Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

François Gabart l'homme pressé

Le métier de marin n'est rien d'autre que gérer des problèmes et faire face à des difficultés




François Gabart l'homme pressé
 Le maître de la voile a 34 ans: François Gabart, le prodige de la course au large est un jeune homme à l'esprit cartésien, porté par le désir ardent de découvrir le monde à toute allure.
Gabart pourrait en faire son credo: la vitesse est sa mission. C'est donc cette quête qui l'a mené à boucler ce tour du monde en solitaire dans le temps canon de 42 jours et 16 heures.
Le skipper, victorieux du Vendée Globe (course mythique autour du monde) en 2013 à sa première participation, a une nouvelle fois bluffé le monde de la voile tant il a donné l'impression de surfer sur les problèmes. Grâce à un esprit cartésien qui se nourrit de la difficulté.
"Le métier de marin n'est rien d'autre que gérer des problèmes et faire face à des difficultés. On ne fait que s'adapter à des situations changeantes. Sur le Vendée Globe, c'était ma source de plaisir N.1, résoudre un problème, être fier et content de me dire: celui-là, c'est fait. C'est là où je suis le meilleur", confie le fin stratège à l'AFP.
Vainqueur du Vendée Globe en 2013 et de la Route du Rhum en 2014, le navigateur évolue depuis 20 ans dans la voile avec brio.
"Il aime bien être défricheur, ce n'est pas un arriviste mais quelqu'un pressé de découvrir des choses, de démontrer des choses, tant à lui-même qu'aux autres", souligne Christian Le Pape, en charge du pôle Finistère de course au large et qui connaît bien Gabart depuis 10 ans.
Pour Le Pape, Gabart a "du talent mais pas un talent fou de glisse". "Je ne le classerai pas dans les génies en terme d'aisance à la barre mais il a une capacité à traiter l'information hors du commun comme le sont Michel Desjoyeaux ou Armel Le Cléac'h." C'est d'ailleurs Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe, qui a initié cet ingénieur, formé à l'Institut national des sciences appliquées (Insa).
"A l'arrivée du Vendée Globe, on a trouvé sur une cloison du bateau 74 traits inscrits au marqueur rouge. Or il avait mis 78 jours pour gagner le Vendée Globe. En fait, il avait noté le nombre de fois où il s'était lavé les dents. Il n'est pas fou mais très rationnel", raconte Desjoyeaux, qui glisse que le surnom donné à Gabart par son équipe est "tableau Excel".
Gabart reconnaît aisément ce côté plutôt carré. "Je suis assez raisonnable et réfléchi. Je suis à peu près constant depuis que j'ai 10 ans! Mes parents me disent que quand j'étais gamin j'avais des comportements très adultes sur certaines choses", souligne ce fils de dentiste.
Entouré de deux sœurs, enfant, il n'a pas rêvé d'être pompier ou joueur de foot mais... météorologue.
"A 10 ans, je lisais des bouquins météo et je savais des trucs que personne ne comprenait à cet âge", se souvient ce jeune blond aux yeux bleus, pas aquatique pour deux sous et qui n'aime pas vraiment se baigner.
"Je suis passionné par la météo. On peut se tromper mais on peut aussi presque lire dans l'avenir, je trouve ça extraordinaire, pouvoir savoir ce qu'il va se passer. Il y a un côté poétique aussi, regarder un nuage, je trouve ça beau esthétiquement parlant."
Lors de son record du tour du monde, il établissait ses propres fichiers météo, même s'il s'en remettait au routeur Jean-Yves Bernot, entouré d'une solide équipe.
Car la force de Gabart, papa de deux jeunes garçons, est aussi de savoir s'entourer et de réussir à emporter tout son monde dans ses délires, savamment étudiés.
"Il a cette capacité à convaincre. C'est vertueux. On a envie d'en faire plus. J'ai rarement entendu quelque chose de négatif émanant des gens de son équipe", relève Le Pape.

Samedi 23 Décembre 2017

Lu 648 fois

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










Mots Croisés