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Hommage à Bernoussi Saltani




Paru aux éditions Sagacita-Tanger (2018), son dernier livre revient, au fil de ses 70 pages, sur une épopée populaire dédiée à l’une des formes de théâtre qui avait lieu quotidiennement aux années 1970 au cimetière de Bab Ftouh à Fès.
Des séances de signatures et de dédicaces ont été organisées dans les deux villes
«Je suis la mémoire à la recherche de ses moments à la merci de l’oubli».  C’est ainsi que résume Bernoussi Saltani sa mission d’écrivain. Son dernier livre «Homère à Bab Ftouh de Fès», signé et dédicacé à la Faculté polydisciplinaire de Taza puis à l’Institut français de Fès, en dit long sur son souci de rapporter la vie des petites gens «du Maroc que j’aime», comme le répète à chaque fois Bernoussi Saltani.
Si à Taza, ses anciens étudiants, et le professeur Youness Zouayn, actuellement enseignants universitaires, lui ont réservé un vibrant hommage pour tout ce qu’il a pu donner sur le plan scientifique, académique, humain, ses collègues et néanmoins anciens étudiants, en particulier Abderrahim Kamal, Khalid Hajji et Mohamed Bouazzaoui, ont fait des lectures de ses œuvres «Homère à Bab Ftouh de Fès» et «Fragments … d’enfance» à l’institut français de Fès.
Alors que «Fragments … d’enfance» se veut une réponse de l’auteur à la demande de sa fille qui voulait lire l’enfance d’un père lui-même conteur, «Homère à Bab Ftouh de Fès», un poème/récit comme le précise son auteur, se veut une épopée populaire dédiée à un quartier des plus anciens et des plus populaires de la ville de Fès, mais aussi à l’une des formes de spectacles qui avaient lieu quotidiennement dans les années 1970 au cimetière de Bab Ftouh.
Il s’agit de l’histoire d’un conteur populaire, El Janati, un personnage réel, qui offrait la vie, la joie, la gaieté et de bons moments aux gens qui l’entouraient et l’entendaient relater les mille histoires et exploits d’Antar, son frère Chayboub, sa bien-aimée Abla, son inoubliable cheval El Abjar, tout en parcourant des tribus, ethnies, poètes et penseurs aussi bien anciens que modernes.
«Homère à Bab Ftouh» réhabilite la culture arabe préislamique à travers de l’investissement de la figure d’Antar. Cette réhabilitation passe au travers l’enseignement de Cheikh Naquel bien centré sur la mémorisation et la transmission de l’épopée de cet Achille noir de l’Arabie», explique Mohamed Bouazzaoui, actuel universitaire et ancien étudiant ayant soutenu une thèse sur Abdelkebir Khatibi sous la supervision de Saltani.  «El Janati, personne principal de ce récit et conteur chevronné, à la mémoire infaillible, gratifie ses écoutants  du récit légendaire du poète de la gentilité, mais devient si créatif qu’il réinscrit la figure salvatrice du héros dans le contexte de Bab Ftouh, topo de la marge et des laissés-pour-compte», ajoute-t-il.
Pour Saltani, qui décrit minutieusement les rituels d’El Janati, de ses accompagnateurs et de ses écoutants, il ne s’agit pas proprement d’une Halqa (cercle), où le conteur occupe le milieu et ses ‘’clients’’ l’entourent et l’écoutent. C’est plutôt ‘’une agora, sous forme d’un demi-cercle, où l’interactivité prend le dessus sur la relation univoque, puisqu’ils réagissent à différents moments et prennent part au spectacle’’. Le cimetière de Bab Ftouh, théâtre de toutes les prestations d’El Janati, poursuit-il, ‘’ne nous faisait point peur, mais était plutôt un lieu de joie, d’allégresse, de partage et d’échange dans tous les sens, et où nous jouons à longueur de journée’’.
Le chercheur Atman Bissani relève à cet effet que le jeu de mémoire auquel recourt Saltani ne va pas uniquement à la recherche d’une histoire dans le passé, mais aussi d’ouvertures sur le présent, comme pour tisser les liens, dresser les passerelles et établir les radeaux entre les différentes époques et les différentes générations et partant d'immortaliser un mode d'être collectif, le transmettant ainsi aux générations futures.
‘’Saltani découpe et compartimente la réalité à la faveur d'un style d'écriture particulier, qui frise les techniques de peinture et de sculpture, brossant ainsi une image des lieux et figeant le temps, des spectacles durant, pour relater des petites histoires de petites gens’’, dit le chercheur universitaire Abderrahim Kamal.
Il est enfin à rappeler qu’enseignant universitaire de la littérature internationale à Fès (Dhar Mehraz), Bernoussi Saltani a également enseigné en France (Stendhal à Grenoble), aux Etats-Unis (Swarthmore collège à Philadelphia et en Allemagne (Gutenberg à Mayence).  Il a publié de nombreux articles sur les littératures française et maghrébine et a codirigé et dirige deux numéros de la Revue Interculturel/Francophonies : le premier sur les 50 ans de littérature marocaine de langue française et le second intitulé «Abdellatif Laabi, un intellectuel tout simplement». Il coordonne actuellement, pour la même revue un numéro sur Mohammed Khair-Eddine.

Mustapha Elouizi
Samedi 20 Avril 2019

Lu 1117 fois


1.Posté par S. B. le 20/04/2019 01:34 (depuis mobile)
Salam,
Une pensée pleine de reconnaissance inspirée par le dévouement que les organisateurs ont manifesté à notre égard, nous, les étudiants.Merci Messieurs et chapeau bas pour tout l''''effort que vous avez déployé pour mener à bien ce colloque.

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