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Fin de non-recevoir de Madrid à une demande d'enquête du Conseil de l'Europe

La France ne reconnaîtra pas l'indépendance de la Catalogne




 Le gouvernement espagnol a opposé une fin de non-recevoir aux demandes du Conseil de l'Europe de diligenter rapidement une enquête indépendante sur les accusations de brutalités policières lors du référendum organisé le 1er octobre en Catalogne, a indiqué lundi le commissaire aux droits de l'Homme Nils Muiznieks.
"La convocation de ce référendum a été déclarée illégale par le tribunal constitutionnel qui a demandé aux autorités de bloquer toute initiative en contravention avec cette décision", a souligné le ministre de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido Alvarez dans sa réponse adressée le 6 octobre à M. Muiznieks.
"Les forces de sécurité ont agi de manière prudente, appropriée et proportionnée, avec pour objectif de faire respecter la loi et de protéger les droits et les libertés des citoyens", a ajouté le ministre.
"Aucune démocratie ne peut accepter la menace à l'ordre constitutionnel et à son intégrité territoriale que constitue la volonté d'imposer par la force un projet de rupture", a-t-il conclu en insistant sur le "soutien de l'Espagne à l'action du Conseil de l'Europe pour défendre les droits de l'Homme, la démocratie pluraliste et la primauté du droit".
M. Muiznieks avait demandé le 4 octobre aux autorités espagnoles de diligenter rapidement une enquête indépendante sur les accusations de brutalités policières durant les interventions de la police le 1er octobre afin de "prévenir une escalade des tensions et de la violence" en Catalogne.
Par ailleurs, lundi la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a déclaré que si la Catalogne déclarait unilatéralement son indépendance mardi, la France ne la "reconnaîtrait pas".
Le président de l'exécutif autonome catalan, Carles Puigdemont, qui doit prendre la parole aujourd’hui mardi devant le Parlement régional, pourrait proclamer l'indépendance de la Catalogne en s'appuyant sur les résultats du référendum du 1er octobre où le "oui" l'a largement emporté malgré un faible taux de participation.
"S'il devait y avoir une déclaration d'indépendance, elle serait unilatérale, elle ne serait pas reconnue", a déclaré Nathalie Loiseau sur CNEWS.
"On ne peut pas résumer la Catalogne à la consultation que les indépendantistes (ont) organisée", a-t-elle ajouté.
Le gouvernement autonome de Catalogne a publié vendredi soir les résultats définitifs de cette consultation qui avait été interdite par le Tribunal constitutionnel.
Le "oui" à l'indépendance l'a emporté avec 90,18% des voix de quelque 2,3 millions d'électeurs malgré le déploiement des forces de police, soit une participation de 43% des inscrits.
La ministre des Affaires européennes a, par ailleurs, rappelé que si l'indépendance de la région "était reconnue, ce qui n'est pas ce dont on est en train de parler, la première conséquence c'est qu'automatiquement elle sortirait de l'Union européenne".
Dimanche, des centaines de milliers de partisans de l'unité de l'Espagne sont descendus dans les rues de Barcelone, une semaine après le référendum controversé sur l'indépendance de la Catalogne.
Les manifestants, qui étaient 350.000 selon la police et 950.000 selon les organisateurs, étaient venus de toute l'Espagne. Rassemblés dans le centre de la capitale catalane, ils agitaient des drapeaux espagnols et catalans où l'on pouvait lire : "La Catalogne c'est l'Espagne" et "Ensemble, nous sommes plus forts".
Samedi déjà, des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté dans une cinquantaine de villes d'Espagne pour défendre l'unité du pays ou réclamer l'ouverture d'un dialogue pour désamorcer la crise.

Mardi 10 Octobre 2017

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