à l’augmentation des prix et d’élaborer une nouvelle loi de Finances complémentaire contenant des mesures urgentes en faveur du développement.
Dans une déclaration publiée à l’occasion de la commémoration du 7e anniversaire de "la Révolution de la liberté et de la dignité", le Parti socialiste, Al-Thawabet, le Parti de l’unité populaire, le Parti la Tunisie verte, le Parti populaire progressiste et le Parti du travail patriotique démocratique appellent le Président de la République, en sa qualité de garant de la Constitution et premier responsable de la bonne marche du pays, à inviter le gouvernement à suspendre l’application des articles en lien avec la hausse des produits.
"Cette augmentation des prix a ravivé les tensions et attisé la colère des catégories démunies et marginalisées", selon eux.
La solution à la crise en Tunisie, estiment-ils, ne réside pas dans la chute du gouvernement et la formation d’un autre, mais dans l’élaboration d’une feuille de route prenant en considération les besoins fondamentaux des citoyens et les causes de la révolution de décembre 2010/janvier 2011. 
Les signataires considèrent que tous les gouvernements successifs ont échoué à mettre en place un modèle de développement capable d’assurer la justice sociale, le développement durable et l'équilibre entre les régions, en tenant compte des indicateurs du développement et du principe de la discrimination positive, tel que stipulé dans la Constitution.
D’après eux, cet échec a empêché la mise en œuvre de réformes économiques radicales, entraînant ainsi un surendettement, la baisse de la production et favorisant la prolifération de la corruption et le crime organisé, malgré les efforts des institutions militaire et sécuritaire dans la lutte contre le terrorisme sous ses différentes formes.
Les signataires appellent à hâter la réalisation des grandes réformes qu’exige cette étape, à travers notamment l’octroi des subventions en faveur des bénéficiaires réels, la réforme du système de la sécurité sociale et de l’administration, ainsi que la mise en place d’une législation pour lutter contre la corruption. 
Ils lancent un appel au rassemblement de toute la gauche dans le but de lutter contre les projets libéraux, défendre la souveraineté nationale et éviter au pays de nouveaux échecs le "poussant vers l’inconnu".
Samedi, le gouvernement tunisien a annoncé  une batterie de mesures sociales après une semaine de contestation contre l'austérité émaillée de heurts, espérant ainsi calmer la colère d'une partie de la population.
Le plan d'action gouvernemental, qui doit toucher plus de 120.000 bénéficiaires, coûtera plus de 70 millions de dinars (23,5 millions d'euros), a indiqué à la presse le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi.
Il prévoit une aide à l'accès à la propriété pour les familles pauvres, des mesures visant à assurer "une couverture médicale pour tous", et une augmentation de l'allocation sociale en faveur des familles nécessiteuses, qui passera de 150 dinars (50 euros) à 180 et 210 dinars (60 et 70 euros) en fonction du nombre d'enfants, soit une augmentation d'au moins 20%.

Libé
Dimanche 14 Janvier 2018

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