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L’hécatombe routière continue de faire fi de bon sens et de toute réglementation

Défaillance mécanique et bêtise humaine font plusieurs morts et blessés graves dans les régions de Berrechid et d’Agadir




Le Maroc qui assure la présidence de “Prévention routière internationale” (PRI) pour un mandat de 4 ans doit être peu fier du bilan qui, en la matière, est le sien. Non, que l’on veuille ici remettre en question nos compétences, loin de là. Notre secrétaire permanent du Comité national de prévention des accidents de la circulation, tout nouveau président de l’organisation internationale, Nasser Boulaajoul, est un exemple même de la droiture et du sérieux qui au demeurant le caractérisent en tant qu’un des responsables, coiffant la circulation routière ici-bled.
 Cependant, de son pouvoir plutôt consultatif et donc, non contraignant, il demeure bien limité au regard des prérogatives des nombreux autres intervenants sur la chose, tels la Gendarmerie Royale, le ministère de l’Intérieur (Police, Protection civile...) ministère du Transport et de l’Equipement (inspection routière, contrôle technique …), ministère de la Santé, etc.
Aussi, force est de constater que les chiffres que dégage la réalité de nos routes sont loin d’être une référence internationale de bonne conduite, si l’on peut oser. A se regarder, et à titre de prévention, on aurait pu d’exemple en éviter des pertes de vie sur nos routes miteuses.
Dimanche, un camion, de retour d’un souk hebdomadaire de la commune de Sahel dans la région de Berrechid, s’est renversé tuant du coup huit personnes et en blessant une vingtaine d’autres dont une quinzaine grièvement.  L’histoire aussi dramatique soit-elle, doit nous interpeller quant à sa banalité devenue hélas trop coutumière. C’est un déjà-vu trop flagrant et dramatique sur nos routes. Aussi on est en droit de se demander où en est la prévention dans l’histoire.
Cela commence par le camion en lui-même et son utilité. Est-il un véhicule de transport en commun ? Que nenni ! On impose la ceinture de sécurité à tous les passagers d’un véhicule et là, et c’est tout à fait d’usage courant sur nos routes, on tolère pour ne pas dire, on permet l’interdit à travers le transport d’hommes et de femmes sur une benne destinée à des marchandises.
Secundo, ce camion venait ou se dirigeait vers un souk hebdomadaire. Chemin faisant et sécurité routière et autre obligent par ces temps qui courent, il aurait dû être contrôlé par des agents d’autorité, des gendarmes en l’occurrence. Pourquoi alors, est-il passé entre les mailles du filet et de surcroît par deux fois, puisque c’est au retour que le drame s’est déroulé ?
Non ! on ne suivra plus d’autres regards, il y a eu vies d’hommes et de femmes perdues, si ce n’est pas du laxisme volontaire, c’est de la corruption pure et simple. Et ici, on touche droit au but ! Nos routes, entre autres composantes de la société, sont gangrénées par le mal. Poids-lourds et autocars roulant au-delà de la vitesse autorisée sur la troisième file en toute impunité, pneus lisses et usagés, mécanique déglinguée, parfois sans les papiers nécessaires et avec autorisation de rouler ou plutôt de tuer, délivrée par un contrôleur technique pour le moins véreux, sont autant de faits incontestables de la circulation routière que l’on rencontre chez-nous.
Autre drame bien révélateur des évènements tragiques que nous vivons chaque jour, l’accident qui a coûté la vie à une personne à Amskroud  et blessé quatre autres quand un camion-citerne transportant du carburant est entré en collision à la gare de la station de péage avec un taxi et qui met en cause la défaillance des freins du camion-citerne, rien que ça !
Non ! Tant que le bakchich sévira, que les chauffeurs de taxi de la célèbre 240d et de la 204 continueront à dicter leur loi pour ne pas porter de ceinture, que les camions-benne transporteront des passagers, que le piéton traversera (sbea3 chouanett), un carrefour ou rond-point où se croisent sept voies, en diagonale, que les campagnes de prévention timides et peu convaincantes ne cesseront pas d’être inefficaces, nos corps continueront à fleurir des bitumes souvent bien peu conformes à la convenance d’une morale routière digne de notre pays.

Mohamed Jaouad Kanabi
Mardi 25 Octobre 2016

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