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Les interventions des élus ittihadis au Parlement, au nom du Groupe socialiste–Opposition ittihadie, s’inscrivent dans cette tradition. Elles n’ont pas marqué l’actualité par le tumulte ou la polémique, mais par quelque chose de plus rare : la cohérence d’une vision. A travers le débat sur les propositions de lois liées à l’éducation, les Ittihadis ont refusé de s’enfermer dans le détail technique pour poser un regard global sur l’état de l’école marocaine. Ce moment parlementaire, relu à la lumière de la fin d’année, apparaît comme un rappel salutaire : toute réforme éducative qui ignore la réalité sociale est vouée à l’échec.
Depuis ses origines, l’USFP a toujours considéré l’école comme un espace politique au sens le plus noble du terme. Non pas un lieu de reproduction des inégalités, mais un champ de bataille contre elles. Cette conviction traverse les décennies, des premiers combats pour la démocratisation de l’enseignement aux débats actuels sur la gouvernance, l’accès et la qualité. Elle irrigue encore aujourd’hui la parole des élus socialistes, qui parlent moins de performance que d’équité, moins de compétitivité que de dignité.
La question de l’obligation scolaire, remise au centre du débat, illustre parfaitement cette approche. Derrière une notion en apparence évidente se cache une réalité brutale : des centaines de milliers d’enfants exclus de fait du système éducatif. Ces absences ne sont pas des accidents statistiques. Elles racontent une géographie de l’injustice, où le lieu de naissance, la situation familiale ou la fragilité économique continuent de peser lourdement sur le destin scolaire. En rappelant ces chiffres, le Groupe socialiste n’a pas cherché à dramatiser, mais à nommer ce que beaucoup préfèrent contourner : l’école reste, pour trop d’enfants marocains, une promesse non tenue.
Cette lucidité s’est également exprimée dans l’attention portée aux situations familiales complexes, souvent invisibles dans les textes de loi. L’impossibilité pour certaines mères d’inscrire leurs enfants dans une nouvelle école, faute de document administratif, est apparue comme l’un de ces angles morts où la rigidité juridique devient injustice sociale. En proposant de garantir le droit à la scolarisation à chacun des parents, sauf décision judiciaire contraire, les Ittihadis ont rappelé une évidence trop souvent oubliée : la loi doit épouser la réalité des vies, et non les contraindre au silence ou à l’exclusion.
La même exigence traverse la réflexion sur l’enseignement préscolaire. Longtemps présenté comme un chantier prioritaire, il demeure fragile, parfois livré à des pratiques opaques, où ni les enfants ni les parents ne sont pleinement protégés. Là encore, le discours usfpéiste s’est distingué par son refus des demi-mesures. Sécuriser juridiquement le préscolaire, imposer l’assurance, renforcer la transparence et sanctionner les abus, ce n’est pas alourdir le système. C’est lui redonner de la crédibilité et de la confiance, deux conditions essentielles pour que l’école publique remplisse sa mission dès les premières années.
Au fil du débat, une autre dimension fondamentale est apparue : celle de la gouvernance.
Soutenir l’intégration des directeurs provinciaux dans les conseils d’administration des académies régionales n’est pas un détail institutionnel. C’est une manière de combler le fossé entre décision et exécution, entre stratégie et réalité du terrain. Depuis longtemps, l’USFP plaide pour une action publique éducative cohérente, où les responsabilités sont clairement partagées et assumées, et où les acteurs locaux ne sont plus de simples exécutants, mais des partenaires à part entière.
Le choix d’approuver la suppression de la limite d’âge pour accéder au métier d’enseignant a sans doute été l’un des marqueurs les plus révélateurs de la philosophie ittihadie. Dans un contexte où l’enseignement souffre d’un déficit d’attractivité et de reconnaissance, défendre l’idée que la compétence ne se mesure pas à l’âge relève d’un courage politique certain. Mais ce courage n’est pas aveugle. Il s’accompagne d’une exigence forte sur la formation, la qualité et la responsabilité. Là encore, l’école n’est pas pensée comme un espace de compromis, mais comme un service public exigeant, au service de l’intérêt général.
Relues dans une perspective rétrospective, ces interventions du Groupe socialiste–Opposition ittihadie apparaissent comme une pièce cohérente d’un engagement plus large. Elles ne cherchent pas à séduire par des annonces spectaculaires, mais à rappeler que l’éducation est un choix de société. Une école à deux vitesses ou une école inclusive. Une école qui reproduit les fractures ou une école qui les répare. Une école soumise aux logiques du marché ou une école guidée par l’idée de justice.
A l’heure où le Maroc s’interroge sur son avenir social, économique et démocratique, la parole portée par l’USFP sur l’éducation résonne comme un rappel essentiel. Il n’y aura pas de dignité sans école forte. Pas d’égalité sans accès réel au savoir. Pas de progrès sans une école publique capable de protéger les plus vulnérables et d’émanciper les générations à venir.
Dans un paysage politique souvent tenté par l’urgence et le court terme, cette constance mérite d’être soulignée. Elle rappelle que certaines batailles ne vieillissent pas. L’école en fait partie. Et pour l’USFP, elle reste, plus que jamais, le combat des combats.










