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La Croatie peut se prévaloir de son riche patrimoine historique et archéologique

Journée d’étude sous le thème organisée par l’Académie du Royaume du Maroc et l’ambassade de Croatie




La Croatie peut se prévaloir de son riche patrimoine historique et archéologique, un atout indéniable pour toute l’Union européenne, a souligné mercredi à Rabat le vice-recteur de l’International Relations à la Catholic University de Croatie, Emilio Marin.
Lors d’une journée d’étude sous le thème “La Croatie comme horizon de pensée”, organisée à l’initiative conjointe de l’Académie du Royaume du Maroc et de l’ambassade de Croatie, le chercheur a mis en relief la richesse époustouflante du patrimoine historique, archéologique et architectural croate.
Dans sa présentation sous le thème “Salona et Narona, deux sites archéologiques ouverts sur la Méditerranée”, l’académicien a braqué les projecteurs sur diverses facettes de l’histoire du site de Narona, une ancienne colonie romaine située dans la vallée du fleuve Naro, qui suscite toujours la curiosité des spécialistes et des archéologues.
A partir des années 50, M. Marin souligne que la découverte sur le site de plusieurs fragments d’inscription, de statues, de murs et de sols de mosaïque laissent penser qu’il s’y trouvait à l’ère antique, un augusteum romain.
En effet, entre 1990 et 2000, l’expert alors directeur du Musée archéologique de Split, raconte avoir mené des fouilles intensives et extensives sur le site de Narona qui ont permis de dégager les remparts de la ville basse, la majeure partie du forum romain et une partie de la ville haute, notamment un portique contournant le téménos du temple situé en bordure du forum, ainsi que deux basiliques chrétiennes.
“Quant à la métropole de la Dalmatie romaine Salona, elle est bien connue des archéologues et historiens”, note le chercheur, soulignant que c’est une ville antique bordée des monts Kozjak et Mosor à travers lesquels coule la rivière Jadro.
Pour sa part, le chercheur à l’Old Church Slavonic Institute de Zagreb en Croatie, Milan Mihaljević, a focalisé son exposé sur le “plus ancien monument écrit croate datant du 12ème siècle”, avec un accent particulier sur la culture médiévale croate et l’écriture glagolitique qui est la plus ancienne écriture croate.
Le chercheur relève que cet alphabet, qui a été inventé au cours de la deuxième moitié du IXème siècle, provient du terme “glagolati” qui signifie littéralement “l’action de parler”. Une telle écriture a permis, selon lui, la traduction des textes religieux du latin vers le vieux croate pour l’évangélisation des populations.
Selon M. Mihaljević, aujourd’hui encore, cette langue suscite la curiosité et la fascination de plusieurs passionnés. Ainsi, plusieurs recherches, expositions et séminaires sont organisés pour débattre de cette langue ancienne et pourtant toujours aussi intrigante.
De son côté, l’historienne Tatjana Paić-Vukić a présenté une série de collections de manuscrits islamiques en Croatie, telles que “La collection orientale”, “La collection de la famille Muhibic”, ou encore “La collection Ottenfels”. L’historienne a dans ce sens mis en exergue la collection orientale qui, selon elle, est la plus riche et la plus importante.
Mme Paić-Vukić a également cité un manuscrit du Saint Coran, datant du 16ème siècle, dont l’origine demeure méconnue.
Au cours de cette rencontre, le chancelier de l’Académie du Royaume du Maroc Mohamed Kettani, a, au nom du secrétaire perpétuel Abdeljalil Lahjomri, souligné que cette initiative s’inscrit dans la nouvelle orientation de l’institution, à savoir l’ouverture sur les expériences de divers pays du monde et sur leurs cultures, comme ce fut le cas de la Chine, l’Inde et le Japon.
“Le patrimoine culturel est le moyen le plus efficace de comprendre l’autre”, a t-il relevé, soulignant que le Maroc demeure une porte ouverte vers l’Afrique, la Méditerranée et l’Atlantique.
A cet égard, M. Lahjomri n’a pas omis de rappeler la visite officielle dans le Royaume de la vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes de la République de Croatie, Marija Pejčinović Burić, du 7 au 9 février 2019, illustrant les relations solides d’amitié entre les deux pays.
Il a, par ailleurs, mis en évidence les réalisations croates dans les domaines culturel, économique, diplomatique, en affirmant que la Croatie est un modèle d’ouverture et de tolérance.
Quant à l’ambassadeur de Croatie au Maroc, Jasna Mileta, elle a salué dans une déclaration à la MAP les relations historiques entre le Maroc et la Croatie datant du 18ème siècle, une époque où le pays européen disposait d’ores et déjà d’un consulat à Tanger et nouait des relations commerciales avec le Royaume.
La diplomate s’est également félicitée des relations bilatérales entre les deux pays amis, tout en soulignant que Zagreb soutient les politiques étrangères du Royaume au sein du Parlement européen et apporte son appui à l’intégrité territoriale du Maroc.

Vendredi 31 Janvier 2020

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