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La Ghouta orientale pilonnée sans répit

Catastrophe humanitaire à la ville de Douma




Le régime syrien poursuivait lundi son offensive sanglante entamée il y a trois semaines sur l'enclave rebelle de la Ghouta orientale, encore bombardée dimanche à coups de barils d'explosifs.
Soutenues par l'allié indéfectible russe, les forces du régime de Bachar al-Assad ont continué de progresser dans l'enclave rebelle où elles ont repris le secteur stratégique de Madira en dépit d'une forte résistance des rebelles, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Samedi, elles avaient réussi à isoler Douma, principale ville du dernier bastion rebelle aux portes de Damas, et à diviser l'enclave en trois, après 21 jours de bombardements intenses qui ont tué 1.139 civils dont 240 enfants, blessé plus de 4.400 personnes selon l'OSDH, et rendu la situation humanitaire insoutenable.
Profitant de l'impuissance de la communauté internationale et du soutien russe, le régime est déterminé à reconquérir cette région d'où des obus sont tirés régulièrement sur Damas. Dimanche, 4 civils ont été tués dans la capitale selon les médias officiels.
Dans la même journée, 23 civils ont été tués dans l'enclave rebelle, selon l'OSDH, notamment dans la localité de Harasta où l'aviation du régime a déversé bombes et barils d'explosifs en soirée.
La partie rebelle, où quelque 400.000 habitants subissent un siège asphyxiant depuis 2013, est désormais morcelée: Douma et sa périphérie au nord, Harasta à l'ouest et le reste des localités au sud.
Les forces prorégime progressant depuis l'est ont réussi à faire jonction avec celles positionnées à l'ouest de l'enclave, en particulier au niveau de la seule base militaire contrôlée par le pouvoir dans la Ghouta, appelée la "Direction des blindés", selon l'OSDH et la TV d'Etat.
Les bombardements touchent tout, sans répit dans la Ghouta orientale.
A Douma, un grand nombre de corps s'accumulent à la morgue en raison de l'impossibilité de les enterrer, le cimetière étant touché par les obus, selon un correspondant de l'AFP sur place. Dimanche, 17 dépouilles ont été, en outre, retirées des décombres dans cette ville, selon l'OSDH. Le conseil de la ville a indiqué lundi que Douma est confrontée à une catastrophe humanitaire sans précédent en raison de l'afflux de milliers de personnes fuyant la progression des forces gouvernementales et les bombardements incessants dans le reste de la Ghouta orientale.
Des odeurs nauséabondes se dégagent des bâtiments effondrés à cause des corps qui y sont ensevelis, selon un correspondant de l'AFP à Hammouriyé, une autre ville de l'enclave rebelle.
Dans plusieurs localités, "les équipes de secours ne parviennent pas à retirer" les corps des décombres, a indiqué l'OSDH. Des habitants de Misraba ont affirmé à l'ONG que les corps de 35 de leurs proches sont toujours sous les gravats deux jours après des bombardements.
Parallèlement aux bombardements, des négociations sur de possibles évacuations ont lieu avec des responsables de certaines localités de l'enclave rebelle.
Un comité constitué de responsables locaux a discuté samedi et dimanche avec des représentants du régime de la possible sortie "de ceux qui le souhaitent, civils ou rebelles, de Hammouriyé vers d'autres régions de Syrie sous contrôle des insurgés", selon un responsable.
Mais aucune décision n'a encore été annoncée.
Selon l'OSDH, les négociations portent sur de possibles évacuations de Hammouriyé, Saqba et Kfar Batna, dans le sud de l'enclave rebelle.
Mais les groupes insurgés ont eux répété qu'ils rejetaient toutes négociation et évacuation.
Après s'être emparées de la localité de Misraba samedi, les forces prorégime ont évacué 75 à 100 habitants de cette zone désormais désertée par ses résidents, a indiqué l'OSDH.
Alors que le régime syrien, malgré ses démentis, est accusé de recourir aux armes chimiques dans ses attaques contre les groupes rebelles en Syrie, les Etats-Unis ont répété leurs mises en garde dimanche.
"Nous avons été très clairs sur le fait qu'il serait très mal avisé (pour le régime syrien) d'utiliser des armes chimiques contre la population et les civils sur n'importe quel champ de bataille", a averti le secrétaire à la Défense Jim Mattis.
Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes. Il a fait plus de 340.000 morts.

Mardi 13 Mars 2018

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