Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

L’UE inclut le Sahara dans l’accord agricole avec le Maroc

Rabat et Bruxelles franchissent un nouveau pas dans la consolidation de leur partenariat d’excellence




La Commission européenne vient d’assener une nouvelle gifle au Polisario et à ses commanditaires.
Le Collège des commissaires a, en effet, adopté, lundi, l'échange de lettres qui inclut le Sahara marocain dans l'accord agricole entre le Maroc et l'Union européenne (UE), a-t-on appris auprès de la Commission européenne.
Il s’agit d’un pas important qui a été franchi depuis le début des négociations pour l’adaptation de l’accord agricole à la décision de la Cour de justice de l’UE, indique une source européenne à Bruxelles qui confirme que les produits de la région du Sahara seront inclus dans l’accord sans aucune entrave.
La même source souligne que les consultations inclusives qui ont eu lieu avec les représentants locaux, de la société civile et diverses entités et organisations concernées, ont dégagé un large soutien à la confirmation de l’inclusion des produits des provinces du Sud dans l’accord, vu les avantages socioéconomiques pour la population et l'économie de la région.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion du Collège des commissaires, la Commission européenne précise que les documents approuvés seront ensuite adressés au Conseil de l’UE et au Parlement européen pour adoption.
Elle rappelle que le Maroc est «un partenaire clé» du voisinage Sud avec lequel l’UE entretient des relations privilégiées qu’elle aspire à développer davantage dans plusieurs domaines.
En approuvant la proposition de décision du Conseil de l’Union européenne concernant la signature et la conclusion d'un accord entre l’UE et le Royaume du Maroc sur la modification de l'Association UE-Maroc (Protocoles n° 1 et n° 4), l’Union européenne marque son engagement irréversible à consolider son partenariat d’excellence avec le Royaume. L'adoption de cette proposition fait suite à la décision de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) de décembre 2016, et vise à clarifier le statut des produits du Sahara marocain, y compris ceux du secteur de la pêche où le renouvellement de l’accord liant le Maroc à l’UE qui expirera en juillet de cette année est en cours de négociation.
Selon la proposition adoptée par l’UE, la Commission européenne a procédé à l’évaluation des répercussions potentielles de l'accord sur le développement durable, notamment en ce qui concerne les avantages et désavantages découlant des préférences tarifaires accordées aux produits du Sahara pour les habitants de cette région du Maroc.
Ces habitants ont été, d’après la même source, consultés par les services de la Commission européenne et le service d’action extérieure. « Ces consultations ont fait apparaître une opinion majoritairement favorable à la modification de l'accord de libéralisation en vue d'en étendre les préférences tarifaires aux produits du Sahara. Une majorité d'interlocuteurs ont fait état d'un impact positif en faveur de la population dans son ensemble, insistant tout particulièrement sur l'effet de levier déterminant qu'auraient de telles préférences commerciales en matière d'investissement privé ». Et d’ajouter : « Ils ont indiqué qu'un accès privilégié aux marchés européens serait de nature à améliorer le climat des affaires ainsi que les investissements directs européens, et ce faisant, conforterait le nouveau modèle de développement participatif et durable du Sahara».
Concernant l’impact économique et commercial, ladite proposition a mis en avant qu’ «il y a une production agricole au Sahara , surtout de primeurs (tomates et melons), pour laquelle il existe un marché dans l'Union européenne. Cette production est estimée à 64.000 tonnes et représente quelque 14.000 emplois directs. Sa valeur à l'importation s'élève à environ 65 millions d’euros ».
Ce document affirme en outre qu’il existe au Sahara marocain une importante industrie de transformation des produits de la pêche (141 établissements autorisés à exporter vers l’UE) et que les exportations de produits de la pêche du territoire en 2015 et 2016 se sont élevées à entre 100 millions et 200 millions d’euros. Lequel document soutient que «le nombre d’emplois dépendant de ces exportations vers l'Union européenne, directement ou indirectement, était d’environ 45.000. L’extension des préférences tarifaires à ces importations aurait donc un impact important sur l’économie du territoire et donc sur l’emploi ». Et de préciser : « De manière générale, l'octroi de préférences tarifaires devrait donc avoir un impact important sur le développement économique du territoire. Afin toutefois d’assurer un suivi de ces effets, l’accord prévoit explicitement un cadre et une procédure appropriés permettant aux parties, sur la base d'échanges d'informations réguliers, d'évaluer les répercussions de celui-ci durant sa mise en œuvre ».
Toutefois, la Commission européenne a assuré que l’UE soutient les efforts accomplis par le Secrétaire général des Nations unies et son envoyé personnel en vue d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable de l’affaire du Sahara.
Cette proposition sera soumise aux Etats membres de l’UE et au Parlement européen en vue de la ratifier.
Il convient de rappeler que la Commission européenne avait introduit récemment un mandat de renouvellement de l’accord de pêche avec le Maroc, qui inclut le Sahara. Selon l’Exécutif européen, "l’objectif est de préserver et de développer davantage le partenariat de pêche entre l'UE et le Maroc, en concluant un accord et un protocole durables sur le plan environnemental, économiquement rentables et pleinement conformes au droit international et européen".
La Commission européenne souligne que "le Maroc est un partenaire proche de l'UE qui bénéficie du Statut avancé dans le cadre de la Politique européenne de voisinage et de l'Accord d'association UE-Maroc".

 

Paris et Bruxelles pour une “quadripartite ministérielle” associant Rabat et Madrid

La France et la Belgique ont annoncé, lundi à Paris, qu’elles œuvreront à la mise en place d’une «quadripartite ministérielle» associant les ministres de la Justice de leurs pays en plus de ceux de l’Espagne, et du Maroc en vue de permettre de matérialiser à haut niveau l’engagement de leurs gouvernements et leur solidarité dans la lutte contre le terrorisme islamiste.
Déterminées à affronter sans relâche les nouveaux défis posés par la lutte contre le terrorisme et la radicalisation violente, la France et la Belgique ont décidé «d’œuvrer à la mise en place d’une «quadripartite ministérielle » «associant les ministres de la Justice de la Belgique, de l’Espagne, de la France et du Maroc, devant permettre de matérialiser à haut niveau l’engagement de nos gouvernements et leur solidarité dans la lutte contre le terrorisme islamiste», lit-on dans une déclaration conjointe sur la coopération en matière de sécurité intérieure et de lutte antiterroriste, rendue publique à l’issue d’une rencontre entre le Premier ministre français Edouard Philippe et son homologue belge Charles Michel.
Les deux pays ont également exprimé leur détermination «d’agir auprès de nos partenaires pour que celle-ci puisse se tenir d’ici la fin de l’année», selon la déclaration.

Mourad Tabet
Mercredi 13 Juin 2018

Lu 1016 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










Mots Croisés