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Guardiola, des doutes puis des buts

Sterling Un entraîneur comme ça tire le meilleur de vous, il vous dit quand vous êtes dans le faux




Il lui aura fallu un an pour apprendre à "parler" la Premier League: Pep Guardiola, tout en restant fidèle à ses principes, a remporté dimanche son premier titre de champion d'Angleterre, lors de sa deuxième saison à la tête de Manchester City.
Sous la pluie d'Old Trafford, Manchester United a perdu contre la lanterne rouge West Bromwich Albion (1-0) et a offert le sacre à son voisin, vainqueur de Tottenham la veille (3-1).
Guardiola n'avait pas prévu de suivre le match dimanche. Non, il avait programmé un golf avec son fils Marius, s'accordant un moment de détente après dix jours difficiles marqués par l'élimination en Ligue des champions par Liverpool.
Un an plus tôt, le Catalan n'en menait pas si large et n'avait certainement pas la tête aux greens. Sa première saison anglaise allait alors s'achever sans trophée et l'idée d'un licenciement lui empoisonnait l'esprit.
"J'ai pensé: +Si ça ne marche pas, je rentre chez moi, quelqu'un d'autre me remplacera et essaiera à sa manière.+ Il y avait des inquiétudes sur les résultats, sur ce que l'on pouvait améliorer", a récemment révélé le technicien. "A ce moment-là, j'ai cru que cela pouvait arriver. C'est normal, tous les entraîneurs y pensent quand ils ne gagnent pas."
"La saison dernière, on m'a demandé plein de fois si ma façon de jouer pouvait marcher. Je répondais: +Je vais insister.+ Je n'ai jamais douté de ça", a-t-il toutefois confié, sûr d'une philosophie qui lui a aussi permis de décrocher la Coupe de la Ligue en février.
Les propriétaires aboudabiens ont fait confiance à celui dont le football offensif intransigeant avait fait des miracles à Barcelone et du bien au Bayern Munich. Après tout, le manager a été recruté pour faire grandir "City".
Le président Khaldoon Al Mubarak a fait mieux que fermer les yeux sur une première saison moyenne, il a ouvert le porte-monnaie pour permettre au technicien de façonner l'effectif à son goût, le rajeunir (départs de Sagna, Zabaleta, Caballero, Clichy, Kolarov, Nasri, Navas, Fernando...) et réparer l'erreur de casting Claudio Bravo.
Le gardien Ederson (40 M EUR au Benfica), les latéraux Kyle Walker (57 M EUR à Tottenham), Benjamin Mendy (58 M EUR à Monaco) et Danilo (30 M EUR au Real Madrid), sans oublier le milieu offensif Bernardo Silva (49 M EUR à Monaco) et plus récemment le défenseur Aymeric Laporte (70 M EUR à Bilbao) sont arrivés.
"Certains clubs dépensent 300 ou 400 millions de livres pour deux joueurs. Nous les dépensons sur six joueurs", s'est défendu le Catalan, lors de l'arrivée de Laporte.
Il s'est donc payé sa défense en or, celle d'où part tout le jeu soyeux des "Citizens", celui qu'il avait peaufiné avec le grand Barça, fait de passes courtes et de possession.
Peut-être plus que l'adaptation de ses recrues, c'est sa façon de faire progresser les joueurs déjà dans son effectif qui a impressionné.
Le défenseur John Stones, le latéral Fabian Delph et l'attaquant Raheem Sterling ont loué la science de leur entraîneur et surtout sa capacité à enseigner. Les trois internationaux anglais ont d'ailleurs rendu grâce à l'Espagnol pour leur épanouissement avec les "Trois Lions".
"Un entraîneur comme ça tire le meilleur de vous. Il vous dit quand vous êtes dans le faux", explique Sterling, ancien espoir désormais réelle vedette avec 22 buts cette saison.
Idem pour Kevin De Bruyne et Sergio Agüero. Le Belge a atteint un niveau stratosphérique sous la férule de Guardiola, tandis que l'Argentin, déjà redoutable finisseur, s'est mué en attaquant ultra-complet pour devenir le meilleur marqueur de l'histoire du club (199 buts).
Résultat, des chiffres impressionnants (93 buts marqués, 25 encaissés), un titre acquis après seulement 33 matches et une impression de puissance inégalée depuis les "Invincibles" d'Arsenal en 2003-2004.
"Il est obsédé", expliquait récemment son ancien joueur Xavi Hernandez. "Il exige tant de lui-même. Et cette pression qu'il se met est contagieuse, elle s'étend à tout le monde. Il veut que tout soit parfait."
L'Angleterre en poche, reste maintenant à revenir sur le toit de l'Europe. Après l'élimination contre Liverpool en quart de finale, cela passe par une campagne continentale toute aussi parfaite la saison prochaine.
Et pourquoi pas? Avec autant de moyens et de talents à sa disposition, la C1 lui tend encore les bras. "Tôt ou tard, ça arrivera", a-t-il déjà promis.

Mercredi 18 Avril 2018

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