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L’OMDH et l’AMDH unanimes

Haro sur l’impunité


L’OMDH et l’AMDH unanimes
“Les activistes et les militants en matière des droits de l'Homme ont profité de l'occasion que la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme pour s'impliquer, évaluer et se projeter dans les années à venir. Nous sommes donc appelés à œuvrer dans ce contexte universel, à nous approprier ses principes pour approcher des droits de l'Homme de manière consensuelle.” Pour Amina Bouayache, présidente de l'OMDH, il y a certes encore beaucoup de pain sur la planche, mais il n'est nulle question de baisser les bras tant la question mérite d'être prise à bras le corps.
«Les activistes et les militants en matière des droits de l'Homme ont profité de l'occasion que la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme pour s'impliquer, évaluer et se projeter dans les années à venir. Nous sommes donc appelés à œuvrer dans ce contexte universel, à nous approprier ses principes pour approcher des droits de l'Homme de manière consensuelle. En fait, chaque pays et chaque groupe a une expérience particulière d'où la nécessité d'une approche différente et plus ciblée. Je pense que la dignité est une revendication très importante dans un climat où règne la pauvreté et où les citoyens subissent de piètres conditions de travail. A mon avis, si le gouvernement prend comme principe fondamental la lutte contre l'impunité, nous aurons vraiment entamé un processus de l'Etat de droit.  Aujourd'hui, l'espace public n'est plus le même. Il s'est élargi permettant aux Marocains de manifester leur colère et leur inquiétude et de s'exprimer de plus en plus. Or, le problème qui persiste est que certains responsables refusent de s'adapter à cette nouvelle réalité. Les arrestations comme les jugements des libertés d'expression ne sont plus admissibles». Pour Amina Bouayache, présidente de l'OMDH, il y a certes encore beaucoup de pain sur la planche, mais il n'est nulle question de baisser les bras tant la question mérite d'être prise à bras le corps.
L'anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains a donc été une occasion propice pour organiser un certain nombre d'activités et de sit-in et pour dresser le bilan des avancées et dénoncer les entraves qui demeurent. Bref, pour jeter des regards croisés sur les droits de l'Homme à travers des prises de positions visant à faire l'état des lieux, à jeter la lumière sur les écueils qui se dressent devant l'incontournable nécessité d'aider à un meilleur développement de la conscience nationale à ce sujet et de contribuer, de manière positive et résolue, à la diffusion de la culture des droits humains et à leur application de manière efficace partout et par tous. Un travail de longue haleine qui a été honoré, cette année, sous d'autres cieux.
En effet, la secrétaire d'Etat française chargée des Affaires étrangères et des droits de l'Homme, avait remis, mercredi  au Quai d'Orsay, le prix des droits de l'Homme de la République française « Liberté, Egalité, Fraternité » notamment à la Fondation Orient Occident pour son projet de lutte contre le travail des « petites bonnes » dans notre pays. Un prix qui remet sur le métier la sempiternelle question des bilans. Cette année, il a été mitigé, voire négatif. 2008 a été notamment marquée par la répression violente de plusieurs manifestations et émeutes. Notamment celles des diplômés chômeurs et des habitants de  Sidi Ifni. Il en va de même pour les nombreux procès pour «atteintes aux sacralités». Trois affaires, concernant toutes de jeunes anonymes, ont marqué les esprits à ce propos : les procès ubuesques de Fouad Mourtada, du blogueur Mohamed Erraji et de l'élève Yassine Belaâssel. La justice s'est également illustrée en 2008, en prenant pour cible les journalistes. Le Maroc a même dégringolé dans le classement de référence de Reporter Sans Frontières (RSF). De la 106ème sur 173, il est passé à la 122ème.
Cette année a aussi été celle de se rappeler que des recommandations de la défunte Instance Equité et Réconciliation attendent toujours d'être appliquées. Notamment celle datant du 16 décembre 2005 et demandant à ce que l'Etat présente des excuses publiques pour les violations graves des droits de l'Homme commises entre 1956 et 1999 et celle, plus récente,  concernant l'abolition de la peine de mort.
Demeure également d'actualité la question de l'enlèvement et de l'assassinat de Mehdi Ben Barka et la clôture définitive du dossier de la détention politique.
Pour l'AMDH, ce dernier point exige que fin soit mise définitivement aux « arrestations en raison de l'expression d'un point de vue ou de positions politiques », que « tous les détenus politiques soient libérés », que soient réglées «les situations des détenus politiques libérés et en mettant fin aux provocations et aux abus que rencontre un certain nombre parmi eux » et que soit proclamée «une amnistie générale par voie législative annulant tous les jugements et les poursuites se rapportant au dossier de la répression politique et sociale que notre pays a connue depuis l'indépendance ». Idem pour l’impunité qui doit être combattue avec vigueur et constance. Dans l'attente qu’elle le soit, l'optimisme demeure de rigueur parmi les activistes des droits humains. Dans une déclaration à la presse, Adelhamid Amine, vice-président de ladite association a cependant mis le doigt sur une question généralement occultée : «En 2009, la lutte continuera. Il faut que les forces démocratiques cessent de se chamailler entre elles et qu'elles comprennent que le changement ne vient jamais d'en haut». Vrai ou faux ? Plutôt les deux à la fois.



Mohamed Sakhi
Jeudi 11 Décembre 2008

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