Libération




Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

L’économie mondiale devrait connaître une récession inédite en 2020

Le FMI prévoit une contraction de 3 %, soit un recul plus marqué que lors de la crise financière de 2008-2009




L’économie mondiale devrait connaître une récession inédite en 2020
L'économie mondiale devrait connaître cette année sa pire récession depuis la Grande dépression, a prédit le Fonds mondial international (FMI) dont les dernières perspectives suggèrent « une récession plus grave que celle observée lors de la crise financière mondiale il y a une dizaine d'années ».
Selon les estimations de l’institution financière internationale, qui ont été rendues publiques le mardi 14 avril, l'économie mondiale devrait connaître une forte contraction de 3 % en 2020, soit un recul bien plus marqué que lors de la crise financière de 2008-09.
Se basant sur un scénario de référence fondé sur l'hypothèse d'une atténuation de la pandémie au cours du deuxième semestre de 2020 et d'un relâchement progressif des efforts d'endiguement, le FMI a néanmoins assuré que l'économie mondiale devrait croître de 5,8 % en 2021, à mesure que l'activité économique se normalisera, grâce au soutien des pouvoirs publics.
Mais quand bien même une reprise partielle serait prévue pour l’année prochaine, avec des taux de croissance supérieurs à la tendance, les analystes du FMI ont toutefois prévenu que « le niveau du PIB restera inférieur à la tendance d'avant l'apparition du virus et la vigueur de la reprise est très incertaine ».
En conséquence, quoi qu’il en soit, les résultats bien pires sont possibles et peut-être même probables, a fait savoir l’institution de Bretton Woods dans un communiqué, soulignant qu’« il en sera ainsi si la pandémie et l’application des mesures d'endiguement durent plus longtemps, si les pays émergents et les pays en développement sont encore plus sévèrement touchés ».
Dans ce document, l’organisation a en outre prédit que la situation restera sombre si les conditions financières demeurent également restrictives ou si des séquelles se font sentir à grande échelle en raison des fermetures d'entreprises et d'un chômage prolongé, peut-on lire.
Pour sauver des vies et permettre aux systèmes de soins de faire face à la situation, le Fonds a rappelé qu’« il a fallu prendre des mesures d'isolement, de confinement et de fermeture généralisée, en vue de ralentir la propagation du
virus ».
Par ailleurs, s’il est avéré que les prévisions de croissance mondiale sont extrêmement incertaines, du fait que les conséquences économiques dépendent de facteurs dont l'interaction est difficile à prévoir, l’institution a estimé qu’il est indispensable de prendre des mesures efficaces visant à atténuer la contagion et à préserver des vies humaines. Ce qui permettra d’éviter de très mauvais résultats.
Mais quand bien même elles auront un effet néfaste à court terme sur l'activité économique, le FMI a expliqué que ces mesures doivent être considérées comme un investissement important dans la santé humaine et économique à long terme.
Quoi qu’on en pense, pour l’institution, « la priorité immédiate est de limiter les répercussions de l'épidémie de Covid-19, notamment en augmentant les dépenses de santé visant à renforcer les capacités et les ressources du secteur sanitaire tout en prenant dans le même temps des dispositions qui freinent la contagion ».
En outre, peut-on lire dans le communiqué, « la politique économique devra également amortir les effets du fléchissement de l'activité sur la population, les entreprises et le système financier, réduire les séquelles persistantes d'un inévitable ralentissement prononcé et faire en sorte que la reprise économique puisse s'amorcer rapidement une fois la pandémie passée ».
Par ailleurs, pour faire face à cette crise majeure, le FMI a soutenu que les dirigeants devront prendre des mesures d’envergure et ciblées sur les plans budgétaire, monétaire et financier pour aider les ménages et les entreprises touchés.
A en croire l’institution, « ces mesures contribueront à maintenir les relations économiques pendant toute la période de paralysie et sont indispensables à une normalisation progressive de l'activité une fois que la pandémie se sera atténuée et que les mesures d'endiguement auront été levées », a-t-elle expliqué.
Enfin, contrairement à ce qui s’était passé la dernière fois que l'économie mondiale avait subi une crise de cette ampleur (dans les années 1930), et où l'absence de prêteur de dernier ressort au niveau multilatéral avait contraint les pays à se bousculer pour obtenir des liquidités internationales, force est constater qu’« aujourd'hui, nous disposons d'un dispositif mondial de sécurité financière plus solide, avec le FMI en son centre, qui permet déjà de venir activement en aide à des pays vulnérables », a conclu l’institution.

Alain Bouithy
Jeudi 16 Avril 2020

Lu 801 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.