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“L’insomniaque ”, une immersion sonore où se superposent le mal et le bien


Chady Chaabi
Mardi 21 Septembre 2021

«Le jour tu ouvres les yeux, la nuit tu ouvres les oreilles» poétise le cambrioleur

Vingt secondes chrono. C’est le laps de temps qu’il nous a fallu pour être conquis par le premier épisode de “L’insomniaque”, un podcast documentaire qui explore la nuit à travers des situations fortes. Réalisée, pensée et animée par Camille Juzeau pour être diffusée sur le site web d’Arte Radio (www.arteradio.com), cette exceptionnelle immersion sonore a exalté nos sentiments. Elle ouvre une fenêtre sur un monde auquel on prête rarement attention. Parce que la nuit, les gens dorment généralement.

Comme les hiboux, Camille Juzeau est irrésistiblement attirée par l’obscurité et la pénombre. Un univers où les repères diurnes sont désuets. Un univers où il est beaucoup plus facile de tenter le diable. Un univers où le mal se superpose le plus souvent au bien. Le cambrioleur auquel est dédié le premier épisode de “L’insomniaque” ne déroge pas à cette règle. Certes, quelque part, le personnage est attachant, mais au fond, ça reste un cambrioleur qui fait beaucoup de mal à ses victimes en les privant d’objets souvent creuset de leurs souvenirs les plus intimes.

En insistant sur ce point dans la description du podcast, le site d’Arte Radio a sans aucun doute voulu s’assurer et assurer à ses auditeurs que la morale était sauve. Mais au vrai, le documentaire est tellement fascinant qu’à aucun moment, il nous vient à l’esprit que l’histoire racontée, quelque part en Ile-de-France, n’est nulle autre qu’un méfait puni purement et simplement par la loi. Et pour cause, ce podcast mensuel est un moment d’écoute intense qui nous plonge dans le quotidien d’un cambrioleur pour le moins original. Un cambrioleur, qui comme tous les cambrioleurs du monde entier, rôde, fait ses repérages et choisit sa cible avant de passer à l’action.

Sauf qu’à l’opposé du profil type d’un cagoulard, ce dernier, équipé d’un micro, commente ses faits et gestes, au moment de viser une maison en quelques minutes puis de cacher son butin dans des galeries souterraines, où il stocke également des armes, de la farine, du sucre et des boîtes de conserve. Un personnage aussi singulier de par ses croyances. Car s’il stocke, c’est tout simplement en prévision de la fin du monde. Survivaliste donc, mais aussi drôle, le bandit n’hésite pas à décrire le mode opératoire de ses larcins, et raconte des anecdotes aussi surprenantes que farfelues.  Anecdotes où les flics ne sont jamais loin. Idem pour la structure scénaristique du documentaire. Camille Juzeau, la réalisatrice, a également équipé de micros une brigade de gendarmerie qui fait des rondes nocturnes.

Une manière de contrebalancer, même si on doit vous avouer qu’être à l’écoute du cambrioleur est autrement plus intéressant. Mais quoi qu’il en soit, le premier épisode de “L’insomniaque” a tenu toutes ses promesses. Il vous tient par les tripes et quand il se termine, vous n’avez qu’une seule envie, c’est que ça ne s’arrête jamais. C’est un peu à l’image des créations de Camille Juzeau, comme en témoigne le podcast “les baladeurs”, disponible sur les différentes plateformes de distribution numérique. En attendant d’y tendre l’oreille, nul doute qu’un second épisode de “L’insomniaque” sera publié, du moins on l’espère. En tout cas, Arte Radio nous promet “une immersion auprès de personnages bien singuliers ”. 


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