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L'armée turque dans Afrine, Bachar al-Assad dans la Goutha

Scènes de pillage après l’entrée des forces pro-turques




L'armée turque s'est emparée de la ville syrienne d'Afrine, y délogeant une milice kurde, tandis que, pour la première fois depuis des années, le président syrien Bachar al-Assad s'est rendu dans la Goutha, signe des succès enregistrés par son armée, appuyée par les forces russes.
Les Kurdes de Syrie ont réagi en promettant de se battre pour la "libération" de toute la région d'Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, cible depuis le 20 janvier d'une offensive d'Ankara et de ses supplétifs syriens qui avait pour but d'en déloger les Unités de protection du peuple (YPG).
Cette milice, considérée par Ankara comme une menace à sa frontière, a été l'allié de Washington dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Ces derniers jours, l'avancée vers le chef-lieu de l'enclave d'Afrine, dans le nord-ouest du pays, a entraîné un exode massif de civils, à l'image de celui également en cours sur un autre front, dans la Ghouta orientale, où le régime combat des groupes rebelles aux portes de Damas.
Dimanche, quelques heures après leur entrée dans Afrine, les forces de l'offensive turque se sont déployées dans l'ensemble des quartiers de la ville, tirant en l'air et paradant pour célébrer leur victoire, ont rapporté des correspondants de l'AFP.
Perchés sur le balcon d'un bâtiment public, des soldats ont brandi le drapeau turc.
Plus loin, des combattants syriens participant à l'offensive turque se sont rassemblés au pied d'une statue d'une figure historique de la résistance kurde, déboulonnée.
Des correspondants de l'AFP ont vu des magasins pillés, des combattants chargeant pêle-mêle dans des pick-up cartons de nourriture, chèvres, couvertures, et même des motos empilées les unes sur les autres, avant de quitter la ville.
Après son évincement, l'administration locale kurde de la région d'Afrine a promis que ses combattants deviendraient un "cauchemar permanent" pour l'armée turque et les combattants syriens alliés.
"La résistance à Afrine va se poursuivre jusqu'à la libération de chaque territoire", a-t-elle clamé dans un communiqué.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué que plus de 1.500 combattants kurdes avaient été tués, ainsi que 400 rebelles alliés à la Turquie, depuis le début de l'offensive sur l'enclave.
L'armée turque a de son côté fait état de 46 soldats tués dans ses rangs.
Avec le quasi-encerclement de la ville, les bombardements aériens et les tirs d'artillerie s'étaient intensifiés ces derniers jours.
La Turquie nie avoir visé la population mais l'OSDH évalue à plus de 280 le nombre de civils tués depuis le début de l'offensive d'Ankara.
Echappant à l'avancée des forces turques, près de 250.000 personnes ont quitté depuis mercredi la ville d'Afrine, empruntant un couloir dans le sud de la cité menant vers des secteurs tenus par les Kurdes ou le régime syrien, a indiqué l'OSDH.
D'après l'Observatoire, il ne resterait plus que quelques milliers d'habitants dans la ville. Dimanche, 13 combattants syriens pro-turcs ont été tués par l'explosion de mines lors d'opérations de ratissage à Afrine, selon l'OSDH.
Entré dans sa huitième année, le conflit syrien implique à ce jour plusieurs acteurs étrangers sur un territoire morcelé. Cette guerre complexe a tué plus de 350.000 personnes depuis 2011 et jeté des millions sur la route de l'exil. Sur un autre front de cette guerre, un second exode massif de civils est en cours, dans la Ghouta orientale, où l'enclave rebelle assiégée depuis 2013 se réduit comme peau de chagrin face à l'avancée du régime.
Dimanche, pour la première fois depuis des années, le président syrien Bachar al-Assad s'est rendu dans la Ghouta où il a félicité ses troupes pour avoir "sauvé Damas", cible d'obus et de roquettes tirés depuis le fief rebelle.
"Les habitants de Damas sont plus que reconnaissants et ils raconteront peut-être à leurs enfants pendant des décennies comment vous avez sauvé la ville de Damas", a assuré le président syrien.
Après un mois d'offensive, l'avancée du régime, qui contrôle plus de 80% du fief rebelle, s'est faite au prix d'un lourd bilan humain: selon l'OSDH, les bombardements ont tué plus de 1.400 civils, dont 274 enfants. Et "des milliers de civils" ont fui dimanche la poche sud de l'enclave tenue par le groupe rebelle Faylaq al-Rahmane, en direction des territoires gouvernementaux, d'après l'OSDH.
Selon la même source, ce secteur "attend l'annonce d'un accord entre Faylaq al-Rahmane et la Russie, concernant l'évacuation des rebelles vers le nord de la Syrie".
Le porte-parole du groupe rebelle, Waël Alwane, a fait état de "pourparlers" avec une délégation de l'ONU, assurant que "des préparatifs sont en cours pour la tenue de négociations sérieuses garantissant la sécurité et la protection des civils".
Pour échapper aux bombardements et à la mort, plus de 65.000 personnes ont fui les secteurs rebelles dans la Ghouta ces derniers jours, d'après l'OSDH.
Dimanche, des bombardements sur les secteurs rebelles ont fait six morts dans la Ghouta, selon l'OSDH.

Mardi 20 Mars 2018

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