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L’art écologique: Sensibiliser au réchauffement climatique de manière ludique


Chady Chaabi
Mardi 2 Novembre 2021

Face aux méga-feux qui ravageaient cet été faune et flore à plusieurs endroits du globe, Greenpeace ne pouvait rester les bras croisés. L’organisation non gouvernementale internationale de protection de l'environnement a été à l’origine d’une campagne de sensibilisation percutante. Un photomontage d’une forêt dévorée par les flammes, dont la fumée qui s’élève dans le ciel prend la forme d’un animal. Une manière de sensibiliser et dire que lorsqu’un feu est déclenché, ce sont des milliers d’animaux qui partent en fumée, mais aussi de mettre en avant l’importance de l’expression artistique et notamment de l’art écologique dans la lutte contre le réchauffement climatique. Si les feux de forêts ne vampirisent plus autant l’actualité que cet été, la COP 26 a pris le relais. Mais les discours et les promesses main sur le cœur des grands dirigeants de ce monde à l'agonie, réunis jusqu’au 12 novembre à Glasgow au Royaume-Uni, ne trouvent aucun prolongement dans les faits. Et l’art écologique dans tout cela ? Peut-il se substituer au grand discours ? L’éveil des consciences par l’art est-il possible ou n’est-ce qu’utopie ? En tout cas, l’art s’est de tout temps présenté comme le reflet d’une époque, des enjeux qui la définissent et de la sensibilité des hommes qui la vivent. L'engagement de centaines d’artistes contemporains dans la création de nouvelles formes d’expression, prolongement de leurs prises de conscience quant à l’urgence environnementale, témoigne de l'intérêt de l’art écologique au moment d’activer la prise de conscience des populations dans la lutte contre le réchauffement climatique, en opposition à l’inertie des grandes puissances mondiales. Un remake de David contre Goliath des temps modernes. Un combat perdu d’avance pour beaucoup, mais un combat qui mérite d'être mené. L’art écologique, courant artistique et moyen de sensibilisation apparu dans les années 60 aux Etats-Unis, s’est ainsi donné pour mission la protection et la conservation de la nature. A l’époque, il est identifié comme «contre-culture», un mouvement culturel contestataire. Mais aujourd’hui, il est plus que jamais dans l’air du temps, impulsé par l'émergence de l’art in situ qui a fait sortir par le passé les artistes des ateliers pour les rues, parcs et autres lieux de vie. Intimement convaincus que la culture est un moteur de changement de comportements, plusieurs artistes, plus ou moins connus, ont donc créé des œuvres témoignant de la fragilité de l’environnement. On peut citer pêle-mêle, “Tierra del Fuego”, l’exposition d’Angelika Markul. La peintre franco-polonaise sensibilise à la disparition des glaciers et avec elle, celle des traditions oubliées des Yagans, pêcheurs nomades de Tierra del Fuego, en Patagonie. Dans “Igloo tropical”, l’artiste Alexis Tricoire met en lumière les dangers de la fonte des glaces. Désigné comme chef de file du design végétal depuis une douzaine d'années, le scénographe réunit dans son œuvre deux univers aux climats différents à travers un igloo surmonté d’une végétation luxuriante. Un contraste saisissant destiné à braquer les projecteurs sur le dégel au pôle Nord et l’impact de ce changement climatique sur les Inuits. Enfin, on ne pouvait conclure sans citer l’énigmatique Banksy. “I don’t believe in global warming” est une œuvre à l’image de son auteur. Maniant dérision et ironie avec une aisance déconcertante. Elle confirme le militantisme écologique du plus célèbre des Street Artistes anonymes. Car graffé en lettres capitales rouges : « I don’t believe in global warming », sur un mur du Regent’s Canal à Londres en 2008, ne peut être un acte neutre ou vide de sens. L’œuvre à moitié submergée par l’eau, constituait une réponse de Banksy au sommet des Nations unies sur le climat à Copenhague. Sommet lors duquel des pays comme les Etats-Unis, la Chine et le Brésil ont refusé de s'engager à prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. L’historien de l'art, Paul Ardenne, disait : “Ne demandons pas aux artistes de corriger ce qui constitue l’équivalent d’un attentat majeur contre le biotope terrestre qui nous abrite et nous permet de respirer encore, avant l’asphyxie”. Mais on peut leur demander d’au moins y participer à leur manière.


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