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L’Italie s’enfonce dans une crise politique

L’ex-responsable du FMI, Carlo Cottarelli, chargé de former le gouvernement




L'Italie a basculé dimanche soir dans une nouvelle crise politique, Giuseppe Conte, choisi par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) et la Ligue (extrême-droite), ayant renoncé dimanche soir à former leur gouvernement de coalition.
Sa décision est la conséquence du refus opposé par le président de la République Sergio Mattarella à la nomination de l'économiste Paolo Savona à la tête du ministère de l'Economie en raison de son hostilité envers l'euro et les institutions européennes.
Le président italien, a chargé lundi Carlo Cottarelli, un ancien responsable du Fonds monétaire international (FMI), de former un gouvernement technique, a annoncé la présidence.
"Le président Mattarella a reçu le docteur Cottarelli, auquel il a demandé de former un gouvernement", a annoncé devant la presse le secrétaire général de la présidence, Ugo Zampetti, à l'issue d'une entrevue entre les deux hommes.
Mais le départ de Conte a déclenché une crise constitutionnelle et semble rendre inévitable la tenue de nouvelles élections législatives cette année.
Mattarella a été aussitôt accusé par les dirigeants du M5S et de la Ligue d'avoir trahi la Constitution et de répondre aux ordres des puissances européennes.
Luigi Di Maio, chef de file du M5S, a demandé sa destitution. "Ce soir, il est vraiment difficile de croire en nos institutions et aux lois de l'Etat", a dit le dirigeant du parti arrivé en tête des élections du 4 mars dernier.
Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue, a estimé lui que l'Italie venait d'entrer dans un "conflit institutionnel sans précédent" et que le refus de Mattarella d'accepter la nomination de Savona était un déni de démocratie dicté par les partenaires européens de l'Italie.
"Si Berlin, Paris ou Bruxelles ne donnent pas leur accord, aucun gouvernement ne peut être formé en Italie", a-t-il dit. "C'est une absurdité, et je demande au peuple italien de nous soutenir parce que je veux ramener la démocratie dans ce pays."
"Il ne s'agira pas d'élections mais d'un référendum entre l'Italie et ceux qui à l'extérieur veulent que nous soyons une nation servile, asservie et à genou", a-t-il dit.
Dans une allocution télévisée au ton grave, M. Mattarella s'était justifié en début de soirée: "J'ai accepté toutes les nominations, sauf celle de ministre de l'Economie. Pour ce ministère, j'ai demandé aux partis de la coalition une personnalité politique autoritaire n'étant pas considérée comme partisane d'une ligne qui pourrait provoquer la sortie de l'Italie de la zone euro."
"L'incertitude a alarmé les investisseurs et les épargnants en Italie comme à l'étranger (...) L'appartenance à l'euro est un choix fondamental. Si nous voulons en débattre, il faut le faire de façon sérieuse", a-t-il ajouté.
La convocation de Cottarelli, qui dirige l'Observatoire des comptes publics, pourrait signifier que Mattarella envisage de lui confier la formation d'un gouvernement de transition composé de techniciens chargé d'élaborer avant la fin décembre le budget 2019, notamment pour éviter une hausse automatique de la TVA en cas de creusement du déficit.
Les marchés, inquiétés par la constitution d'un gouvernement eurosceptique dont la politique menacerait les fragiles finances publiques italiennes, pourraient être rassurés par l'éventuelle nomination de Cottarelli.
En Asie, l'euro, qui avait touché la semaine dernière son niveau le plus bas face au dollar, s'est repris lundi matin.
Si un gouvernement Cottarelli n'obtenait pas, comme c'est probable, le soutien du Parlement, il resterait en place pour expédier les affaires courantes et de nouvelles élections seraient organisées en septembre ou octobre, un scénario inédit dans l'Italie de l'après-guerre.
D'après les derniers sondages, de nouvelles élections pourraient profiter à la Ligue, qui a remporté 17% des voix en mars, tandis que le M5S consoliderait sa base, mais ne permettraient pas de sortir de l'impasse.
Avant même la fin de la réunion au Quirinal qui a scellé dimanche soir le sort de l'option Conte, Salvini avait estimé que la seule solution désormais était la tenue de nouvelles élections législatives.
"Dans une démocratie, si nous sommes toujours en démocratie, il n'y a qu'une seule chose à faire, laisser les Italiens avoir leur mot à dire", a-t-il dit devant des partisans rassemblés dans le centre de l'Italie.
Avant l'annonce du retrait de Giuseppe Conte, Paolo Savona avait tenté de répondre aux inquiétudes liées à ses positions. "Je veux une Europe différente, plus forte, mais plus équitable", avait déclaré l'économiste de 81 ans dans ses premiers commentaires publics.
Moody's Investors Service a annoncé vendredi avoir placé la note à long terme Baa2 de l'Italie sous surveillance avec implication négative. L'agence de notation craint les retombées sur les finances publiques des projets budgétaires de la nouvelle coalition au pouvoir.

Mardi 29 Mai 2018

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