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Google épinglé par l'administration pour la surveillance de ses employés





Une agence fédérale a donné mercredi deux semaines au géant du numérique Google pour répondre à des accusations de surveillance, interrogatoire et usage d'autres méthodes à l'encontre de ses employés militants. Le National Labor Relations Board (NLRB), censé s'assurer que le droit du travail est bien appliqué, a rendu ses premières conclusions à la suite d'une plainte déposée il y a un an, après le licenciement d'employés de Google surnommés les "Thanksgiving Four" (Les Quatre de Thanksgiving) juste avant cette fête. Les quatre employés ont avancé que leur licenciement en 2019 était intervenu en représailles de leur volonté de mettre en place un syndicat, Google répondant qu'ils étaient au contraire accusés d'avoir violé les règles internes de sécurité.

Selon la requête du NLRB, obtenue par l'AFP, Google "surveillait" les employés en regardant les présentations qu'ils avaient préparées pour tenter de convaincre les salariés d'un fournisseur du géant numérique à se syndiquer. Google a également "mené des interrogatoires d'employés concernant des activités protégées" et menacé de représailles s'ils passaient hors de la chaîne hiérarchique pour des plaintes au sujet de diverses thématiques, telles que le comportement sur le lieu de travail, selon les éléments de la requête. "Il paraît évident que les actes de Google ne sont pas défendables", a estimé l'un des quatre employés concernés, Laurence Berland, interrogé par l'AFP.

Google dispose désormais de 15 jours pour répondre à la requête du NLRB, en attendant une audition programmée le 12 avril prochain à San Francisco. "Nous appuyons fermement les droits de nos employés sur le lieu de travail, les discussions libres et les débats respectueux ont toujours été dans la tradition de Google", a assuré un porte-parole du groupe, interrogé par l'AFP. "Nous sommes fiers de notre culture et la défendons contre les tentatives visant à la saper volontairement, cela inclut les violations des règles de sécurité et des systèmes internes", a ajouté cette même source. Le groupe fait face depuis plusieurs mois à différents mouvements de contestation de la part de ses salariés: plusieurs milliers d'entre eux ont notamment manifesté fin 2018 contre la gestion du harcèlement sexuel chez Google.

Une autre manifestation visait à dénoncer le fait que le géant du numérique signe des contrats en lien avec des conflits armés ou la gestion des frontières américaines, ainsi que contre la volonté de Google de créer un moteur de recherche spécifique afin de répondre à la demande de censure du marché chinois.

Libé
Jeudi 3 Décembre 2020

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