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Films, streaming et pandémie: Le cinéma contraint de s'adapter pour survivre





La joie habituellement ritualisée pour accueillir une année nouvelle, a été spoliée par l’incertitude régnante sur le secteur du cinéma, le contraignant à s'adapter pour survivre du fait des conséquences du Covid19.
Entre des réalisateurs dans l’incapacité de lancer de nouveaux projets, des titres dont la sortie à été repoussée et des salles dans l’expectative d'un retour des beaux jours, la filière du cinéma local et international se noie dans un flou persistant.
Cette pandémie qui a tâché l’enthousiasme d’un secteur connu pour être le moteur de l’épanouissement social. Une culture essentielle mais incapable d’être considérée à sa juste valeur. En effet, une certaine ébullition et un empressement inédit sévit dans le secteur, qui a fait les frais d’un virage pandémique, l’oppressant devant une incertitude qui continue. Néanmoins, les plateformes de films en ligne se sont accaparées de cette équation régnante comme le cas de HBO qui a décidé de sortir 17 films en "day-and-date" sur sa plateforme HBO Max, qui compte 17.2 millions d'utilisateurs.
C'est ainsi que le film "Wonder Woman 1984", qui a été au front de cette stratégie de marketing digital et dont le budget a été de 200 millions de dollars, s’est vu lancé en day-and-date, en novembre dernier, boostant les abonnés de la plateforme. Cette digitalisation des sorties est une bonne réaction à cette crise pandémique qui a fouetté le cinéma mondial, a réagi dans une déclaration à la MAP, le réalisateur marocain Nour-Eddine Lakhmari. "Certes seul le public averti y aura accès pas la masse mais c’est une bonne adaptation à la situation actuelle". Évoquant la digitalisation du secteur cinématographique local notamment avec la tenue des festivals en ligne, le réalisateur de "Casa Negra" a estimé, que c’était une "bonne solution et une alternative culturelle" saluée. Devant ce constat, a-t-il poursuivi, le mot d’ordre est "l'adaptation". S'adapter à travers l'adoption d'une stratégie et d’une vision claire qui puisse sortir le cinéma marocain de son "stand-by" et faire évoluer la législation existante dans le domaine, a-t-il précisé.
Pour sa part, le fondateur et directeur du Cine Atlas, Pierre François Bernet, a relevé que la sortie de ces films au "gros budget" sur les plateformes "reste légèrement compréhensible". Les films de cette envergure ne peuvent demeurer dans les tiroirs, par contre l’effort sectoriel durant cette pandémie n'a pas été collectif dès lors que le nombre d’abonnés de ces plateformes à presque doublé à un moment où le secteur est en pleine crise, a-t-il indiqué. Se penchant sur le retard de plusieurs sorties mondiales très attendues mais retenues par la réouverture des salles de cinéma à travers le monde, M. Bernet a souligné que les productions locales et les films indépendants seraient une bonne solution. A cause des multiples reports en raison de la Covid-19, les exploitants n’ont pas beaucoup de matière à proposer au public, a-t-il expliqué, ajoutant que "devant la passion des Marocains envers leur cinéma, les films locaux pourront combler ce vide".
De son côté, le réalisateur Hicham Hajji a estimé que la décision des sorties en plateformes "a été visionnaire". "On a besoin de contenu et on ne peut pas laisser les films éternellement dans les tiroirs". Finalisé en mars 2020, mon film "Redemption Day" a été décalé jusqu’en novembre 2020 pour finalement le sortir en janvier 2021 aux États-Unis et au Canada sur les plateformes payantes, a-t-il dit. Expliquant le choix de lancer son long métrage sur les plateformes, Hicham Hajji a signalé que la forte demande en films en ces temps de pandémie a été une opportunité pour "profiter de cette vague et sortir Redemption Day à un moment stratégique".
Le bon côté dans tout ça, c'est que "Redemption Day" a été dans le top 5 des meilleures ventes aux États-Unis, pendant quelques temps, sur les plateformes Apple iTunes Movies et Spectrum, s’est-il réjoui.
Pour le producteur Samuel Gagnon, "certains films ont besoin de se bâtir une réputation avant d'être lancés sur les plateformes". "Une réputation créée grâce aux festivals, aux prix, et aux critiques", a-t-il précisé dans une déclaration à la MAP. Et de conclure que "sans cette carrière précédant un lancement sur les plateformes, les succès sont plus difficiles pour les films d'auteurs."
Depuis l’arrivée de la pandémie de la Covid-19, le secteur du cinéma a été entouré d'un halo de doutes, suscitant une avalanche de supputations, toutefois un appétit grandissant du grand public pour l'expérience collective et surtout pour le grand écran est plus que d’actualité, avec une envie impatiente et oppressante de retrouver cet art sur grand écran.

 

Libé
Jeudi 4 Février 2021

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