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L'Opéra de Paris, 350 ans et “toujours moderne”




L'Opéra de Paris fête la saison prochaine ses 350 ans avec un hommage marqué au grand répertoire français, de Rameau à Berlioz, sans renoncer à porter un regard "moderne" sur les œuvres, "une vitalité nécessaire" pour son directeur Stéphane Lissner. "Il faut être capable de rapprocher ces deux extrêmes que sont le contemporain et la tradition", souligne l'ancien patron de La Scala de Milan, qui annonce lundi dans une soirée exceptionnelle sa quatrième saison. Elle sera marquée par un double anniversaire: l'ouverture de la salle Bastille il y a 30 ans (1989) et la fondation par Louis XIV en 1669 du premier opéra permanent au monde, l'Académie royale de musique, à Paris.
En 2017, après deux années plus difficiles marquées par les attentats à Paris et les grèves liées à la Loi Travail, "les voyants sont au vert", constate Stéphane Lissner. Les deux salles du Palais Garnier (2.105 places) et de l'Opéra Bastille (2.745 places) ont attiré en 16/17 plus de 859.000 spectateurs (+7%) dont un taux record de 23% d'étrangers. "On a battu en 2017 un record absolu de recettes de billetterie avec 73 millions d'euros contre 69 millions et on devrait équilibrer le budget, voire dégager un bénéfice en dépit de la baisse de la subvention publique".
La baisse d'environ dix millions d'euros en dix ans de l'apport de l'Etat (45% du budget) a été plus que compensée par la hausse du mécénat, qui atteint 15,7 millions (hors taxes) en 2017 . Pour attirer le mécénat, il faut créer l'événement: c'est pourquoi Stéphane Lissner annonce dès à présent les festivités des 350 ans, qui déborderont sur septembre-décembre 2019, avec plusieurs grandes expositions dont l'une au Musée d'Orsay, "Degas à l'Opéra" (qui voyagera à Washington) et une autre sur l'Opéra aux XXe et XXIe siècles au Centre Pompidou-Metz.
Au programme de cette saison anniversaire, trois fleurons du répertoire français: "Les Huguenots" de Meyerbeer, présents lors de l'ouverture du Palais Garnier en 1875, "Les Troyens" qui avaient inauguré la salle Bastille en 1989 et "Les Indes galantes" de Rameau, mise en scène par l'artiste contemporain Clément Cogitore.
"Les Indes galantes" promettent un électrochoc: l'an dernier, Cogitore avait fait un tabac sur le site Internet de l'opéra avec un film où la musique de Rameau se mariait formidablement avec une danse urbaine, le "krump", né dans les ghettos de Los Angeles. Romeo Castellucci, dont le "Moïse et Aaron" visionnaire avait débuté le mandat de Lissner en 2015, s'attachera en 2019 au meurtre de Caïn et Abel avec le très rare "Primo omicidio" ("Le premier meurtre") de Scarlatti, dirigé par le Belge René Jacobs.
Le trublion russe Dmitri Tcherniakov s'attaquera aux "Troyens" dirigés par Philippe Jordan et un autre enfant terrible de l'opéra, le Polonais Warlikowski montera Lady Macbeth de Mzensk. L'affiche propose aussi un nouveau "Don Giovanni" (confié au Flamand Ivo van Hove) et une nouvelle "Traviata" mise en scène par l'Australien Simon Stone, réputé pour ses relectures stupéfiantes de "Médée" ou des "Trois Soeurs" au théâtre.

Mercredi 31 Janvier 2018

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