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L'ANC donne 48 heures à Jacob Zuma pour démissionner

Depuis qu'il a accédé à la tête du parti, Cyril Ramaphosa a mis l'accent sur la lutte contre la corruption




Le comité exécutif du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a demandé au président de la République Jacob Zuma de renoncer à ses fonctions, a-t-on appris mardi auprès de l'ANC.
Jacob Zuma, qui est âgé de 75 ans, est affaibli par une série d'affaires de corruption depuis son accession au pouvoir en 2009, tandis que les difficultés économiques s'amoncellent. Il a déjà perdu la présidence de l'ANC en décembre au profit de son vice-président Cyril Ramaphosa et depuis, les appels à quitter la tête de l'Etat se sont faits plus pressants.
Le comité exécutif de l'ANC, qui s'est réuni pendant 13 heures lundi, a l'autorité pour ordonner au président de la République de démissionner. Certains médias affirment toutefois que Jacob Zuma pourrait refuser de quitter le pouvoir.
Selon une source de Reuters, Ace Magashule, secrétaire général de l'ANC, s'est présenté mardi devant Jacob Zuma pour l'informer de la décision du parti.
La veille, c'est le président de l'ANC qui avait fait le déplacement avant de revenir à la réunion du comité exécutif de l'ANC qui a scellé le sort du président.
"Nous avons décidé de révoquer Zuma. Cela ne lui a pas encore été dit", déclarait alors le dirigeant de l'ANC interrogé par Reuters.
"Cyril est allé lui parler", ajoutait-on en précisant qu'il y avait eu des discussions tendues et difficiles au retour de Cyril Ramaphosa.
La SABC, la radio-télévision sud-africaine, rapportait dans la nuit que Cyril Ramaphosa était allé voir Jacob Zuma pour lui annoncer que le comité exécutif de l'ANC lui avait donné 48 heures pour démissionner de la tête de l'Etat.
Selon le service d'informations sud-africain Eye Witness News, le président aurait répondu à Cyril Ramaphosa qui lui demandait s'il accepterait de démissionner sous peine d'être destitué : "Faites ce que vous voulez". Jacob Zuma, dont le mandat officiel court jusqu'à la mi-2019, n'a pour l'instant jamais dit en public s'il envisagerait de démissionner volontairement.
En 2008, peu après avoir pris la tête de l'ANC, Jacob Zuma avait lui-même organisé la destitution de Thabo Mbeki de la présidence.
Thabo Mbeki avait aussi été révoqué par l'ANC, après neuf années au pouvoir sous le sceau de la prospérité économique mais entachées par des accusations d'abus de pouvoir.
Les affaires ont émaillé la présidence de Jacob Zuma.
Certains membres de l'ANC et de l'opposition accusent la famille Gupta, trois frères d'origine indienne amis du président, d'avoir profité de ses relations avec lui pour remporter des contrats publics et influencer les nominations au sein du gouvernement.
La banque indienne Bank of Baroda, qui compte les Gupta parmi ses clients, a fait connaître lundi son intention de quitter l'Afrique du Sud.
Depuis qu'il a accédé à la tête de l'ANC en battant l'ex-épouse de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma, Cyril Ramaphosa a mis l'accent sur la lutte contre la corruption et la relance de l'économie.
L'ancien syndicaliste de 65 ans, a dit qu'il ne voulait pas humilier Jacob Zuma, ce qui ne l'empêche pas d'œuvrer depuis un certain temps en coulisses pour le départ anticipé du chef de l'Etat.
En cas de démission de Jacob Zuma, c'est le vice-président, Cyril Ramaphosa, qui lui succéderait.
"Le problème n'est pas seulement Jacob Zuma, c'est l'ANC", a expliqué le chef du Parti démocratique chrétien africain (ACDP), Kenneth Meshoe, lors de la conférence de presse.
"Il est important que le Parlement soit dissout et que nous recommencions de zéro. Parce que s'il est remplacé par son vice-président Cyril Ramaphosa, le même groupe de personnes qui défendent et protègent la corruption seront au pouvoir et nous allons continuer avec ce cycle de corruption", a-t-il insisté.

Mercredi 14 Février 2018

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