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Depuis sa création au milieu des années soixante-dix, la Jeunesse Ittihadie n’a jamais été un simple prolongement organique de l’Union socialiste des forces populaires. Elle s’est imposée comme une matrice politique à part entière, un espace de formation intellectuelle et militante où se sont forgées des générations de cadres, de syndicalistes, d’élus, mais aussi de citoyens exigeants, souvent critiques, toujours attentifs au sens de l’action publique. Revenir sur ces cinquante années, c’est relire en filigrane l’histoire du Maroc moderne, avec ses espoirs démocratiques, ses périodes de tension, ses avancées graduelles et ses désillusions parfois amères.
Le rassemblement de Bouznika, loin de se limiter à une célébration rituelle, a assumé d’emblée cette profondeur historique. Dès l’ouverture, le choix des thématiques a révélé une volonté claire de relier l’héritage aux défis contemporains. En consacrant un premier temps de réflexion au numérique et à la transformation des campagnes électorales, la Jeunesse Ittihadie a envoyé un message sans ambiguïté : l’engagement politique ne peut plus ignorer les mutations profondes des espaces de débat et d’influence. Le militantisme d’aujourd’hui se joue autant dans les amphithéâtres, les quartiers et les syndicats que dans les réseaux sociaux, ces nouveaux territoires où se façonnent les récits, se diffusent les idées et se livrent des batailles symboliques décisives.
Ce regard porté sur le présent n’était pas un exercice de mode, mais une prise de conscience stratégique. En investissant la réflexion sur le numérique avec sérieux et esprit critique, les jeunes Ittihadis ont affirmé leur refus de céder aux logiques de superficialité ou de manipulation. Ils ont rappelé que la modernité de l’engagement ne se mesure pas à la vitesse des messages, mais à leur cohérence, à leur éthique et à leur capacité à servir l’intérêt général.
La journée suivante a approfondi cette réflexion en la ramenant au cœur du jeu démocratique. Les échanges autour du rôle de la jeunesse dans les prochaines échéances électorales ont mis en lumière une conviction largement partagée : aucune trajectoire démocratique crédible ne peut se construire en marginalisant les jeunes, ou en les réduisant à un réservoir électoral passif. Au Maroc, la jeunesse concentre aujourd’hui les tensions sociales les plus vives, qu’il s’agisse de l’accès à l’emploi, de la qualité de l’éducation, de la mobilité sociale ou du sentiment d’appartenance civique. L’ignorer, c’est accepter l’idée d’un divorce durable entre institutions et société.
Dans ce contexte, la Jeunesse Ittihadie revendique un rôle qui dépasse largement la mobilisation ponctuelle. Elle se veut force de proposition, espace de structuration politique et école de responsabilité. Cette ambition s’inscrit dans une continuité historique. Depuis ses débuts, l’organisation a souvent été en avance sur son temps, en imposant dans le débat public des thématiques longtemps considérées comme périphériques, avant qu’elles ne deviennent centrales. L’éducation, les droits civiques, la participation politique, la justice sociale ou encore la culture ont trouvé, à travers elle, des porte-voix persistants et structurés.
La prise de parole de Driss Lachguar, Premier secrétaire de l’USFP, a donné à cette célébration une dimension supplémentaire. En rendant hommage aux générations successives de la Jeunesse Ittihadie, il a rappelé que l’histoire du parti est indissociable de celle de ses jeunes militants. Dans les moments d’adversité comme dans les phases de conquête politique, cette jeunesse a souvent constitué un rempart moral et une réserve d’idées. Elle a maintenu vivante une certaine idée du socialisme marocain, fondée sur la justice, la démocratie, l’intégrité et la primauté de l’intérêt national.
Le slogan choisi pour ce cinquantenaire résume avec justesse cette trajectoire. Etre fier du passé sans s’y enfermer, regarder l’avenir sans renier ses principes. Cette tension féconde entre fidélité et renouvellement traverse toute l’histoire de la Jeunesse Ittihadie. Elle explique sa capacité à durer, à se transformer sans se dissoudre, à évoluer sans perdre son identité.
Le programme déployé sur plusieurs jours confirme cette volonté de projection. Les débats engagés autour des élections de 2026, des obstacles juridiques à l’engagement des jeunes, de la crise de confiance entre citoyens et partis, ou encore des transformations économiques et sociales, témoignent d’une approche globale et exigeante. Il ne s’agit pas d’accumuler des diagnostics, mais de construire des repères idéologiques clairs dans un environnement politique marqué par l’instabilité des discours et la tentation du simplisme.
Relire cinquante ans de Jeunesse Ittihadie, c’est aussi reconnaître son rôle dans la préservation du lien national. A plusieurs reprises, elle a servi de passerelle entre les institutions politiques et une jeunesse en quête de sens. Elle a contribué à canaliser les frustrations vers des formes d’expression organisées, évitant que le désenchantement ne se transforme en rupture définitive avec la chose publique. Cette fonction, souvent invisible, n’en est pas moins essentielle dans un pays engagé dans une transition démocratique progressive.
À Bouznika, le message qui s’est dégagé dépasse largement le cadre partisan. Il affirme que la politique, malgré ses crises et ses imperfections, demeure un espace de responsabilité collective. Qu’elle ne peut être abandonnée aux slogans creux ou aux calculs à court terme. Et que la jeunesse, lorsqu’elle est formée, organisée et animée par des valeurs claires, reste l’une des forces les plus sûres pour porter un projet national ambitieux.
Ce cinquantième anniversaire n’est donc ni un point d’arrivée ni un simple hommage au passé. Il marque une étape. Une promesse renouvelée de poursuivre un combat qui, par définition, ne connaît pas de date de péremption. Car la justice sociale, la démocratie et la dignité ne vieillissent pas. Elles se transmettent, se réinventent et se défendent, génération après génération. C’est dans cette continuité exigeante que la Jeunesse Ittihadie entend inscrire les années à venir, forte de sa mémoire et résolument tournée vers l’avenir du Maroc.










