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Hydroxychloroquine et Covid-19 : Que sait-on ?



Hydroxychloroquine et Covid-19 : Que sait-on ?
 Que sait-on de la chloroquine, si controversée, et de son dérivé l'hydroxychloroquine, actuellement expérimentée dans plusieurs pays, aux côtés d'autres molécules, contre le Covid-19 ?
La chloroquine est un dérivé synthétique de la quinine prescrit depuis plusieurs décennies contre le paludisme, un parasite véhiculé par le moustique.
Il en existe un dérivé, l'hydroxychloroquine (HC), mieux toléré, connu en France sous le nom de Plaquenil, utilisé contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.
Dans l'attente d'un hypothétique et lointain vaccin, les scientifiques travaillent sur de nombreuses pistes thérapeutiques, dont plusieurs médicaments existants, parmi lesquels des antiviraux et l'hydroxychloroquine.
Par rapport à d'autres molécules, la chloroquine et l'hydroxychloroquine ont l'avantage d'être déjà disponibles, bon marché et bien connues.
Avant même la pandémie due au SARS-CoV-2, leurs propriétés antivirales ont fait l'objet de nombreuses études, in vitro ou sur des animaux et sur différents virus.
"Il est connu depuis bien longtemps que la chloroquine (C) et son dérivé l'hydroxychloroquine (HC) inhibent in vitro la réplication" de certains virus, rappelle Marc Lecuit, un chercheur en biologie des infections à l'Institut Pasteur.
Et de récentes études ont aussi montré des effets in vitro sur le SARS-COV-2 mais, bien souvent, des résultats in vitro ne se retrouvent pas lorsqu'elle est expérimentée chez l'homme.
En France, le Pr Didier Raoult et son équipe à l'Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) Méditerranée Infection ont conclu dans deux publications à "l'efficacité" de l'hydroxychloroquine associée à l'azithromycine, un antibiotique, sur des patients malades.
Des scientifiques chinois ont également observé des signes d'efficacité dans des études cliniques.
Mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et nombre de scientifiques jugent impossible de tirer cette conclusion sur la seule base de ces études, en raison de la manière dont elles sont préparées, en particulier parce le nombre des patients est trop limité.
Quelles que soient leurs conclusions, toutes ces études portent sur trop peu de malades et une très large partie de la communauté scientifique, ainsi que les autorités sanitaires françaises ou américaines notamment, appellent à des essais bien plus larges.
Le débat se focalise en particulier entre ceux qui appellent à la prudence, le temps de mener à bien des essais thérapeutiques larges, et ceux qui prônent une large utilisation du médicament au nom de l'urgence sanitaire.
De fait, les controverses autour de l'hydroxychloroquine ont largement dépassé la sphère scientifique pour devenir, notamment en France et aux Etats-Unis, un sujet politique.
Le Pr Raoult a notamment reçu le soutien d'élus de l'opposition, comme le maire de Nice Christian Estrosi et le chef de file des sénateurs de droite Bruno Retailleau.
Aux Etats-Unis, c'est le président Trump lui-même qui s'en est fait l'apôtre officiel, malgré la prudence affichée par le Dr Anthony Fauci, son conseiller sur la pandémie.
Autre débat : faut-il réserver ce traitement à des formes graves du Covid-19 seulement, comme le permettent les autorités françaises, ou dès l'apparition des premiers symptômes, comme le prône le Pr Didier Raoult, sachant que l'immense majorité des malades guérissent spontanément ?
Médecins, chercheurs et autorités sanitaires mettent en garde contre un engouement précipité pour ces substances.
D'abord parce qu'il fait courir un risque de pénurie d'hydroxychloroquine pour les malades chroniques qui en ont besoin, au point que la France a dû prendre des mesures pour s'assurer qu'ils continueraient à y avoir accès.
Autre inquiétude, les effets secondaires sont nombreux : nausées, vomissements, éruptions cutanées mais aussi atteintes dermatologiques, ophtalmologiques, cardiaques, psychiatriques, etc. Un surdosage peut être dangereux, voire mortel.
La publicité faite à la substance peut inciter à l'automédication si des personnes en ont acheté avec des ordonnances de "complaisance" ou si elles en avaient au fond de leur armoire à pharmacie.
Des cas d'intoxications ont été signalés en France ou au Nigeria et, aux Etats-Unis, un homme est mort après avoir ingéré une forme de chloroquine destinée aux aquariums.
Compte tenu de l'explosion de demandes de chloroquine et d'hydroxycholoroquine depuis plusieurs semaines, on peut supposer que des médecins dans le monde entier en ont prescrit contre le Covid.
De fait, elles sont administrées à des malades du Covid-19 dans plusieurs pays, en général à l'hôpital, selon des modalités différentes.
Mais elles ne devraient "être utilisées que pour des essais cliniques ou des programmes d'urgence" dans le cadre de protocoles stricts validés dans chaque pays, selon l'Agence européenne du médicament.
Un essai européen baptisé "Discovery" a également commencé dans plusieurs pays, pour tester quatre traitements, dont l'hydroxycholoroquine, sur 3.200 patients dont 800 cas graves en France. De premières observations intermédiaires sont imminentes.
L'OMS doit aussi lancer un vaste essai clinique international.
 

Samedi 11 Avril 2020

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