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La Roumanie assommée par la quatrième vague de la pandémie


La Roumanie assommée par la quatrième vague de la pandémie
"Je suis arrivé en enfer": depuis son lit d'hôpital à Bucarest, Bogdan Gavanescu raconte son combat de deux mois contre le Covid-19, alors que la Roumanie, endeuillée par un nombre record de décès, traverse une "catastrophe".


Ce pays pauvre, un des moins vaccinés de l'UE, subit une virulente quatrième vague, qui contraste avec le recul des contaminations observé dans d'autres pays européens. "J'ai été intubé mais j'ai finalement été ramené à la vie", souffle à l'AFP ce chauffeur de taxi de 43 ans, qui "ne croyait pas" à l'existence du virus avant de le contracter.


Dans cet établissement de Bucarest, plein à "110%", les médecins s'affairent entre les lits alignés dans les couloirs. Moins chanceuse, une patiente est perfusée assise sur une chaise. "Si le flot actuel se maintient, dans un jour ou deux le système médical s'écroulera car nous n'avons déjà plus de place pour accueillir les malades", se désole le directeur Catalin Apostolescu.

 "C'est l'enfer dans les unités de soins intensifs à travers le pays et la situation ne fait qu'empirer", confirme Dorel Sandesc, chef de clinique au sein de l'hôpital départemental de Timisoara (ouest) et président de la Société roumaine d'anesthésie.


Devant plusieurs hôpitaux du pays, des ambulances attendent que des lits se libèrent, souvent à la suite du décès de leurs occupants, pour pouvoir débarquer les malades.

Jeudi, 14.457 nouveaux cas ont été recensés en 24 heures et 263 décès déplorés, après le record de 331 morts enregistré la veille. "Je crains que nous ne soyons déjà dans le scénario" italien, lâche le chef de la campagne de vaccination, Valeriu Gheorghita, en référence à la situation dramatique qu'avait traversée la Lombardie (nord) en mars 2020, lorsque les médecins devaient choisir qui soigner et qui laisser mourir.


Pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire, la Roumanie envisage de transférer des patients à l'étranger, entre 200 et 300. "C'est une catastrophe médicale", résume le chef du Département pour les situations d'urgence, Raed Arafat.


La pandémie s'ajoute aux maux de ce pays d'Europe centrale de 19 millions d'habitants, aux infrastructures hospitalières vétustes. La semaine dernière, l'incendie d'un hôpital a tué sept patients, troisième sinistre meurtrier en moins d'un an.


Proches du point de rupture, les hôpitaux sont contraints de suspendre toute hospitalisation et intervention chirurgicale "non urgentes", comme au début de la pandémie. "Une condamnation à mort" pour les malades chroniques, selon une association défendant leurs droits.


Si d'autres pays avaient fait en 2020 le même choix, ils sont aujourd'hui dans une situation bien meilleure grâce au succès de la campagne d'immunisation.


Les Roumains en revanche boudent les vaccins et moins d'un tiers de la population a reçu deux doses à ce jour, comparé à une moyenne de 65% dans l'Union européenne. "Un échec dont nous payons tous le prix", déplore le docteur Sandesc.


La méfiance envers le gouvernement, doublée du fort écho rencontré par les théories coronasceptiques circulant sur les réseaux sociaux, explique ce faible taux, selon les sociologues.


Seule la Bulgarie voisine fait moins bien (20%).
 Les experts accusent en outre les autorités d'avoir assoupli trop tôt les restrictions, dès juin. A l'époque, le président Klaus Iohannis avait crié victoire face à la pandémie.


Devant l'aggravation de la situation, le gouvernement a décidé d'instaurer en septembre un pass sanitaire (vaccin, tests négatifs ou certificat de guérison) à l'entrée des restaurants, concerts et évènements sportifs, mais cette mesure a suscité la colère de milliers de manifestants la semaine dernière.


Respirant avec difficulté, Lucia Draghici, âgée d'une cinquantaine d'années, confie sa "grande peur" de la vaccination, malgré les "complications" qu'elle endure à cause du virus.

Georgica Vieru, un prêtre orthodoxe de 53 ans, dit avoir "fait partie de ceux estimant que le vaccin n'est pas bon". "Mais après tout ce que j'ai vécu, je sais que c'était une erreur", confie-t-il, espérant rentrer bientôt chez lui après 29 jours passés à l'hôpital.
 

Libé
Vendredi 8 Octobre 2021

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